Epilogue 1/2. счастливого Рождества*

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*Joyeux Noël

Clémentine

Je m’essuie les mains et récupère ma poche à douille pour venir décorer la bûche glacée. Je ne suis pas très en avance, même si j’ai un chef cuistot comme compagnon. Alex est sous la douche, Lisa lit dans leur appartement, et tout ce à quoi je pense, à cet instant, c’est à ma mère qui faisait chaque année cette bûche aux fruits exotiques pour satisfaire les papilles de mon père. Quand bien même mon paternel et moi n’étions pas en bons termes, je suis toujours rentrée pour les fêtes et ce soir sera mon premier Noël sans lui. Heureusement, la journée s’est déroulée tranquillement, dans la joie et la bonne humeur. Nous sommes sortis faire le marché ce matin et avons cuisiné tous les trois le repas de ce soir.

Lisa a déjà enfilé une magnifique robe rouge que nous sommes allées acheter toutes les deux la semaine dernière et, du haut de ses onze ans, elle resplendit comme le sapin que nous avons fait avec son père au restaurant, comme je le faisais avec mes parents à l’époque. Au final, j’ai une famille avec moi, et j’y suis incluse comme si j’en faisais partie. Je suis passée de l’autre côté de la barrière, l’adulte qui chaperonne une enfant, et plus la gamine chaperonnée par ses parents.

Je remets la bûche au congélateur et range mon bazar avant de frapper à la porte de la salle de bain.

— Tu as bientôt fini, Thor ?

— Viens me rejoindre, je n’arrive pas à me savonner le dos !

Je ris en entrant dans la salle de bain et ai tout le loisir d’observer le beau blond qui squatte la douche. Impossible de faire sa difficile avec le Dieu Thor dans sa douche, dans son lit, ou dans sa vie.

— C’est l’âge qui t’empêche d’atteindre ton dos, Papy-Thor ? dis-je en approchant de la porte de douche pour mieux pouvoir me rincer l'œil.

— Non, tu vois, j’ai ce truc qui me handicape vraiment, me répond-il en me montrant son sexe dressé.

— Ah oui, je vois… Pas évident ! Enfin, pratique pour étendre ta serviette de bain, ceci dit, dis-je le plus sérieusement possible.

— Tu vois et tu n’agis pas ? Mais c’est honteux !

Il m’attire alors à lui, sous l’eau de la douche, toute habillée, n’écoutant pas mon cri de protestation, et il m’embrasse avec toute l’envie et la gourmandise qu’il ressent quand je suis à ses côtés. Je n’en reviens pas qu’après tout ce temps, il soit toujours aussi amoureux de moi, que mon corps lui plaise encore autant.

— Alex, ris-je en récupérant le gel douche. Tu sais que ça se paiera, j’espère ?

— Je suis prêt à assumer, ma chérie, continue-t-il en défaisant la robe que je porte et en me déshabillant tout en continuant ses baisers appuyés partout où sa bouche peut me toucher.

— On n’a pas beaucoup de temps, beau blond, il est déjà tard et ta fille nous attend, soupiré-je en glissant mes mains dans son dos pour lui savonner.

— On a le temps d’être heureux, Clem. Prenons-le.

Ses grandes mains agrippent mes fesses et me soulèvent en me plaquant contre la douche. Cela me rappelle notre première étreinte où il m’a prise comme ça contre la fenêtre de son appartement. Je saisis son sexe entre mes mains et l’aide à s’enfoncer en moi, l’enlaçant de mes jambes et me collant à lui. J’essaie de ne pas gémir trop fort, mais le sentir en moi est comme à chaque fois grisant et excitant.

Je prends ses lèvres en otage et me repais de ces sensations, toujours aussi fortes, intenses et agréables alors que je le sens s’activer en moi, ses mains fermement agrippées à mes fesses. J’ondule contre lui autant que possible, avide de sentir le plaisir monter en moi, ce qui en soi n’est pas bien difficile avec Thor niché entre mes cuisses. Le sentir aller et venir au creux de mon corps me comble de joie et, effectivement, nous prenons le temps d’être heureux, de jouir et de nous aimer, tout simplement.

Lorsque nous sortons de la douche, un orgasme chacun au compteur, c’est tout son corps que j’ai savonné avant de profiter à mon tour de ses caresses. Heureusement que nous n’avions rien laissé sur le feu, le cas échéant nous aurions mangé cramé.

Alex taille sa barbe alors que je me coiffe, puis s’attèle à venir m’enquiquiner quand je tente de me maquiller. Voilà ce qu’est devenu notre quotidien, entre deux services au “Plaisir Normand”. Hervé m’a finalement vendu ses parts, avec sa clause à la con pour s’en mettre dans les poches, à hauteur de dix pour cent. Je vais faire avec et souris à la vie. Depuis le reportage l’an passé, le restaurant marche mieux que jamais, et j’ose espérer que mon père serait un minimum fier de moi. Alex est toujours en CDD, et Paul est revenu juste avant la haute saison. J’ai donc repris la cuisine du salé, mais je ne suis plus seule et peux aussi me concentrer davantage sur la gestion du restaurant et le côté communication, laissant parfois les fourneaux au beau blond qui balade ses mains sur mon corps comme s’il le découvrait pour la première fois.

Nous terminons de nous préparer rapidement chacun de notre côté. Évidemment, un appartement pour trois, c’est compliqué, alors nous sommes chacun chez-nous, mais passons nos soirées chez l’un ou chez l’autre, dormons chez l’un ou chez l’autre. Je réfléchis à faire quelques travaux afin de réunir les appartements, mais je ne veux pas m’emballer au risque de me prendre une veste. Alors je laisse les choses se faire naturellement, peut-être qu’on finira par en discuter tous les deux. Mais il me semble important, en plus de vivre ensemble, que Lisa ait vraiment sa chambre. Elle grandit et a besoin d’intimité, aussi.

J’enfile ma petite robe noire, acquisition de ma sortie shopping avec la jolie blonde qui partage ma vie, et me regarde dans le miroir. On est bien loin de ma tenue de cheffe… Des bretelles au lieu des manches longues, un décolleté en V que mon Russe appréciera assurément, un tissu fluide plutôt moulant, j’ai craqué dessus parce que, si elle est longue, elle est aussi très fendue sur la cuisse, et je sais qu’Alexei profitera de cette possibilité pour balader ses mains partout où il le pourra. Il suffit que j’avance légèrement la jambe pour que ma peau soit visible quasiment jusqu’au tanga noir en dentelle qu’il découvrira en ouvrant son cadeau, cette nuit…

— Clem ? T’es prête ? On est là !

— Oui oui, je suis prête, ris-je en entendant Lisa, toute guillerette, m'interpeller.

Je sors de ma chambre et constate qu’Alexei a opté pour une chemise rouge, raccord avec la robe de sa fille. Pas vraiment la couleur avec laquelle je l’aurais vu, mais c’est mignon et il est toujours aussi beau. Son regard se promène sur moi alors que j’avance pour les rejoindre, et j’embrasse Lisa sur la joue avant de faire de même avec lui.

— Vous êtes tous les deux très beaux, souris-je en rajustant le col de chemise d’Alex.

— Et toi, Zatchik, tu es splendide. Un vrai appel à la déraison, répond-il en m’embrassant.

— Oh oui, tu es trop jolie ! renchérit Lisa en se collant contre moi.

— Zatchik ? Ça veut dire quoi déjà ? dis-je en serrant Lisa contre moi sans pour autant lâcher Papa-Thor.

— Mon lapin ! Il t’appelle mon Lapin parce qu’il t’aime, chantonne Lisa.

— Je vais jamais m’y faire, je crois, pouffé-je avant de murmurer à l’oreille d’Alex. Mais j’adore t’entendre parler en Russe, beau blond, je crois que c’est très… Aphrodisiaque.

— Afrrrodisiak, c’est comme ça aussi en russe, rit-il en roulant le R. Ce n’est pas très difficile comme langue, tu vois ?

— C’est tout de suite beaucoup plus sexy quand c’est toi qui le dis.

— C’est tout de suite plus sexy quand c’est de toi qu’il s’agit.

— Est-ce que tu me prends pour une dingue, continué-je après avoir vérifié que Lisa ne nous entendait pas, si je te dis que j’ai envie de t’entendre me dire des cochonneries en russe ?

— Non, pas du tout, je suis prêt à satisfaire toutes tes envies, tu le sais bien.

Je dépose un baiser sur ses lèvres et le lâche à contrecœur pour aller mettre la table. La soirée se passe délicieusement bien, à trois, dans l’intimité de mon chez-moi devenu un peu notre chez-nous. Après un délicieux repas, nous ouvrons les cadeaux, ravissant Lisa qui n’aura sans doute pas assez de place dans le salon de son père pour tout stocker. Alex est ravi de sa nouvelle tenue de Chef personnalisée au nom de “Papa-Thor”, et j’ai hâte qu’il trouve le petit carnet de bons coquins caché dans la poche intérieure. Je suis pressée de voir quelle utilisation il fera de mes petites propositions interdites aux moins de dix-huit ans. Pour ma part, j’ai très envie de profiter de la séance bien-être au Spa qu’il m’a offerte. Et je suis presque déçue de ne pas avoir de bons coquins dans la boîte, mais il dit et répète souvent, de toute façon, qu’il est prêt à satisfaire mes envies. C’est un peu comme des bons à l’année, non ?

Nous prenons la bûche et regardons un film de Noël tranquillement, lovés tous les trois dans le canapé, avant d’aller coucher une Lisa déjà à moitié endormie. C’est couverte de bisous et enveloppée dans nos bras qu’elle plonge dans le sommeil pour la nuit, avant que nous ne nous retrouvions dans la salle de bain.

— Dis-moi, Thor… La cuisine, ça te plaît toujours autant ? lui demandé-je en me démaquillant.

— Oui, toujours autant, surtout quand tu viens cuisiner à mes côtés et que tu viens me distraire, me dit-il en me chatouillant un peu, sa brosse à dents à la main.

— Arrête, ris-je en me tortillant. Et si j’étais moins en cuisine, ça te plairait quand même ?

— Tu veux aller où ? Moi, j’aime bien quand tu es en cuisine ! Mais oui, même si tu n’es pas là, j’aime bien cuisiner.

— J’aimerais développer un peu plus la communication autour du restaurant, avoir le temps de bosser davantage sur tout ce qui est autour, tu vois ? Et pour ça, il faut que j’embauche un cuistot en CDI. Mes finances le permettent, autant en profiter...

— Ah, tu veux prendre un nouveau cuisinier en cuisine, me répond-il, déçu. Je suppose qu’il te faut quelqu’un qui s’y connaisse en cuisine normande. Tu as des pistes pour l’embauche ?

— Oui, j’ai déjà bossé avec lui, il est plutôt doué et aime mettre sa touche perso dans les plats. Et puis, il est canon, en prime, ça ne fait qu’ajouter du poids à sa candidature.

— Ah oui ? Canon ? Vraiment ? Il ne serait pas un peu chatouilleur, par hasard ? me rétorque-t-il avec une nouvelle lueur dans le regard.

Je ne lui réponds pas immédiatement et prends le temps de me brosser les dents. Alex fait de même sans me quitter des yeux et je savoure l’attention qu’il accorde à ma petite personne comme rarement, je crois.

— Si, finis-je par dire. Et c’est également un distributeur d’orgasmes à la chaîne… Ça te dit peut-être quelque chose ?

— Tu veux vraiment que je devienne chef cuistot officiel du “Plaisir Normand” ? me demande-t-il en plongeant ses beaux yeux aussi bleus que le ciel dans les miens.

— Oui, si tu es d’accord. Je ne peux pas te laisser en CDD indéfiniment, de toute façon, et puis… Je sais pas, tu veux partir ? lui demandé-je, tout à coup incertaine.

— J’ai déjà signé un CDI avec toi, Clem. Pas moyen de partir. Autant que j’aie aussi un CDI dans le boulot, tu ne crois pas ? Je serais fier de pouvoir rester en cuisine à tes côtés jusqu’à la retraite !

— J’ai eu peur que tu dises non, ris-je nerveusement. On va pouvoir avoir de vraies journées de repos, comme ça. Bon, pas ensemble encore… Mais ça va faire du bien. On ne compte pas nos heures, c’est épuisant. Je bosserai avec toi sur les services du weekend, où il y a le plus de monde, et quand je n’aurai rien de prévu, mais je pourrai te laisser les commandes au besoin pour aller voir des fournisseurs, développer le site internet, tout ce que je fais en vitesse quand j’ai le temps ou au beau milieu de la nuit…

— Au beau milieu de la nuit, j’espère que tu auras encore envie de faire plein d’autres choses, me dit-il, toujours aussi espiègle.

— Tu penses à quoi ? Jouer aux jeux vidéo ? Enfin prendre le temps de lire plus de deux pages avant de m’endormir ? Parce que je ne ferai pas le ménage au beau milieu de la nuit, le provoqué-je en venant l’embrasser sur la joue.

— Je pensais plus à te faire l’amour, mais c’est toi la patronne ! Tu fais comme tu veux, rit-il.

— Tout ce que je veux ? Vraiment ?

— Comment peux-tu en douter ?

— Très bien, murmuré-je en dégrafant son pantalon. Ce soir, toi, moi et… Ce porte-serviette, on s’envoie en l’air.

— Toi, moi, et on oublie tout le reste quand tu veux, Clem.

— Je t’aime, nouveau chef cuisinier de mon restaurant, Thor de ma vie, homme de mes fantasmes, Dieu de l’orgasme, lui dis-je, mutine, en déboutonnant sa chemise et en posant mes lèvres sur son torse après chacun de ses petits noms.

— Je t’aime Patronne de mes rêves, créature de mes fantasmes, femme de ma vie, Déesse de l’amour. Ya tibia libliou, ajoute-t-il en russe en m’entrainant vers notre lit pour réaliser toutes ses promesses et m’emmener dans des océans de plaisir sans cesse renouvelés.

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