Emilio De Sèla
Les plus lues
de toujours
Au fond Etincelles libres et insolentes Rapprochement fortuit Une part oubliée L'air du banquet Des humeurs se dessinent Dépôt des habitudes No fundo Faíscas livres e insolentes Um encontro casual Uma parte esquecida O ar do banquete Os estados de espírito tomam forma Um repositório de hábitos
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En novembre Un instant Entrevue unique Quelque chose a plané De la grâce et de la lumière Se livrant sans fard La nourriture est tellement vaste Un peu de doute Sur la raison Un cri bouleversant Des éclats de toutes parts Quelques silences Un départ timide Ce fut cette fois là En Novembre Em Novembro Um momento. Uma entrevista única, Alguma coisa pairava sobre a mesa. Graça e luz! Entregar-se sem envernizar, A comida é tão vasta. Um pouco de dúvida Sobre a razão, Um grito de despedaçamento, Raspadores em todos os lados, Alguns silêncios... Um início tímido, Foi, desta vez, Em Novembro.
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Autrefois Je ramenais le pain A la maison Que l'on coupait négligemment J'imaginais la mer sauvage Et le vent qui soufflait Sur ma nuque Je restais des heures durant A scruter le ciel imprudent Les pieds dans un désordre de fleurs Je n'ai jamais oublié La geste des arbres Et le langage des ruisseaux
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L'homme aux pieds mouillés
L'homme aux pieds mouillés
Entre dans le bar.
Un castor vêtu de cuir rouge
Lui demande ce qu'il cherche?
Rien, il ne cherche rien!
Une créature de latex
Lui passe alors une photo.
Un jars sans queue
Lui demande ce qu'il voit?
Rien, il ne voit rien!
Il se dirige vers les toilettes.
Un renard dame-pipi sans cravate
Lui barre le passage:
"Que veux-tu faire?"
Rien, il ne veut rien raire!
Et puis dans une colère noire,
Il tire sur tout ce qui bouge,
Brûle la baraque et éclate de rire
Qu'est ce qui provoque ce fou rire?
Rien ne provoque ce fou rire, rien...
L'homme aux pieds mouillés
Repart ainsi, apaisé.
Un iguane alcoolique lui demande
Ce qui précipite son départ?
Rien ne précipite son départ, rien...
O homem com os pés molhados
O homem com os pés molhados
entra no bar.
Um castor vestido de couro vermelho
Pergunta-lhe o que é que ele procura?
Nada, ele não está à procura de nada!
Uma criatura de látex
Passa-lhe uma fotografia.
Um olhar sem tailless
Pergunta-lhe o que ele vê?
Nada, ele não vê nada!
Ele dirige-se para a casa de banho.
Uma raposa sem gravata
bloqueia o seu caminho:
"O que queres fazer"?
Nada, ele não quer dizer nada!
E depois numa fúria,
Ele dispara sobre tudo o que se move,
Incendeia a casa e rebenta em gargalhadas
O que provoca este riso?
Nada provoca este riso, nada...
O homem com os pés molhados
Vai-se acalmar.
Uma iguana alcoólica pergunta-lhe
O que precipita a sua partida?
Nada precipita a sua partida, nada...
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Défi
On a enfermé Andy Warhol dans une pièce
Noire et hermétique, pendant qu'il urinait
Sur un journal datant de 1963
Le monocycle jaune vibrant
Sous le feu de tôles enchevêtrées.
Un homme grenouille hurle à mes oreilles:
"Je déteste les points de suspension !"
La vague et les notes,
La vague et les notes.
Je suis dans l'impossibilité de taper
Quelques lignes sur mon filet de poisson.
L'organigramme s'est fêlé
Sous les coups d'un ancien jazzman,
Reconvertis en employé pharmaceutique...
Une dame vêtue de rouge et d'argent
Dépose un panier à ma porte.
On a enfermé Andy Warhol dans une pièce
Noire et hermétique, pendant qu'il urinait
Sur un journal datant de 1963...
J'ai enroulé sur mon zodiaque,
Trois épingles et des images monochromes.
Balance et recule,
Aucune notification d'ailleurs !
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Introduction
Je m’apprête à déposer ce qui sera, je ne sais pas encore, un roman ou un genre de carnet sur cette personne qui m’était si précieuse, ma grand-mère Marie Horn.
J'ai recueilli, par le plus grand des hasards il y a quelques jours, une photo de Marie, très jeune, tirée de son carnet anthropologique.
Elle faisait partie de la communauté des gens du voyage (tzigane, Rome,Gitan...) et comme tel, la famille entière était fichée dans un carnet (aujourd'hui disparu) que l'on appelait carnet antrhopometrique de 1912 à 1970,
Dans ce carnet, une photo d'identité de face et de profil, ainsi que des indications de corpulence, poids, etc.
Le crâne des enfants, l’écart entre les deux yeux, les doigts étaient également mesuré.
Je n'ai jamais connu mon grand-père, parti bien avant ma naissance, emporté dans la quarantaine, je crois, par une maladie des mines de charbon.
J'avais avec ma grand-mère un lien très particulier, presque maternel, une espèce de sécurité affective, j'ai ainsi passé une majeure partie de ma petite enfance avec elle, mes parents n’étant pas aptes ou tout simplement présents pour s'occuper de moi.
J'ai donc grandi à côté de collines avec une grand-mère rrom/tzigane qui ramenait des salades sauvages, de drôle de baies et des champignons de toute forme.
Marie savait à peine lire et écrire mais l’écriture et la lecture étaient d'une importance capitale pour elle, c'est donc elle qui un jour m'a offert ma première bande dessinée, spontanément, sans que je ne demande quoique se soit, je devais avoir 4 ans et cette passion ne m'a jamais lâché, le hasard veut que je sois né le même jour que la 1ere édition du festival bd d’Angoulême
Elle a également compris que j'avais besoin de m’échapper d'une autre manière qu'avec la nature et la pêche.
Je vais donc écrire et partager avec vous l'histoire de Marie Horn qui a été une sacrée aventure au gré de mes souvenirs et de mes découvertes, Marie est parti un jour de juillet 1981 et encore un hasard ma fille est née le même jour en 2005.
Je ne sais pas si c'est une bonne idée mais j'avais ce projet à cœur depuis des années et le fait d'avoir trouvé cette photo il y a quelques jours (satané hasard !) et bien je me dit que c'est le moment, et puis L'histoire de Marie Horn ça en jette grave!
Merci d'avance à celles et ceux qui liront les chapitres à venir, annoteront, commenteront, etc..
Merci merci.
E.
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Défi
Marcher et lire encore
Un crachin ocre
Une galerie pittoresque
Le détrousseur qui avale du poisson
Bille en verre
Framboise et vanille
Des papillons sur le tamis
Croire à l’appétence
Combattant sans cause
Et tutoyer le réel
Imaginer rouler toute la nuit
Rouler et accélérer pour de vrai
Une aurore incertaine
Et d'improbables apaisements
Fin du chapitre
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Défi
Pirogue
Un lancer de pirogue
Des baleineaux qui nous accompagnent
Une belle auréole boréale
Courant d'air marin
De petits légumes grillés
Sur une ardoise
Un fumet si doux
Sable chaud
Du côté du puits
Les bêtes s'abreuvent
Tranquillement
Dire que la colère
Est tapie quelque part
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Défi
Borderline Bar
Il est beaucoup plus jouissif
D'arracher des vignettes autocollantes
Que de croquer du céleri...
Chaussure en plomb,
Un goût acidulé dans la bouche,
Je touche la porte de l'orgie
En attendant le service 9.
Rutabaga,
Un renard amérindien
Me vole mes cigarettes.
Et si Self était au courant ?
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Au fond
Etincelles libres et insolentes
Rapprochement fortuit
Une part oubliée
L'air du banquet
Des humeurs se dessinent
Dépôt des habitudes
No fundo
Centelhas livres e insolentes
Uma reunião fortuita
Uma parte esquecida
O ar do banquete
Os humores tomam forma
Depósito de hábitos
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Défi
La ville de la Polka
A ma guise,
Je vais vous ligoter
Sous ce chapiteau.
Manger un peu,
Manger beaucoup.
Planifier des escapades
Couvert de peintures
Dans des bars à mojitos roses.
Caresser des créatures voluptueuses
Dans un autobus volant.
Se perdre dans une tempête de sable,
Boire ici,
Boire là-bas.
Voir un temple se consumer,
Me rendre à une fête de roux,
Faire du vélo en tutu.
A ma guise toujours,
Attendre dix heures afin
D’accéder à une union burlesque,
Entre un mangeur de disques
Et une factrice somnanbule.
Pluie de paillettes !
Il est temps de prendre le souterrain,
Voir si quelques divinités s'amusent
Et arrosent des nuages glacés.
Fabriquer des poupées
Avec un soldat cabossé,
Je vais également fouler votre escalier de service,
Pisser dans un mouchoir de poche
Et me coucher dans une soute à cartouche.
Et en guise de préambule,
Vous croiser nue,
Ou pas,
Dans la villa de Keith Haring.
Moi,
j'ai perdu mes lendemains,
Je vais aller griller une cigarette
Dans la biscuiterie.
Rester absurde quelques jours
Un brin nostalgique
En quittant la ville de la polka
Je rejoins l'anomalie
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Défi
Juste un souffle
Le vent du printemps
Effleure ma peau.
L'odeur des herbes sauvages
Qui me titille.
Une volée d'insectes
Qui cavale.
La vallée est calme,
Je m'allonge, timidement,
Sur le côté.
Je frôle votre fleur.
Du rouge aux joues,
Une larme qui coule en souriant.
Un doux silence,
Puis,
Juste un souffle...
Apenas um sopro
O vento da Primavera
Pincéis contra a minha pele.
O cheiro de ervas selvagens
Titillating me.
Um bando de insectos
A correr por aí.
O vale é sossegado,
Deitei-me, timidamente,
De lado.
Eu escovo contra a sua flor.
Vermelho nas bochechas,
Uma lágrima que desce a sorrir...
Um silêncio suave,
E depois..,
Apenas um sopro...
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