Sylve 1978
Les plus lues
de toujours
Une maison peut brûler sans disparaître.
Il reste les murs, les traces, les silences incrustés dans la pierre.
Un cœur à rénover est né de cette idée simple :
ce qui tient encore mérite qu’on s’y attarde.
À travers un chantier de restauration, ce récit explore les fractures invisibles — celles des corps, des liens, des choix que l’on diffère. On y reconstruit lentement : une hacienda marquée par l’incendie, des trajectoires humaines cabossées, des désirs contenus, des fidélités incertaines.
Ce n’est pas une histoire de sauvetage.
C’est une histoire de résistance discrète.
De regards qui évitent, puis s’attardent.
De gestes professionnels qui masquent parfois ce qu’on n’ose pas réparer en soi.
Rien ne se répare d’un coup.
Ni les pierres.
Ni les cœurs.
Il reste les murs, les traces, les silences incrustés dans la pierre.
Un cœur à rénover est né de cette idée simple :
ce qui tient encore mérite qu’on s’y attarde.
À travers un chantier de restauration, ce récit explore les fractures invisibles — celles des corps, des liens, des choix que l’on diffère. On y reconstruit lentement : une hacienda marquée par l’incendie, des trajectoires humaines cabossées, des désirs contenus, des fidélités incertaines.
Ce n’est pas une histoire de sauvetage.
C’est une histoire de résistance discrète.
De regards qui évitent, puis s’attardent.
De gestes professionnels qui masquent parfois ce qu’on n’ose pas réparer en soi.
Rien ne se répare d’un coup.
Ni les pierres.
Ni les cœurs.
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Défi
Je l’ai autour du poignet. Je ne sais même plus depuis quand. Un élastique noir. Tout simple. Il est un peu détendu maintenant. Il glisse quand je bouge la main, puis il revient. Toujours au même endroit. Je pourrais l’enlever. Mais je ne le fais pas. Il est à ma mère. Je ne sais même pas quand je l’ai récupéré. Peut-être le dernier jour. Peut-être avant. Je ne sais plus. Je me souviens juste d’elle avec. Toujours. Elle attachait ses cheveux sans miroir. D’un geste rapide. Comme si elle avait fait ça toute sa vie. Et l’élastique revenait toujours autour de son poignet après. Je la revois faire. C’est précis. Et en même temps… ça m’échappe déjà un peu. Je joue avec sans m’en rendre compte. Je le fais tourner. Je le tends. Je le lâche. Il ne sert plus vraiment. Je pourrais en prendre un autre. Le même. Personne ne verrait la différence. Mais moi, si. Parce que celui-là… c’est le sien. Il y a des moments où je n’y pense pas. Et puis d’un coup, je sens qu’il est là. Et ça suffit. Je ne me fais pas de film. Je sais bien que ça ne change rien. Mais je le garde. Parce que c’est la seule chose que je peux toucher. Et que ça ne disparaît pas.
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Défi
Je ne devais pas être là. C’était censé être simple. Un endroit calme. Juste un moment pour souffler… remettre un peu d’ordre… et repartir. Je n’avais rien prévu. Surtout pas lui. La première fois que je l’ai vu… j’ai senti un truc. Pas un choc. Pas un coup de foudre. Non. Quelque chose de plus discret. Plus lent. Mais plus… dangereux aussi. Son regard s’est posé sur moi. Pas lourd. Pas insistant. Mais il restait. Comme s’il prenait le temps. Comme s’il attendait de voir… jusqu’où ça pouvait aller. J’aurais dû détourner les yeux. Je ne l’ai pas fait. Il ne s’est pas vraiment rapproché. Pas vraiment. Mais l’air a changé. Et je l’ai senti. Vraiment. Et là… j’ai compris. Il y a des moments où tu sais. Sans pouvoir expliquer. Sans pouvoir revenir en arrière non plus. Des silences qui s’installent trop vite. Des regards qui restent un peu trop longtemps. Des gestes que tu devines… avant même qu’ils existent. Je savais que ça n’irait pas bien. Que ce serait compliqué. Peut-être même impossible. Mais mon corps, lui… il avait déjà choisi. Et le pire… c’est que je ne suis même pas sûre d’avoir voulu lutter.
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