CHAPITRE 1
AÏSSATOU DIOP.
_Moi: << Moi, je voudrais m'enfoncer au plus profond de l'amour partagé et permis, comme dans une tombe, et que tout cesse, et que tout cesse. Moi qui aime tant d'être aimée, j'aimerais moi-même aimer un être dont il dépendra entièrement de moi que je me fasse aimer.>>
Antonin Artaud
_Moi: Cette citation d’Antonin Artaud révèle une soif d’amour absolu, presque dévorante, où l’être ne cherche pas seulement à être aimé mais à se perdre totalement dans l’expérience de l’amour partagé. L’image de la tombe traduit une volonté d’enfermement, de fusion ultime, comme si l’amour devait abolir le temps et le monde extérieur. Artaud exprime aussi un paradoxe : lui qui aime recevoir l’amour désire, pour une fois, en être l’architecte, choisir un être et détenir le pouvoir fragile mais total de faire naître en lui cet élan. C’est à la fois une quête d’absolu et une confession d’impuissance : aimer et être aimé deviennent ici une expérience extrême, presque mystique, où le désir de posséder se confond avec celui de disparaître.
Ils portent tous leurs attentions sur moi, totalement captivité par mon commentaire.
Je reprends mon souffle puis je continue...
_Moi: Cette pensée traduit une volonté d’amour total, sans reste, où l’être se jette dans la passion comme dans une tombe, c’est-à-dire dans un lieu clos, définitif, presque sacré. Il ne s’agit plus simplement de partager un sentiment, mais de se fondre dans une union si profonde qu’elle suspendrait le cours du temps et abolirait toute autre réalité. Artaud révèle aussi une tension intime : lui qui aime être aimé rêve de renverser le rapport, de créer un amour qui dépendrait entièrement de lui, comme s’il cherchait à éprouver le vertige d’un pouvoir fragile mais absolu. C’est le cri d’un homme qui désire à la fois posséder et disparaître, être maître et esclave de ce feu qu’est l’amour. Ainsi, cette citation illustre l’ambivalence de la passion : promesse d’éternité, mais aussi un pressentiment de mort. Dis-je après avoir fini d'étaler toute ma pensée.
Ils applaudissent tous, signe que j'ai fait du bon travail c'est alors que j'émets un petit sourire satisfait.
_La professeure: Merci mademoiselle Diop, votre réflexion est très pertinente et j'applaudis le choix de votre citation. Vous avez fait du bon travail.
_Moi: Merci madame. Fis-je avant de retourner à ma place fière de moi.
_La professeure: C'était tout pour aujourd'hui mes jeunes gens, je vous informe que le professeur Sall prendra ses fonctions la semaine prochaine. Je vous remercie d'avoir était mes petits monstres adorés vous allez tous terriblement me manquer. Je vous souhaite d'exceller dans vos études et vos projets et j'espère entendre parler de vous dans le futur comme étant dans les meilleurs affaires du pays.
La professeure Fall part en retraite aujourd'hui. Ce fut un véritable coup de choc pour moi surtout sachant que j'avais choisi de m'inscrire à ce cours en partie parce que c'était elle qui dispensait les cours.
C'est tellement dommage qu'elle doive partir après à peine un mois. Je n'ai pas pu profiter longtemps de son immense talent.
Je ne sais pas si je vais continuer à suivre ce cours ! Je devrais peut-être me concentrer sur mes études en gestion et management. Ces études que m'a imposé mon père pour reprendre ses affaires.
A vrai dire la littérature est la seule chose que j'aime, mais d'après mon père cela ne rapporte pas d'argent. De ce fait, je suis ces cours du soir comme une simple distraction.
Après que nous soyons tous passé un à un à son bureau pour lui donner nos cadeaux de départ, nous nous dispersons petit à petit vidant ainsi l'amphithéâtre.
Après avoir quitté la salle, je fus instantanément encerclé par mes gardes du corps.
Je déteste les avoir sur mon dos, malheureusement c'est la seule condition que m'a exigé mon père pour me laisser étudier à l'université.
Depuis toute petite je n'ai eu droit qu'à des cours à domicile. Je n'en avais marre de ne pas avoir de vie sociale. Les rares fois où je quittais la maison c'était pour partir à l'étranger. Vous vous rendez compte que je ne connais rien de mon pays ? Il était temps que ça cesse, je ne voulais plus être encadrée à la maison alors j'ai décidé d'intégrer cette université privé.
Mon père est Pape Idrissa Diop, un riche homme d'affaires. Il possède plusieurs immeubles de locations, des hôtels, des clubs, des restaurants, des maisons à louer et à vendre. Son empire ne s'étend pas qu'à Dakar, non plus qu'au Sénégal mais dans tout le continent africain.
Je vous avoue qu'il trempe également dans des affaires louches, c'est un magnat du marché noir automobile mais très minutieux qu'il est, il a fait en sorte de toujours m'en préserver.
Et franchement cela ne m'intéresse en aucune manière, je suis soulagée qu'il me tienne bien loin de ces magouilles.
Je veux une vie normale !
Malheureusement, je crois que ce n'est pas prêt d'arriver.
Nous arrivons au parking, je monte dans ma voiture et mon chauffeur me conduit à la maison. Les deux gardes du corps me suivent avec une autre voiture.
Après une trentaine de minutes à rouler, nous arrivons aux Almadies.
Je fonce directement dans ma chambre ! Je sais parfaitement que mon père n'est pas encore rentré.
A peine ais-je passé le seuil de la porte que quelqu'un toqua.
_Moi: Entrez ! Fis-je avant de m'affaler sur lit.
_Tata Aïda: Bonsoir ma chérie ! Dit-elle avec un plateau de nourriture à la main.
Tata Aïda est la gouvernante de la maison, et la femme qui m'a élevé depuis ma naissance.
Ma mère est décédée en me donnant la vie, je ne l'ai jamais connu et mon père me parle très rarement d'elle. Je n'ai que des photos pour maintenir son souvenir dans mon cœur et dans mon esprit.
_Moi: Tata Aïda tu sais je n'ai pas du tout faim ! Fis-je en me couchant sur le ventre.
_ Tata Aïda: Mais tu n'as même pas encore vu ce que c'était ! Dit-elle en approchant le plateau de moi.
Je sentis l'odeur épicé de la bouillie me titiller les narines.
Oh my God !
_Moi : Des rāmens ! M'écriais-je en bondissant du lit.
J'en raffole tellement.
_Tata Aïda: Bonne dégustation ma chérie ! Dit-elle avant de sortir.
Je prend plaisir à bien manger mon plat, après avoir terminé je sonne la cloche et une des domestiques vient récupérer le plateau.
Je me rends dans la salle de bain et me fait couler de l'eau chaude. Je mets des sels de détente et y pénètre afin de me relaxer totalement.
Après avoir appliqué mon lait de corps, je m'habille d'une combinaison en coton de couleur blanc qui m'arrive jusqu'au cuisse.
On est en fin de Septembre, il fait vraiment très chaud.
Je sors me mettre au bord de la piscine avec mon ordinateur et je me mets à regarder un film.
Tellement je m'ennuie ! J'aurai tant aimé pouvoir faire comme toutes les filles de mon âge. Avoir des amis, pouvoir sortir m'amuser, me balader normalement dans la rue être libre d'être une jeune fille normale.
Je suis âgée de dix neuf ans, enfin je dis ça comme ça mais ce sera dans environ deux mois. Je suis grande de taille, fine et élancée un peu comme un mannequin. Sauf que je ne suis pas plate, mère nature m'a bien gâtée je l'avoue. J'ai la peau foncée façon chocolat et comme ma mère était poular, j'ai hérité de ces gênes qui font que j'ai de très longs cheveux.
Il s'est écoulé plusieurs heures où j'ai regardé deux films, puis regarder mes cours.
On vient m'annoncer que le dîner est servi.
Je file donc dans ma chambre me changer et mettre une robe longue. Je détache mes cheveux qui jusque-là était en queue de cheval, je les brosses et sort rejoindre la salle à manger.
Je trouve mon père à sa place habituelle, accompagné de son éternel bras droit tonton Omar Sall déjà installés à table.
Tonton Omar est l'homme à tout faire de mon père. Celui qui fait le "sale boulot", celui qui gère les affaires chelou pour lui. Ce sont ses yeux et ses oreilles dans le monde du marché noir.
Je dis bonsoir avant de m'asseoir également à ma place.
Après que tata Aïda ait contrôlé le personnel de cuisine jusqu'au dernier détail du dressage, elle s'installe à son tour et nous commençons à dîner.
Comme chaque soir, ce fut d'un ennui mortel. Mon père même à la maison ne fait que parler de business.
Je jette mon oreille dans leurs conversations piqué par la curiosité car mon père ne m'avait accordé aucun regard.
_Mon père: Quand arrivera la nouvelle cargaison ?
_Tonton Omar: Dès demain soir ! Babacar est entrain de tout superviser, l'opération sera un succès.
_Mon père: Ah très bien, très bien j'ai confiance en votre duo de père et fils.
_Tonton Omar: C'est vrai qu'il est très doué dans tout ce qu'il fait.
_ Mon Père: Normal, il a reçu la meilleure des formations !
_,Tata Aïda: Aïssatou tu ne manges pas ? Dit-elle en me sortant de mon petit espionnage.
_Moi: Pff ces temps ci j'ai perdu l'appétit.
Mon père leva l'œil sur moi !
_Mon Père: Est ce que ça va ma princesse ? Dit-il après avoir entendu mon commentaire.
_Moi: Ah parce que tu te rappelles que j'existe maintenant ? Dis-je sans lui accorder un regard.
_ Mon Père: Ne fait pas ta gamine ma princesse. Toi qui aime tant te goinfrer pourquoi tu ne manges pas ?
_Moi: Peut-être parce que je suis trop affectée du fait que mon père ne m'accorde aucune importance. Fis-je en me levant de table après avoir remercier tata Aïda pour le repas.
Je me rends dans ma chambre et me met rapidement en pyjama.
Toc toc ! Entendis-je en sortant du dressing.
_Moi: Entrez ! Répondis-je d'une petite voix.
La porte s'ouvre sur mon père et je m'empresse de me coucher sur le lit avec mon énorme nounours dans les bras.
_ Mon père: J'aurais préféré que ce soit moi que tu prennes dans tes bras au lieu de cette peluche. Dit-il en s'asseyant sur le lit.
_Moi: Mes démonstrations d'affections t'ont toujours dérangés à ce que je sache !
_ Mon père: Non ! Détrompe toi ma princesse, j'adore ça. Ce que je demande c'est juste que ce ne soit pas en public.
_Moi: Il est où le mal ? Montrer que tu aimes ta fille ne fait pas de toi un homme faible tu sais. Ça ne va pas ternir l'image de l'homme redoutable à laquelle tu tiens tant.
Je décide de tout vider.
_Moi: Et puis ce n'est même pas une question de public, papa même à la maison tu ne m'accorde aucune importance, tu travailles alors que ça devrait être notre moment à nous.
_ Mon père: Je suis désolé ma princesse, je me sens terriblement coupable de te donner l'impression de t'avoir abandonné, c'est que j'ai tellement travail.
C'est normal avec tout les business que t'a accumulé, il fallait rester dans tes affaires mais il a fallu que t'aille en rajouter. Et en plus des affaires pas très saine.
Voyant que je gardais le silence il continua...
_Mon Père: T'en fais pas ma chérie, quand le fils de Omar rentrera pour le seconder j'aurais plus de temps libre et je serai totalement à toi. En attendant je te promets de faire plus d'efforts pour être plus présent dans ta vie.
Je me lève alors et me blotti dans ses bras.
Je l'aime tellement ! C'est la seule famille que j'ai, je ne peux pas nier qu'il soit un très bon père. Il est mon père et ma mère en même temps, il m'a élevé dans l'abondance de l'amour et de la richesse. Je n'ai jamais manqué de rien.
Nous avons discutés encore un peu, puis on s'est souhaité bonne nuit.
...
Le lendemain après mon cours de huit heures à dix heures, je me suis posée sur un banc afin de lire quelques pages du roman qui doit être étudié la semaine prochaine.
Une jeune fille s'approcha de moi...
_Je peux ? Demande t-elle timidement !
Alors que mes gardes du corps s'approchaient à vive allure pour la saisir...
_Moi: NE LA TOUCHEZ PAS ! Dis-je fermement
Ils reculent lentement et je me tourne vers cette inconnue au visage qui m'est familier.
_Moi: Vas-y je t'en prie ! Dis-je en l'invitant à prendre place.
Elle s'installe donc !
_Moi: Est ce qu'on se connait ? Fis-je suspicieuse.
_ Je ne crois pas non !
_Moi: Pourquoi es tu venu vers moi ?
_Je ne suis pas venue pour toi, je voulais juste m'asseoir ! Je suis habituée à ce banc. Répond t'elle en sortant un bocal en plastique de son sac.
Ah !
_Moi: J'ai l'impression de te connaître ! Insistais-je
_C'est peut-être les réseaux ! Dit-elle en commençant à manger.
Oh oui !
_Moi: Tu es Sophia Ndiaye la tiktokeuse. Dis-je après l'avoir enfin reconnue.
_Sophia: Oui ! Maintenant est-ce que je peux manger en paix ou tu veux un selfie ?
_Moi: Haha ! Pourquoi j'aurais besoin de faire un selfie avec toi ? Dis-je complètement amusée.
_Sophia: C'est souvent ce qu'on me demande, je ne vois pas pour quelle autre raison tu es venue t'asseoir ici ?
_Moi: Moi aussi je voulais simplement m'asseoir. C'est un bien public non ?
_Sophia: Effectivement oui mais tout le monde dans le campus sait que c'est ma place favorite quand même. Ceux qui viennent getter si je suis sur place le font pour me prendre en photo.
_Moi: Rassure toi ! Je n'ai pas besoin de ta photo.
_Sophia: Et pourquoi pas ? J'ai six cent mille abonnés sur tik tok !
_Moi: Hum je vois ! J'en ai neuf cents cinquante mille sur Instagram. Donc si toi t'es une tiktokeuse disons que je suis une influenceuse.
Elle a failli s'étouffer avec sa nourriture en entendant ce chiffre !
Ça me fait tellement rire ! Mais je garde mon sérieux.
_Sophia: Jure ! C'est pour ça que tu as des gardes du corps ?
_Moi: Non ça c'est une lourde imposition de mon père !
_Sophia: Pourquoi ? C'est qui ton père ?
_Moi: T'es devenue bien curieuse je trouve ! Tu ne voulais pas que je te laisse manger en paix déjà ?
Elle me lance un sourire timide sûrement gênée par son comportement de snobinarde sans même savoir qui j'étais.
_Moi: Bon appétit ! Lui dis-je en me levant pour me rendre à mon cours de comptabilité.
...
Durant deux jours, je suis comme emporté dans une compétition sur qui de Sophia et moi arrivera la première sur le banc.
Je sais c'est ridicule oui !
Et le pire c'est que je la trouvais chaque jour assise et alors je passais mon chemin.
Aujourd'hui ! Je l'ai fait, me voici assise sur le banc avant elle.
J'ai commencé à lire mon roman quand elle est arrivée. Elle m'a regardé pendant un long moment alors que je faisais comme si je ne l'avais pas vue, concentré sur mon livre.
Elle s'approche et se met devant dans l'attente d'une approbation !
_Moi: Assieds-toi ! Dis-je après avoir levé mon regard sur elle.
_Sophia: Merci ! Réponds t-elle d'une petite voix.
Je continue à me concentrer sur ma lecture, intérieurement satisfaite de moi.
_Sophia: Je suis désolée ! Commence t-elle
_Moi: Ah oui de quoi déjà ? Répondis-je comme si de rien n'était.
_Sophia: Désolée pour mon comportement de salonnarde la dernière fois. J'ai vraiment été hautaine avec toi. Je m'en excuse !
_Moi: Wow ! D'accord mais est-ce que tu te serais excusée si tu ne savais pas que j'étais un peu connue ?
_Sophia: Un peu connue ? Wow tu es vraiment modeste, tu es la fille unique d'une des familles les plus riches de l'Afrique en plus d'être suivie par presque un million de personnes sur internet ! Pour répondre à ta question non, je ne me serais pas excusée si je ne savais pas qui t'était.
_Moi: Dit donc, t'a enquêtée sur moi on dirait ! Et je vois que t'a le mérite d'être honnête. J'aime bien ça !
_Sophia: Oui je suis une personne très directe, tu m'as impressionnée Aïssatou Diop et j'ai fait quelques recherches. Bon alors ? T'accepte mes excuses ou c'est comment ?
_Moi: Oui tu es toute excusée ! Donc ça veut dire finalement que c'est toi ma fan ?
_Sophia: Haha ! D'accord je capitule. Dit-elle en levant les mains en l'air.
Nous partons dans un fou rire !
Nous avons beaucoup discuté jusqu'à quatorze heures passé !
_Moi: Ça te dit que je t'invite à déjeuner ?
_Sophia: Avec plaisir ! Réponds t-elle toute enthousiaste.
Nous nous rendons au parking...
_Sophia: C'est ta voiture ? Une range rover 2025 sérieusement ?
_Moi: Haha ! Elle est à mon nom donc je suppose qu'elle m'appartient. Allons-y ! Dis-je avant de monter.
Elle s'installe à son tour puis la voiture démarre.
Nous nous rendons au Pullman.
_Sophia: Dit moi tout ça c'est dans l'optique de m'impressionner ou c'est comment ?
_Moi: Mais non voyons ! Celà ne devrait pas t'impressioner, il me semble que toi aussi tu mènes la belle vie non ?
_Sophia: Ah mais ça c'est du folklore ! C'est grâce aux partenariats, aux collaborations et aux publicités. On me les donne mais ça ne m'appartient pas. Toi par contre tout est à toi.
_Moi: D'accord je comprends ce que tu veux dire ! Moi aussi je reçois parfois quelques propositions de collaborations. Mais comme je ne poste que pour poster et non pour percer cela ne m'intéresse pas.
Elle me regarde complètement bouche bée.
Nous descendons de la voiture et prenons l'ascenseur jusqu'au restaurant qui se trouve en terrasse.
Nous prenons place et commandons.
Nous avons déjeuner dans une très bonne ambiance.
Sous ses airs de petite star superficielle, c'est une fille très sympa je trouve.
Quelques jours après...
J'ai passé toute la journée entre les cours de management de comptabilité et de gestion. J'en ai plus que marre.
Il est temps que je fasse ce que j'aime vraiment.
De la littérature !
Donc je quitte la salle de cours, et je me rends dans l'amphithéâtre ou se tient ce cours extra.
Je m'installe à ma place habituelle, j'ai le regard dans le vide en me demandant à quoi va ressembler les cours désormais étant donné que Madame Fall n'est plus ma professeure.
Je sors mon carnet et le Roman qui doit être étudié cette semaine.
Je prends quelques notes hyper concentrée quand tout à coup j'entends un énorme brouhaha dans l'amphithéâtre.
Mais pourquoi ils s'agitent comme ça ? Dis-je intérieurement.
_Lève les yeux de ta lecture et tu comprendras.
A cette réponse je me rendis compte que j'avais réfléchi à haute voix.
_Bonsoir à toutes et à tous, je suis votre nouveau professeur. J'espère être à la hauteur pour exploiter vos différents talents.
Je le regarde comme hypnotisé, Je ne l’ai pas vu venir,
Juste un regard, et mon monde a vacillé.
Mon cœur, d’un calme d’ordinaire, s’est mis à tambouriner comme un tambour fou,
Mes mains moites, mes pensées floues,
Et cette chaleur étrange qui a pris naissance dans ma poitrine,
Comme une flamme douce, mais indomptable.
Ma gorge s’est serrée,
Mon souffle s’est raccourci,
Il est entrain de parler mais je ne l'écoutait plus !
Mais qu'est ce qui m'arrive ?
Un frisson m’a parcourue, non de froid, mais d’éveil,
Mes yeux le suivaient sans mon accord,
Il faisait des mouvements de sa main en s'exprimant avec une telle éloquence.
Le temps ? Inexistant.
Le bruit autour ? Étouffé.
Je suis complètement obnubilée.
_Professeur Sall: Qui est Aïssatou Diop ? Est ce que la déléguée veut bien se montrer s'il vous plaît ?
Je reçu un coup de coude de ma camarade de table qui me faisait revenir à la réalité.
_Mais répond ! Dit-elle affolée.
Je me lève brusquement !
_Moi: C'est moi ! Répondis-je dans l'empressement.
_ Professeur Sall: Venez s'il vous plaît.
Je me rends donc jusqu'à son bureau...
Je suis à nouveau obnubilée par son parfum qui m'a complètement envahi.
_ Professeur Sall: Ceci est une fiche de lecture, j'ai relevé différents passages du roman pour chaque étudiant de ce cours. Mademoiselle Diop va vous distribuer à chacun d'entre vous sa copie. Vous devrez me faire un commentaire littéraire sur les passages qui vous ont été attribué pour la fin de la semaine.
Pendant qu'il s'adressait aux étudiants, je ne pus m'empêcher de le regarder de la tête au pied.
Il est grand, même géant je dois dire. Sa peau est métissé, il est très musclé car sa corpulence se voit sous sa chemise. Il est si beau, des yeux de biche, des lèvres roses et charnues et une voix rauque et suave à couper le souffle.
On dirait une star de cinéma je vous dis, genre le héros d'un film d'action.
Il me tends la pile de feuilles entre les mains...
_ Professeur Sall: C'est par ordre alphabétique, comme ça la distribution sera plus facile pour vous. Dit-il en me regardant intensément en me les tendant.
J'étais comme figée !
_ Professeur Sall: Mademoiselle Diop !
_Moi: Oh oui désolée monsieur. Dis-je en sortant de ma torpeur.
Je saisi donc les feuilles de sa main avant d'aller en faire la distribution à chaque étudiant.
Une fois terminée, je retourne à ma place.
_ Professeur Sall: Commençons donc par mon passage préféré ! Je vais vous faire une petite démonstration de votre travail à faire.
Il commença à citer sans même toucher au livre. Nous étudions un roman de Emile Zola " La joie de vivre".
_ Professeur Sall: << Il y eut un silence. Les quatre bougies brûlaient avec des flammes hautes, et l'on entendit la mer, la gueuse, qui battait les falaises. À cette heure, elle se trouvait dans son plein, chaque flot en s'écroulant ébranlait la maison. C'étaient comme des détonations d'artillerie géante, des coups profonds et réguliers au milieu de la déchirure des galets roulés sur les roches, qui ressemblait à un craquement continu de fusillade. Et, dans ce vacarme, le vent jetait le rugissement de sa plainte, la pluie par moments redoublait de violence, semblait fouetter les murs d'une grêle de plomb. >>
Il a cité ce passage du livre sans même y toucher. Il maîtrise ce qu'il fait !
Toute la salle est concentrée !
_ Professeur Sall: Alors dans ce passage, on a vraiment deux atmosphères qui s’opposent. Au début, il y a le silence et les bougies, une ambiance fragile, presque paisible. Mais très vite, cette tranquillité est brisée par la tempête dehors. La mer est présentée comme une force vivante et menaçante, on l’appelle même « la gueuse », un mot péjoratif qui la rend presque humaine, mais hostile.
Les comparaisons sont très fortes : les vagues deviennent comme des coups de canon, les galets comme une fusillade. On a l’impression que la nature mène une véritable guerre contre la maison. Tout est sonore rugissements du vent, craquements des roches, pluie qui tombe comme une grêle de plomb. On n’est pas seulement en train de lire, on entend presque la scène.
Et au milieu de ce chaos, les bougies paraissent toutes petites, fragiles mais résistantes. Elles symbolisent un peu la vie humaine, faible face aux éléments, mais qui tient bon malgré tout.
En fait, ce passage, il montre bien la puissance sublime et terrifiante de la nature, et comment elle écrase l’homme par sa grandeur.
Incroyable il est vraiment bourré de talent !
_ Professeur Sall: Alors d'après ce que je viens de dire en quoi ce passage illustre-t-il une conception romantique de la nature ?
Plusieurs camarades y compris moi levons la main pour répondre.
Il choisit ce Mouhamed Dieng avec qui je suis toujours en compétition.
_Mouhamed: Ce passage reflète parfaitement la vision romantique de la nature comme force à la fois sublime et terrifiante. On retrouve l’idée du sublime, chère aux romantiques une beauté qui fascine parce qu’elle dépasse l’homme et l’effraie en même temps. La mer n’est pas simplement un décor, elle devient un personnage à part entière, hostile et gigantesque. Le lecteur perçoit l’homme comme fragile, minuscule, face à une puissance qui le dépasse. C’est cette tension entre fascination et effroi qui définit le sublime romantique, et ce texte en est une belle illustration.
_ Professeur Sall: Eh bah dit donc, madame Fall avait raison vous une classe très intéressante. C'est très bien monsieur ?
_Mouhamed: Dieng ! Dit-il tout souriant en me lançant un regard satisfait et moqueur.
Quelle gamin !
_ Professeur Sall: Pourquoi l’auteur insiste-t-il autant sur le champ sonore dans sa description ? Qu’est-ce que cela apporte au lecteur ? Continue t'il !
Cette fois-ci il n'y a que Mouhamed et moi qui avions levé la main.
_ Professeur Sall: Monsieur Dieng s'est déjà exprimé alors une autre intervention, mademoiselle Diop allez-y.
_Moi: Le champ sonore a ici une fonction essentielle : il rend la scène immersive et oppressante. Plutôt que de décrire seulement ce que l’on voit, l’auteur multiplie les sons : « détonations », « fusillade », « rugissement ». Le lecteur est plongé dans un univers presque assourdissant, comme s’il vivait lui-même l’assaut de la tempête. Mais ce n’est pas qu’un effet réaliste, le vacarme exprime aussi la violence intérieure, le chaos que peut ressentir l’homme face à une nature qui le dépasse. Le son devient donc le moyen de traduire à la fois une expérience sensorielle et une expérience émotionnelle.
Il me lance encore ce regard intense de tout à l'heure et je ressentis une décharge électrique me traverser tout le corps.
Mais qu'est ce j'ai bong sang ?
_ Professeur Sall: C'est très bien ! Je suis très impressionné.
Je jette un coup d'œil à Mouhamed qui a le visage renfrogné, je souris tellement satisfaite de moi.
_ Professeur Sall: Bon je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Cette séance devait être une simple prise de contact, j'ai hâte de pouvoir lire vos travails. On se retrouve donc à la fin de la semaine. Merci !
_Je ne vais plus jamais rater aucun cours ! Mon Dieu qu'est ce qu'il est canon. Me dit ma camarade de table.
Pff je ne réponds pas, je range mes affaires avant de quitter la pièce.
Pendant que je me rendais au parking pour rentrer, j'ai croisé Sophia nous avons discutés un peu avant que l'on ne se dise au revoir.
...
Une fois à la maison, je prends une douche et me met à mes devoirs.
Il faut que j'obtienne la meilleure note, je vais monter à ce Mouhamed c'est qui la meilleure. Il se croit intelligent, pensant que sans ma beauté et mon argent je n'arriverai à rien.
La plus part du temps, tout le monde voit que j'ai un avenir tout tracé, que je n'ai pas de soucis à me faire dans la vie, que j'ai déjà tout gagné.
La littérature est pour moi la seule manière de prouver que j'ai un truc à moi, et que je suis doué à ça.
Toc toc toc !!! Entendis-je.
_Moi: Entrez ! Fis-je toujours les yeux collés à mes recherches.
_Mon père: Bonsoir ma princesse ! Dit-il en refermant la porte derrière lui.
Incroyable !
_Moi: Papa ! Toi ici ? Il est à peine dix neuf heures.
D'habitude il rentre vers vingt deux heures, je ne le vois qu'au dîner. Même pendant le diner il travaillait et après le diner également.
_Mon père: Je t'ai dit que j'allais être libre bientôt ma princesse. Habitue toi, je serai là très souvent pour bien m'occuper de ma princesse. Dit-il en me prenant dans ses bras.
Ça me fait énormément plaisir !
Il me manquait tellement...
Nous avons beaucoup discutés, nous avons rit, parlés et amusés.
Ça faisait si longtemps que nous n'avions plus ces moments ! Je suis vraiment contente.
Nous avons été interrompu par tata Aïda qui nous demande de descendre dîner.
_Mon père: Allez change toi vite ! Omar est venu nous présenter son fils qui est rentré de l'Europe. On ne fait pas attendre ses invités.
_Moi: D'accord papa j'arrive !
Il dépose un bisou sur mon front avant de quitter ma chambre.
Je vais dans mon dressing et me sort une jolie robe longue bleu de nuit en slim. Je détache à nouveau mes cheveux et les brosses. Je mets du gloss et du parfum.
Je porte mes escarpins avant de quitter la chambre.
J'arrive à la salle à manger et je ne vois personne.
Une des domestiques vient me prévenir que le dîner a été dressé près de la piscine.
Je m'y rends donc !
_Mon père: Ah ma chérie est arrivée. Dit-il en se levant de table pour me prêter son bras.
Nous arrivons jusqu'au niveau de la table et tonton Omar et son fils qui jusque-là était de dos, se lèvent pour se mettre en face de nous.
Mon cœur a fait un bond !
_Mon Père: Ma princesse, voici Babacar Sadikh Sall le fils de Omar.
_Tonton Omar: Mon fils, voici la princesse de la famille, Aïssatou Diop.
Oh mon Dieu !
_Moi: Professeur Sall ! Dis-je d'une petite voix toute choquée.
Il s'approcha de moi et me prend la main.
Mon cœur a raté un battement !
_Professeur: Bonsoir Mademoiselle Diop. Je vous prête allégeance, je suis à votre service. Dit-il avant de déposer un bisou sur ma main.
Des frissons m'ont parcourus tout le corps.
Mais qu'est ce qui se passe ici ?
Le fils du bras droit de mon père est aussi mon professeur !
Cet homme est sous les ordres de mon père.
Donc il est quoi au juste ?
Un professeur ? Ou un mafieu ?
Je suis totalement perdue...

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