Une leçon de maintient...
Arwen pilotait la Corvette avec aisance, tout en souplesse, à une allure très rapide mais fluide. Buffy d’abord impressionnée par la vitesse à laquelle défilaient les rues de Sunnydale, se détendit constatant la maîtrise de l’Elfe.
Elles arrivèrent devant l'immeuble où vivait Oz, une bâtisse décrépite, murs lépreux, fenêtres sales, située dans un quartier mal famé de Sunnydale. Le genre d'endroit où l'on ne s'attardait pas une fois la nuit venue… ni même de jour d’ailleurs. Arwen se gara le long du trottoir, la carrosserie rutilante de son bolide contrastait de manière saisissante avec la grisaille ambiante.
En face, devant un magasin abandonné, un groupe d'hommes, accoudés au capot d'une vieille voiture cabossée, les observaient avec insistance. Ils discutaient, ponctuant leurs phrases de rires gras. Leurs regards ne quittaient pas la direction de la voiture et surtout… de ses occupantes.
Arwen eut un léger soupir de lassitude….
- Je crois qu'il vaut mieux régler ce petit problème tout de suite, avant qu'il ne devienne vraiment... irritant, dit-elle pour elle-même.
Elle descendit de voiture et, la démarche assurée, se dirigea droit vers le groupe. Buffy, lui emboîta le pas, pressentant le grabuge…
Arwen se planta devant celui qui paraissait être le meneur – une sorte de gorille en beaucoup moins avenant, crâne rasé, tatouages grossiers sur des bras épais – qui la dévisagea de haut en bas, avant de passer une langue épaisse sur ses lèvres.
- Tiens, tiens... Qu'est-ce qu'on a là ? Deux jolies poupées qui se sont perdues ? Vous inquiétez pas, les filles, on va bien s'occuper de vous. Je sens qu'on va passer un très bon moment ensemble. Et après moi, les gars, vous pourrez vous amuser aussi. Y en aura pour tout le monde ! Lança-t-il à sa bande.
Il commença à expliquer de manière très imagée, très détaillée et très peu poétique ce qu'il attendait d’Arwen et plus particulièrement de sa bouche. Il en salivait. Il commençait à expliquer le rôle assigné à Buffy mais ne put finir sa phrase. Une onde de choc le projeta violemment en arrière, il alla percuter la grille de l’ancien magasin. Alors que, sonné, il tentait de se relever, il sentit une étreinte invisible se resserrer autour de sa gorge. Il suffoquait.
L’ignorant superbement, Arwen s’avança vers le reste de la bande. Ses yeux flamboyaient mais sa voix était douce, presque sensuelle.
- Messieurs... Je vous suggère, pour votre propre bien-être et votre longévité, de veiller attentivement sur ma voiture. J'aimerais beaucoup la retrouver en parfait état. Le moindre accroc, la plus petite éraflure, me contrarierait énormément. Et vous ne voulez vraiment pas me mettre en colère, n'est-ce pas ?
Les hommes, devenus très dociles, hochèrent la tête vigoureusement, et assurèrent Arwen de leur dévouement total.
Elle porta son regard sur le chef déchu, dont le visage prenait une jolie teinte violette. Elle relâcha son étreinte magique. L'homme toussa convulsivement, avec des sifflements rauques. Elle s'approcha de lui, avec un rictus ironique matiné d'une pointe de cruauté. Elle prit son ton le plus mondain, comme pour une soirée à Balmoral.
- Très cher, je suis sincèrement désolée de vous décevoir, mais je vais devoir décliner votre... proposition. Vous comprendrez, je l'espère, que je ne compte absolument pas vous faire quoi que ce soit avec ma bouche à l'endroit que vous aviez si délicatement désigné... ni ailleurs, du reste. Voyez-vous, je suis amoureuse d’une femme, et je suis fidèle. Et puis, pour être tout à fait franche, vous êtes vraiment très laid et particulièrement répugnant.
Le chef gémissait misérablement, Arwen impassible reprit.
- Cependant, vous semblez apprécier les choses directes... je vais donc vous faire quelque chose avec mon pied. Peut-être êtes-vous fétichiste... et soyez heureux ce sera à l'endroit précis que vous aviez vous-même choisit.
La pointe de la botte d'Arwen cueillit l’homme à l’entrejambe. Il s'effondra en émettant des glapissements.
- Ce fut un réel plaisir, très cher, nous pourrons remettre ça quand vous voudrez.
Elle tourna les talons avec grâce et se dirigea vers l'entrée de l'immeuble sans accorder le moindre regard à la bande et à son leader déchu.
Buffy ne put se retenir d’éclater de rire jusqu’aux larmes. Elle songea en elle-même.
- Même si l'Apocalypse semble approcher à grands pas, avec Sauron et tout le bazar... ça valait vraiment, vraiment la peine d'avoir vu ça !

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