4. A une condition

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J’ai senti un vide abyssale, un vertige de bien-être m’envahir à ce baiser. Sa langue à franchi mes dents, à caressé la mienne avec assiduité.

J’ai compris qu’il me voulait encore. Qu'il acceptait mes conditions.

Et je suis honnête : je le castrerai s’il me trahit.

Il a finit par me lâcher quand la serveuse s’est raclé la gorge en nous apportant la commande. Il s’est rassis en lui lançant un sourire complice.

— Merci.

— Mmm. Y a des hôtels, les amoureux, des hôtels ! lança-t-elle en déposant nos cafés. S’il vous plait...ne baiser pas sur ma table !

J’ai éclaté de rire, à gorge déployée, et trempé ma chocolatine dans mon café, en mordillant mon rouge à lèvre. Lui aussi avait retrouvé ce visage tendre et amoureux. Il a souri.

— Rentrons vite à la maison.

— Oui.

Nous avalâmes plus que nous ne mangeâmes. Nous payâmes, puis partîmes. Il prit le volant et me ramena chez nous.

Ce fut probablement la conversation la plus brève et la plus sérieuse que nous ayons jamais eue. Je ne pouvais rien faire d’autre que l’observer.

Enfin, mon garage apparut dans mon champ de vision. Il s’arrêta devant, descendit du véhicule, fit le tour et m’ouvrit la portière.

— Viens.

Je le suivis. Il ouvrit la porte d’entrée. Nous franchîmes le seuil, et il referma derrière moi. Sans un mot, il me saisit, me retourna et me souleva pour que mes jambes s’enroulent autour de lui. Je sentis sa bosse gonflée sous le tissu de son pantalon, et j’eus peur qu’il remarque ma culotte déjà mouillée. Mais il commença à me frotter contre lui, de haut en bas, et c’était devenu impossible d’ignorer l’évidence.

Je me mis à haleter, à l’embrasser plus fort. Le désir me faisait oublier le peu de retenue qu’il me restait. Il m’avait tellement manqué. Et il était encore plus beau que dans mes souvenirs.

Il me porta jusqu’au canapé, où je tombai en arrière. Je n’arrivais plus à m’empêcher de mordre mes lèvres dès que les siennes s’éloignaient. Sa bouche descendit entre mes cuisses, et à travers le tissu, sa langue appuya plusieurs fois sur mon bouton en feu. De ses dents, il attrapa ma culotte et la fit glisser le long de mes jambes jusqu’à la retirer complètement. Puis il revint me goûter. C’était si bon que je ne savais plus où donner de la tête.

Puis il s'arrêta.

— Non… Qu’est-ce que tu… ?

Je ne pus finir ma phrase. Deux doigts s’enfoncèrent en moi et commencèrent un va-et-vient délicieux, déclenchant en moi des éclairs de plaisir. J’étais à deux doigts de jouir s’il ne s’arrêtait pas. Il souffla doucement de l’air chaud sur mon intimité, et je ne pus m’empêcher de me cambrer, avide de le sentir encore plus profondément.

— Soren... je vais jouir...

Et c’est ce que je fis. Une première fois. Les yeux fermés, la tête perdue, l’imagination comblée à l’idée de sa verge me pénétrant.

Mais j’en voulais encore. Et je crois qu’il le comprit, car il me retourna sans ménagement. J’entendis son pantalon glisser le long de ses jambes, être jeté à la hâte. Je sentis son sexe dur et chaud frotter mes fesses : il ne portait pas de caleçon.

Il me releva les hanches et me pénétra d’un coup sec, profond, sans prévenir. Son souffle rauque me frôla l’oreille tandis qu’il me pilonnait, brutal et précis. Chaque coup de reins m’arrachait un cri, je ne pouvais plus me contenir.

— Oui, oui... Jouis, ma chérie. Jouis encore pour moi, bébé. Crie mon nom...

— Soren... Aah... Oui...

La seconde extase me submergea, brûlante, incontrôlable. Je le sentis jouir à son tour, son liquide chaud m’envahissant. Quelques instant plus tard, nous nous écroulions l’un contre l’autre, collants de sueur.

Il se leva pour prendre une douche, et notre quotidien sembla redémarrer là.

Le murmure de l’eau dans la salle de bain emplissait le silence. un son apaisant qui contrastait avec nos émotions. Je me suis retrouvée seule sur le canapé, le corps vibrant mais l’esprit plus clair.

J’ai ramassé le plaid, le serrant contre moi, et j’ai laissé mon regard errer sur les objets familiers de la pièce : le cadre photo où nous souriions, insouciants, ma pile de livres sur la table basse, ses affaires trainant par terre. Tout semblait avoir retrouvé sa place, et pourtant, rien n’était vraiment comme avant. Sa présence, même derrière la porte close, suffisait à apaiser les ombres qui menaçaient mon esprit. Une paix fragile, faite de promesses muettes et de l'espoir tenace que, cette fois, notre histoire continuerait de s'écrire, sans plus de déchirures.

Pourtant, au delà de cette alchimie bienvenue, subsistaient des questions silencieuses, au fond de mon cœur. Comment allions-nous naviguer dans ce "nouvel équilibre"? La confiance, une fois brisée, se reconstruisait-elle entièrement, sans jamais laisser de fissures? J’avais beau me répéter que son retour prouvait son engagement, une petite voix insistait : l’absence avait laissé des fissures que la passion ne comblait pas toujours. Mon regard s'est porté sur la fenêtre, où le ciel commençait à s'éclaircir, annonçant l'aube. Un nouveau jour se levait, et avec lui, la nécessité de faire face à la réalité.

Le bruit de la douche s'est arrêté, puis j'ai entendu ses pas revenir. Il est apparu dans l'encadrement de la porte, vêtu d'un simple bas de jogging, ses cheveux encore humides et torse nu, marqué de nouvelles cicatrices. Mon souffle s'est légèrement suspendu. Chaque parcelle de son corps semblait raconter une histoire que j'ignorais, des épreuves vécues loin de moi. Il s'était transformé, non seulement physiquement, mais sans doute aussi mentalement. Cette pensée, à la fois excitante et intimidante,, à fait naître une nouvelle vague d'appréhension. Qui était vraiment cet homme que j'avais attendu, et dont le corps me connaissait si intimement ?

Il a souri, un sourire tendre qui a illuminé son visage fatigué par le décalage horaire et le voyage. Un sourire que j'aimais plus que tout au monde. Il est venu s'assoir près de moi, sa chaleur réconfortante balayant une partie de mes doutes. Sans un mot, il a pris ma main. La chaleur de sa paume contre la mienne était une ancre, une certitude dans le flot de mes pensées. Je l'ai observé un instant, ses yeux mi-clos, un léger sourire aux lèvres. Il respirait doucement, le poids de la mission s'étant enfin, pour l'heure, allégé. Ce n'était pas un effacement du passé, non. Les cicatrices étaient là, invisibles, mais palpables sous la surface de nos retrouvailles. Mais en cet instant, dans le calme retrouvé de notre salon, il y avait une forme de réconciliation, non pas seulement de nos corps, mais de nos âmes fatiguées.

Je me suis blottie plus près de lui, écoutant le rythme rassurant de son cœur. L'air dans la pièce s'était alourdi d'une douceur nouvelle, imprégnée de notre présence, de notre sueur, de notre amour réaffirmée. Chaque objet familier semblait vibrer, témoin de ce nouveau chapitre que nous venions d’ouvrir. Il y aurait d'autres défis, d'autres peurs, c'était certain. Mais pour l'heure, l'essentiel était là : nous étions ensemble. Et cela suffisait.

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