Chapitre 1 : I cundo

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Le Gardien

La lune, ronde et pleine éclairait un ciel d’encre. Par intermittences, de gros nuages sombres passaient, projetants une ombre sinistre sur la forêt interdite. Les pluies précoces de l’automne avaient précipité la nudité des arbres et détrempés les sols. L’humidité et le froid emplissaient l’air. La brume s’était levée, voilant le sentier qui conduisait au cœur de la forêt.

Hagrid resserra son manteau de peau en frissonnant. L’hiver approchait. Bientôt, la neige allait couvrir la terre d’un tapis blanc ouaté. Sa lampe lui apportait peu de luminosité. Il faisait confiance à son instinct. Il avait grandi à l’orée de cette forêt, la parcourant de jour comme de nuit, depuis qu’il était enfant.

Un pas puis un autre, les branches tombées des arbres lors du dernier orage, craquaient sous ses bottes. Ses sens en éveil, il écoutait respirer la forêt en quête du moindre bruit. Son cœur battait dans sa poitrine, au même rythme que celui de son compagnon Goda, dont le museau vint se nicher dans la main du géant. Hagrid s’arrêta, baissa les yeux sur son mâtin napolitain à la robe grise et lui flatta les flans. Le chien poussa un gémissement plaintif. Son maître s’accroupit, déposa la lampe sur le sol, puis prit une poignée de terre dans sa main qu’il examina à la lumière. Un substrat épais et poisseux recouvrait sa paume.

« De l’eau, de la terre, des brindilles, de l’herbe et… »

Il fronça les sourcils en manipulant la terre et huma son odeur. Goda gémit de nouveau en trépignant.

« Du sang ! »

Hagrid jeta la terre et s’empara de l’arbalète qu’il portait à l’épaule, puis l’arma d’un carreau au bout d’argent qu’il gardait dans son carquois. Il se releva doucement et à voix basse prononça « Lumos ». Une petite sphère de lumière apparut au bout de l’arbrier, éclairant les ténèbres devant lui.

Il avança prudemment, son chien sur ses pas. Des branches brisées jalonnaient le sol, freinant sa progression. Le sentier derrière lui, il s’enfonçait un peu plus profondément dans la forêt. Hagrid s’étonnait de l’état des arbres. Se pouvait-il que les vents aient été plus forts à cet endroit ? Goda remonta les traces de sang jusqu’à un sapin coupé en deux, dont la tête reposait sur le sol. Un animal blessé s’était peut-être réfugié ici ?

Le chien se posta devant le conifère, trépignant de nouveau en glapissant. Quelque chose était inhabituel. Une dernière inspection du regard et Hagrid se baissa pour écarter quelques branches quand sa main rencontra un tissu blanc. Surpris, il s'immobilisa, les yeux fixés sur ce morceau immaculé. Soudain, une vague d'appréhension le submergea. Le souffle court, il lâcha son arbalète et dégagea lentement les branches dévoilant un corps, face contre terre, recouvert d’un manteau blanc taché de sang. Hagrid s’agenouilla, le retourna délicatement pour constater avec effroi la blessure ouverte sur l’abdomen.

Il ravala la nausée qui lui montait à la gorge avant de sortir un mouchoir de sa poche pour compresser la plaie. Au contact du tissu sur la blessure, un râle faible lui parvint. Il dégagea le visage de l’inconnu pour découvrir avec stupeur des traits féminins.

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