111 – Noël, la fête des enfants et des cons – 24 décembre 2025.

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Décidément, plus je vieillis, plus je déteste Noël.

Ce n'est pas ce que vous croyez. Ce n'est pas mon athéisme pointilleux qui s'exprime. Rien à voir non plus avec la mort de mon pater un 23 décembre, même si je me dois d'admettre que ça pique un chouïa.

Non. Plus je vieillis et plus je m'enfonce dans la misère, et plus on est pauvre, moins on supporte les taxes indirectes et les chantages psychosociaux. Du genre « mais c'est pour les enfants ! ». Ou « regarde la joie s'épanouir sur leurs visages de bambins ! »

Des faces d'ogres, oui ! Chaque année, c'est à qui dépensera le plus, à qui bouffera le plus de saumon, de dinde et de foie gras. Tiens, vas-y, prends-le dans les dents mon amour, à coups d'euros, de jouets, de jeux vidéos ou de téléphones portables. La magie de Noël, c'est plus de sept millions de volailles tuées pour qu'on s'étrangle sur cette merde le soir de réveillon, c'est le massacre des saumons, le gavage des oies, les milliers de petits employés exploités chez Mondial Relay et autres distributeurs de commandes, c'est le gamins exploités pour construire des jouets dont ils ne verront que les pièces détachées. La magie de Noël, c'est plus de six millions de sapins vendus chaque année en France. Et en France seulement !

Ouais, la magie de Noël, c'est un arbre mort au milieu de ton salon.

Noël, c'est l'injonction au bonheur familial, l'obligation qui prime sur tout le reste, l'hypocrisie la plus tolérée par l'ensemble de la planète. Je voudrais m'endormir ce soir et me réveiller le 2 janvier, histoire de sauter le nouvel an, tiens, et la bise de minuit, yeeha, bonne année, tu verras, cette année ce sera pire mais faisons semblant d'y croire, à l'avenir, au présent, à la magie et aux mensonges.

Je crois que c'est ce que je déteste le plus là-dedans : on ment aux enfants. Pour leur bien, pour leur faire plaisir, prétend-on. Moi j'en voudrais toujours à mes parents d'avoir tenté de le faire quand j'étais môme. Je crois que je ne pourrai jamais leur faire confiance à cause de cette connerie. En plus, j'arrivais d'Espagne, où les rois mages distribuaient les cadeaux. Alors, si traverser une frontière métamorphosait trois vieux bédouins mystiques en une sorte de machin barbu tout rouge, c'est que, quelque part, là au fond, on se foutait de ma gueule, n'est-ce pas ?

Le père Noël n'existe pas. La démocratie non plus. L'espoir non plus.

Et oui, je reprends le journal d'un monde qui s'achève en traînant la patte. C'est ça ou crever alors autant me répandre et attendre avant d'expirer.

La biz à toi, pourtant, qui n'a rien demandé, et des pensées noires à tous les fachos.

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