Naïs
J’aime bien cette citation qui dit qu’écrire des romans, c’est « ajouter de la vie à la vie », quelque chose du genre. A mes yeux, imaginer, c’est planer au-dessus de la vie, utiliser un pouvoir magique au bout de mes doigts.
Quand je fais ça, j’ai la sensation étrange de me sentir exactement où je dois être. Peu importe que mon style d’écriture soit bourré de défauts, j’ai cette petite flamme au fond de moi qui sait que, quoi qu’il arrive, c’est ma place.
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Œuvres
Je n’ai jamais été à l’aise avec mes émotions. Elles me contrôlent. Je tente souvent de les contenir, mais en vain. Elles m’envahissent, traversent mon corps comme terre conquise. Elles n’ont pour seul maître que mon cœur. Ce souverain capricieux sait oh combien chacun de ses battements m’est précieux. Alors, lorsqu’il entend une voix, croise un regard ou un sourire par les fenêtres de mon âme, il accélère le tempo et s’érige en véritable boxer dans ma poitrine. Gauche, droite, uppercut. Les coups portés résonnent dans tout mon corps, laissant ses organes inertes, mornes, face à l’autorité du dictateur injecté de sang. De cette façon, il rappelle qu’il est le seul maître des lieux. Lui et personne d’autre. Ce corps ne constitue pour lui qu’un abri animé qui n’a lieu d’être uniquement par sa seule volonté. Mes émotions, fidèles serviteurs de cet autocrate déraisonné, exécutent aveuglément ses moindres lettres closes.
Me voilà alors captive. Chaque organe de mon corps ne devient autre qu’un vulgaire laquais voué à diffuser l’émotion dont mon cœur s’enivre. Je les supplie de résister, mais il est déjà trop tard. Mon esprit est bâillonné. Mes yeux sont embués. Ma gorge, étouffée par l’émotion, vient étirer ma voix comme pour lui demander à l’aide. Et dans l’hypothèse où je parviendrais à libérer ma raison et m’échapper en courant face à moi-même, mes membres sont complètement paralysés. Je me retrouve nue, dévoilée, impuissante. Offensée dans la pudeur de mes plus profonds sentiments.
L’écho de la propagande artérielle résonne à travers tout mon antre : « Ecoute-le ! » « Ecoute-le te dis-je ! » Ma chair est endoctrinée par les dictats de mon cœur. Je suis donc destinée à ne faire qu’un avec ses décisions. De toute façon, lui seul semble connaitre le chemin.
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Là, dans cette boite en métal, à l’abri de tous les regards, elle renonça à toute forme de résistance et s’abandonna à sa chaleur rassurante. Ses gestes étaient imprégnés d’une fougue irrésistible qui la bouleversait. C’ était magnétique. Ses lèvres appelaient les siennes comme un assoiffé implore la pluie. Et soudain, tout ce qui l’avait effrayé jusque là devint velours. Elle était sans crainte. Comme si, l’espace d’un instant, il l’avait délivrée d’elle même, de ce coeur devenu douleur, amputé de son élu.
Son élu. Quand elle le rencontra, elle sut que c’était lui depuis toujours. Celui qu’elle attendait. Celui a qui elle s’était réservée sans le savoir. Elle voyait son avenir dans ses yeux. Le regard noir de son élu engloutissait toutes ses craintes. Elle l’avait toujours cherché en vain. Alors, avec le temps, elle avait fini par se barricader, et apprivoiser sa solitude. L’amour l’effrayait mais la fascinait. C’était une terre inconnue, où elle ne pourrait rien maitriser ou prévoir, elle le savait. Pour cela, elle s’y était toujours refusée. Mais quand elle avait croisé son regard, elle avait compris qu’elle était confrontée à cette tempête intense avec laquelle personne ne peut avoir le dernier mot.
Elle avait toujours redouté l’inconnu et la spontanéité de la vie. Et l’Amour incarnait sa peur. La peur de se dévoiler. Dévoiler son âme. Dévoiler son corps. Elle s’y était toujours refusée farouchement. L’aspect charnel de l’amour la terrifiait particulièrement. Ce qui paraissait si naturel et instinctif au reste du monde lui paraissait pourtant être une montagne qu’elle ne pourrait jamais gravir. Un périple. Elle n’avait jamais éprouvé de désirs. Et personne n’avait réussi à faire taire ses appréhensions. Elle s’était toujours sentie comme un animal sauvage qui attendait d’être apprivoisée. Mais jamais personne n’avait su s’y prendre. Pourtant elle s’était convaincue que l’Amour engloutirait tous ses doutes.
Avec l’élu, ce jour était arrivé. Il avait su l’apprivoiser sans blesser la pudeur de son âme. Ses doutes avaient tous été engloutis. Il s’apprêtait à la déshabiller de son nom pour la vêtir du sien. Pas à pas, elle se dirigeait vers son élu, le destin que Dieu lui avait choisi. La sérénité l’envahissait. Son coeur, son corps et sa raison étaient en accord. Ils désiraient l’élu.
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La fièvre s’est réveillée du plus profond de mon âme lorsque j’ai entendu son nom. Je pensais que ces maux étaient morts avec l’espoir d’être réunis, mais non. L’espoir n’est plus là, mais le reste me parcourt le long du corps. Dès que j’entends son nom, un volcan en sommeil rejaillit violemment en moi. Une voix surgit du fin fond de mes entrailles et hurle son nom jusqu’à épuisement. Elle raisonne dans tout mon antre et me pousse à la déraison. La fébrilité de ma respiration présage son retour dans mes pensées. La vivacité de ces sentiments me brusque. Les souvenirs me dévorent. Je me perds dans les couloirs du passé. Je m’égare dans le souvenir de son regard. Cette fièvre effrénée engloutit ma raison pour laisser place à des mouvements de l’âme déraisonnés et impétueux. Il obsède tous mes sens. C’est comme si son nom s’imprimait dans ma chair d'une encre indélébile. Je ne saurais situer la source de ce volcan de sensations. J’ai l’unique perception de sa lave qui coule sensuellement à travers mes organes et me brûle de désir. Ce séisme sensoriel blesse la pudeur de mon âme, tout entière soumise à l’attraction inébranlable qui m’attire vers ce qu’il est, comme l’aimant attire le fer. Je me sens comme enchainée à lui par un sortilège mystique. A cet instant, son être devient l’autocrate de mon esprit. Puis… le volcan en éruption s’apaise… pour finalement trouver le sommeil jusqu’au prochain réveil provoquant cette fièvre intense et douce à la fois, qui m’est si délicieusement familière…
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Questionnaire de l'Atelier des auteurs
Pourquoi écrivez-vous ?
J'écris parce que cela me rend heureuse et me permet de me sentir vivante.


