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Livia Tournois

Livia Tournois
Qui n'a jamais rêvé de devenir aventurier ? Faire son sac, tirer son épée et partir terrasser des monstres.
Dans le monde de Marxia et Poise, cette profession n'est plus qu'un mythe, qu'une poignée d'illuminées continuent de fantasmer.
Avides d'échapper à leurs mémoires de fin d'études, et les stages sous-payés compris dans le lot, les deux amies vont tenter le pari fou de prendre la clé des champs.
Entre administration, rencontres farfelues et désillusions, le rêve de grandes quêtes deviendra-t-il réalité ?
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Livia Tournois
Jacques est seul, aussi seul qu'on peut l'être à quatre vingt ans passé, dans une maison isolée d'un lieu-dit de campagne. À cet âge avancé, plus qu'une chose à faire, attendre que la mort vienne nous chercher… Le major Devèze conclut au suicide du vieil homme solitaire. Ce n'est pas le diagnostic que pose le maréchal des logis-chef Mathias Brochart, bien décidé à faire la lumière sur ce cas trouble. Pour cela, il sollicite l'aide de sa sœur Diane et de son ami Adam, eux qui récoltent des données sur l'occulte et en font des vidéos depuis plusieurs années. Cette enquête parallèle les mènera-t-elle sur la piste du meurtrier ? Ou de l'entité qui sévit dans l'ombre…
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Livia Tournois
Méromaï a tout pour être un royaume prospère. On y trouve des terres cultivables en
abondance, un peuple solide et travailleur, des cultures et traditions diverses. Cependant, l’harmonie n’est pas le maître mot dans ce pays et l’arbitrage du roi n’est pas respecté par tous. Un conflit interne divise les foules : les magiciens. Bonne pour certains, mauvaise pour d’autres, chacun a son opinion sur la mystérieuse magie des
couleurs et ses pratiquants. Le roi Théophane provoque alors le destin en cherchant à se débarrasser d’une vieille femme et de sa petite fille, suspectées de magie.
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Défi
Livia Tournois
Première semaine de janvier 2021, il fait froid, le monde est morne. Heureusement, l'écriture permet de s'évader.
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Défi
Livia Tournois
Siméon est un solitaire et un grand collectionneur. Son passe-temps lui prend tout son temps. Traqueur de pièces de monnaie, un métier peu commun. Incompris, parfois méprisé, Siméon poursuit tout de même son activité. Mais en dehors des sentiers battus, quand on s'aventure dans la forêt, qui sait ce qui peut se passer...

( Je précise qu'il s'agit d'un conte que j'ai écris pour un concours sur Fyctia, mais je l'aime beaucoup et je tenais à le partager.)
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Livia Tournois
Deuxième semaine de janvier 2021. Le givre s'accroche aux toits et au sol, le verglas est de sortie. En attendant les beaux jours, écrivons !
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Défi
Livia Tournois

Citoyenne, citoyen, le peuple se meurt d'ennui.
En tant que votre nouveau président, je compte bien remédier à la situation. Qui a eut cette idée saugrenue du travail aliénant et des postes inutiles. Franchement, c'est ce que vous attendiez de la vie ? Vendre des climatiseurs, designer des grilles-pain, est-ce vraiment ce que vous voulez ?
Je lance le plan de reconversion : le rêve de ma vie.
À compter de mon investiture, chacun recevra un formulaire pour indiquer son plus grand souhait. Il n'y a pas de limite à votre imagination. Dresseur de licorne, dompteur d'arc-en-ciel, mangeur de gâteaux... ne vous brimez pas, au contraire, lâchez-vous.
À tous ceux qui participeront, l'Etat s'engage à mettre à votre disposition les moyens matériels et financiers nécessaires à l'accomplissement de vos rêves les plus fous.
Quatre ans, le temps de mon mandat, pour vivre la vie dont vous avez toujours rêvé. Au diable les malettes, les boites mails et les cravates.
Bien sûr, notre société ne peut se passer de ses piliers. Le personnel soignant, les agriculteurs, les enseignants, tout ceux qui sont indispensables ne pourront participer à même hauteur que les autres.
Oui, cela est triste, cela est frustrant, mais, j'ose espérer, nous pourrons mettre en place des emplois du temps qui permettront à tous de s'amuser un peu.
Moi-même je donnerai l'exemple. J'ouvrirai bientôt mon propre parc d'attraction. Inutile de s'enfermer dans des institutions froides et archaïques, un bon tour de manège dépoussiérera la politique ! Vous pourrez venir nombreux découvrir "Les montagnes russes du Sénat", " Le manoir hanté de l'Elysée", ou encore " Le palais du rire de l'Assemblée nationale". Fini les députés qui dorment sur leur siège dans l'hémicycle, place au dynamisme !
Mes chers concitoyens, imaginons le monde de demain en couleurs. Que les rues se remplissent de rire, que les têtes fourmillent de passion ! Dès demain, je vous invite tous à vous habiller, non conformément à votre habitude, mais à vos souhaits.
Déguisements de tacos, perruques pailletées, tutu de ballerine, ce qui vous fait vous sentir vous !
Oui, nous serons pointés du doigt, moqués, mais nous serons libres ! Libre d'être qui nous sommes vraiment !
Ne passez pas à côté de votre vie, montez à bord du train du développement personnel et de l'accomplissement de soi. Soyez fier de vous, de votre différence, de votre singularité.
Je vous souhaite de beaux rêves,
Merci à tous !
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Je vous invite en commentaire à remplir le formulaire du président des rêves en indiquant quelle serait votre demande !
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Défi
Livia Tournois

Tant d'efforts fournis pour en arriver là. La chaleur du petit corps brûle mon ventre. Je ne profite pas vraiment de cet instant tant les douleurs de l'accouchement sont encore vivaces. Pourtant, je me souviendrai toute ma vie de cet instant où on a posé mon bébé sur ma peau. Pleure, pleure, plus tard cela m'exaspèrera peut-être, pour le moment, cela signifie que tu vis.
La main de mon conjoint quitte la mienne. Il essuie ses larmes sous ses lunettes et suit l'infirmière qui emporte le bébé. Je l'entends lui demander s'il veut couper le cordon, il accepte d'un hochement de tête.
J'ai trente sept ans et il en a quarante cinq, pas tellement jeune pour avoir un premier enfant. Lui en a déjà un, pas moi, enfin si, maintenant j'en ai un. J'ai toujours voulu être maman mais ai fini par me résoudre à l'évidence, se séparer à trente cinq ans c'était faire une croix sur la maternité.
Jean m'a fait ce cadeau. Il a accepté que nous ayons un enfant. Il faut dire que je semblais faite pour en avoir. Après trois semaines d'arrêt de la pillule, j'étais déjà enceinte. Ma grossesse a été une période bénie. Je ne me suis jamais sentie aussi bien qu'avec la vie en moi.
Et voilà que hier, au Franprix, j'ai ressenti les premières contractions. Jean les a chronometrées tandis que nous finissions les courses. Résultat, arrivée trop tard pour bénéficier de la péridurale, l'anesthésiste manquait à l'appel. Je l'ai mérité mon bébé.
La petite a été installée dans un berceau transparent. Son minuscule visage rose est enserré d'un bonnet blanc. Elle dort, paisiblement, ses petits poings fermés. Je détaille les traits de son visage, ses petits cils blonds, sa bouche en cœur... Elle est là.
J'ai encore une appréhension : la réaction du fils de Jean. À dix sept ans, accueillir une petite sœur, de plus de la nouvelle compagne de son père, ça ne l'enchante pas vraiment. Je vois son air bougon passer la porte. Nous nous disputons beaucoup, pas facile d'apprivoiser un adolescent.
Il me salue et me demande si je vais bien. Après quelques paroles, son regard se pose sur le berceau. Il s'approche, s'emmêlant les mains dans un geste de gêne. Je retiens ma respiration. Son père lui place le bébé dans les bras, lui montrant comment soutenir la tête du nourrisson. Il semble paniqué, il va la reposer j'en suis sûre. Jean se recule, et alors, je vois s'épanouir sur le visage du grand frère, un sourire d'amour inconditionnel. Ça y'est, nous sommes une famille.
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Défi
Livia Tournois


J’ai choisi la pire route de campagne pour faire du stop. Enfin, choisi… Anna m’a largué là après une énième dispute. J’avais besoin de marcher de toute façon.
Le vent du Lauragais fait claquer les pans de ma veste. Je frissonne, le pouce toujours bien levé au cas où une voiture arriverait dans mon dos. Mais rien, rien que la campagne, les herbes qui ondulent sous les bourrasques et le silence oppressant.
Comme d’habitude, je la ferai rire et elle reviendra, ce n’est pas perdu. Inutile de me prendre la tête avec des futilités. Je ne suis pas rentré cette nuit, et alors ? Pas la peine de criser pour ça. Si Pierrick n’avait pas été aussi débile aussi, à me prendre en photo avec l’autre nana… je ne sais même plus son nom. Je m’en cogne de cette fille. J’avais juste un peu trop bu.
Franchement, j’essaie de faire des efforts, de faire au mieux, mais je crois que c’est dans ma nature d’être volage. Avec Anna, j’ai pensé que ce serait différent. Je l’aime plus que j’ai aimé les autres, mais ça ne m’empêche pas de me comporter comme le dernier des abrutis. Je m’en veux, mais sur le coup, je n’arrive pas à me contrôler.
Voilà que je me mets à culpabiliser. Je suis bien assez puni pour ma bêtise, battre la campagne par ce temps. Je n’ai plus de batterie sur mon portable, inutile de le sortir pour tenter d’appeler un ami. Je fini par enfoncer mes mains dans mes poches et rentrer les épaules. Je crois que le mieux à faire c’est de me mettre à marcher, au moins, ça me réchauffera.
Je remonte l’allée bordée d’arbres à l’entrée d’Espanès, toujours perdu dans mes pensées. En ce dimanche matin, je ne croise qu’un matou rouquin qui prend la poudre d’escampette quand je l’appelle. Tu as bien raison le chat, je ne suis pas fréquentable…
Les insultes d’Anna résonnent encore dans mes oreilles. Pourquoi je ne sais pas répondre autrement qu’en m’énervant ? Je déteste les cris, les disputes, les prises de tête et ça fait deux ans que notre relation se résume à ça. Je soupire en prenant la rue qui mène sur les hauteurs du village. Si j’avais une dose de courage en réserve, je la quitterai, ça vaudrait mieux pour elle.
Après un passage à plat, je descends la pente escarpée et m’arrête au stop comme-ci j’étais une voiture. Aucune visibilité ici, je n’ai pas envie de me faire raboter le nez. Aucun véhicule n’arrive dans un sens ou dans l’autre, quelle misère. Je reprends ma marche.
Au-dessus de ma tête, les nuages filent dans le ciel, faisant écho aux pensées qui traversent mon esprit.
Au loin, je vois le clocher du prochain village, et les ailes d’un ancien moulin.
Soudain, un bruit de pétarade me fait me retourner. Une dodoche rouge en mauvais état cahote dans ma direction. Je tente le coup et lève le pouce. Le véhicule me dépasse, ralentit, puis s’immobilise. Le cœur battant, je cours à la portière côté passager.
— Monte mon gars ! m’indique le chauffeur par la fenêtre ouverte.
L’intérieur embaume le tabac froid mais je ne peux pas me permettre de faire la fine bouche. Je m’installe sur la mousse des sièges déchiquetée par endroits. Le volant est tout élimé, un vrai miracle que ce tacot roule encore.
Mon bienfaiteur me jette un coup d’œil et dévoile des dents jaunis en redémarrant. Je réponds d’un sourire fugace.
— Ça fait bien longtemps que je n’avais plus pris personne en stop, lance-t-il de sa voix rocailleuse.
Super, je suis tombé sur le mec qui veut faire la conversation, je pense, blasé.
Le gars semble avoir la quarantaine. Il est dans un sale état. Sa peau grise et sa barbe noire de plusieurs jours accentuent son côté crasseux, déjà mis en avant par la saleté accumulée sous ses ongles. Ses cheveux sont dissimulés sous une casquette décrépite, mais je devine du brun sur sa nuque. Il rentre dans le village sans ralentir et nous faisons un baptême de l’air sur le premier dos d’âne. La 2 CV couine sur ses vieux amortisseurs alors que son propriétaire se fend d’un grand rire gras.
— Ça secoue ! Hein, mon gars !
Il avise mon air boudeur et sourit encore plus largement.
— J’te dépose où gamin ?
— À Aiguevives, si ça ne vous dérange pas, je réponds sans enthousiasme.
— Problème de cœur ?
Je fronce les sourcils. De quoi se mêle-t-il celui-là ? Peut-on lire ce genre d’information sur le visage des gens ?
— Damien, Damien, Damien, soupire-t-il.
Je sursaute en l’entendant prononcer mon nom. La voiture redémarre en trombe après un stop, laissant derrière elle un nuage de fumée noire dont l’odeur nauséabonde me parvient par la fenêtre ouverte.
J’active la manivelle pour fermer la vitre en questionnant le chauffeur :
— Pardon, on se connait ? Je ne vous remets pas.
— Moi je te connais, mais je pense que tu préférerais que ce ne soit pas le cas.
Il ricane et je reste dubitatif. Ce gars n’a vraiment pas l’air net. Je commence à flipper.
— Je pense que je vais descendre là en fait.
Je m’aventure à toucher la poignée de la porte. L’homme écrase l’accélérateur, toujours souriant. Je me retrouve plaqué au fond de mon siège. Le rythme de mon palpitant décolle.
— Mais vous êtes malade !? je m’énerve.
— Tu ne me fausseras pas compagnie aussi facilement mon garçon.
Il tourne vers moi ses pupilles noires dans lesquelles je crois un instant voir danser des flammes. Je ne reconnais plus la route, nous avons changé de direction.
— On va où ? Vous êtes qui ? Je n’ai rien sur moi si c’est du fric que vous voulez.
Le chauffeur sort de la poche de sa veste en jean une cigarette roulée qu’il se colle dans le bec. Il tire sur le tube de tabac qui s’allume instantanément. Je suis de plus en plus désorienté par ce personnage.
— Je suis le gars qui vient quand on bascule de l’autre côté.
— De l’autre côté ? Quoi ?
Les Pyrénées se dessinent au loin, le temps semble se dégager.
— J’ai un marché à te proposer.
— Ecoutez, je ne sais pas qui vous êtes mais ça ne m’intéresse pas ! Laissez-moi descendre !
L’autre reste parfaitement calme malgré mes éclats de voix.
— Peu importe, c’est la règle. Ta balance a basculé drastiquement de mon côté, j’ai le droit de venir te rendre visite.
Je commence à paniquer. Est-ce qu’Anna à payer ce mec pour me tabasser et me jeter dans un fossé ?
— Détends-toi, m’intime-t-il en voyant mon air crispé.
Il prend une grande inspiration, consumant complètement sa cigarette. La cendre tombe en paquet sur son pantalon, qu’il ne prend pas la peine d’essuyer.
— Tu es monté en voiture avec le diable, m’avoue-t-il en exhibant sa dentition douteuse.
J’hésite entre le rire et l’ahurissement total. Le gars soulève sa casquette et je vois pointer sous ses boucles brunes deux cornes recourbées. Je déglutis avec difficulté. Je me retrouve incapable de prononcer un mot tant la situation m’échappe.
— Alors, si je récapitule, poursuit le prétendu démon. Sur les sept péchés capitaux tu as tout coché, ça je t’avouerai que c’est fréquent de nos jours, mais tu réalises un beau score. Pour ce qui est des commandements, tu es mauvais élève. Ça me plait.
Je commence à reconnaître les environs. La deux CV me ramène vers le lieu de la fête de la veille, dans la propriété de mon pote Maxence.
Qu’est-ce qu’on fou là ? je me demande au moment où le véhicule défonce la barrière en bois qui entoure le parc.
L’autre énonce les tables de la loi :
— « Tu ne commettras point l’adultère », fait, « tu ne déroberas point », fait, « tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain », fait, « tu ne tueras point », fait…
— Comment ? je m’insurge.
— Alors, tu ne te souviens vraiment pas ?
La voiture du diable traverse le terrain à vive allure, nous secouant au passage, avant de s’enfoncer dans le sous-bois.
L’espace entre les arbres se réduit et le chauffeur allume les phares avant de faire ralentir le véhicule. Voilà l’opportunité que j’attendais pour lui fausser compagnie. J’ouvre la portière et m’apprête à prendre le large, quand, dans le halo de lumière projetée par la voiture, je vois apparaître une main sous un tas de branchages.
— Alors Damien ? Ça te revient ? me questionne le conducteur en allumant une nouvelle cigarette.
Je sors de l’habitacle les jambes tremblantes et le cœur au bord des lèvres. Des bribes de souvenirs refont surface.
Je lui ai proposé d’aller se balader, on s’est embrassé, elle ne voulait pas aller plus loin…
— Non, non, non…
Je prends ma tête entre mes mains alors que les images s’imposent à moi.
J’ai insisté, elle m’a giflé, j’ai vu rouge…
— Stop, imploré-je.
Je tombe à genoux, gémissant.
Je l’ai fait tomber, je me suis mis sur elle et puis…
Me voilà trempé de sueur.
— Sale nuit mon gars, dit l’autre en s’approchant, les mains dans les poches.
— Non je ne… je vous jure que je… bafouillé-je.
Il écarte les grandes branches de pins qui couvrent le corps sans vie de la jolie rouquine d’hier soir. Sa robe est déchirée, son crâne ouvert et sa joue collée par du sang coagulé. Ses yeux vides me regardent. Je vomis.
— Tu es du genre à perdre ton sang-froid on dirait.
Plus loin repose la pierre ensanglantée avec laquelle je l’ai frappé. J’entends encore ses cris stridents dans mes oreilles.
Je voulais juste qu’elle se taise…
La scène me revient peu à peu. Je suis rentré dans la maison bondée, personne n’a fait attention à moi. Je suis monté dans la salle de bain du deuxième et j’ai pris une douche. J’ai emprunté des vêtements à Maxence et j’ai fourré les miens dans le fond du bac à linge sale. Et puis j’ai bu, encore, jusqu’à oublier. Au petit matin, j’ai appelé Anna, et elle est venue me chercher.
Mais Pierrick m’a pris en photo avec la fille… et c’est pour ça qu’Anna était en pétard. Tout le monde m’a vu avec à la soirée…
Je commence à voir trouble, ma respiration s’accélère sous l’effet de la crise d’angoisse. Le diable s’accroupit à ma hauteur. Les flammes dans ses yeux brillent dans la semi-obscurité.
— Voilà où intervient mon offre mon garçon. Dans le premier scénario, j’efface ta bévue, mais tu as une dette envers moi. Dans le second, je laisse les choses en l’état, et je dispose de toi comme je l’entends au Purgatoire.
Je mets un temps à me calmer. Je suis trempé de sueur sous mes vêtements. Les paroles du démon font peu à peu leur chemin dans mon cerveau en surchauffe.
— Quelle est…
Ma voix se casse. Je me racle la gorge avant de reprendre :
— Quelle est la différence ?
— La différence est que tu m’appartiens seulement pour un temps, jusqu’à ce qu’il soit estimé que tu aies purgé ta peine. Ensuite, tu es libre de partir vers ton lieu de repos.
Il tire sur une énième cigarette dont l’extrémité rougeoies tel un charbon ardent.
— Et si j’ai une dette envers vous ?
— Dans ce cas je t’engage dans mes légions et tu es à mon service pour l’éternité. C’est toi qui choisis.
Suis-je vraiment en train de pactiser avec le diable ?
Je risque un œil vers la dépouille de la rouquine et détourne aussitôt les yeux. Je ne sais même plus comment elle s’appelle.
— Putain…
Je sens des larmes brulantes poindre aux coins de mes yeux. Ma vie est foutue, et ma mort aussi apparemment.
Le choix est cornélien : ne jamais trouver de repos, ou vivre un enfer sur Terre.
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Défi
Livia Tournois

La porte vient de claquer. Le bipède est parti, comme chaque matin, et il reviendra après le coucher du soleil, me donner ma patée. L'heure de la sieste a sonnée. Je m'étire jusqu'au bout des griffes avant de me glisser dans le halo de soleil sous le velux. Je me roule de plaisir. Mon pelage se réchauffe divinement. Dans le ciel, des oiseaux passent en me nargant, je les chasserai dans mes rêves.
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Livia Tournois
Défi d'écriture du mois d'Octobre proposé par le compte Instagram "Portail de l'auto édition". Chaque semaine de ce mois je posterai un texte répondant aux consignes suivantes :

-semaine du 4 octobre = inversion culturelle : nous sommes des entités et le 31 octobre c'est Halloween, la fête des humains, ces êtres qui font peurs !
-semaine du 11 octobre = le/la protagoniste va se retrouver sur la piste d'une entité d'halloween.
-semaine du 18 octobre = écrire sans la lettre R.
-Que la scène finale ait des vibes oranges/rouges.
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