Date Night, Secret Files Café Crème & Vampires

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De retour dans sa chambre d'hôtel, Donan décida d’oublier un instant Miller, le bar, les loups-garous et les stars mystérieuses et se dit qu'il était temps de troquer son costume strict pour une tenue plus décontractée. Il opta pour un jean brut de bonne coupe et une veste italienne fluide en lin et soie, qu'il s'était offerte lors d'une virée à New York, dans une boutique chic sur Park Avenue. Il se sentit plus à l'aise, moins "Washington".

Avant de partir chercher Debbie, il passa quelques coups de fils discrets et sécurisés à certains de ses contacts les plus surs au sein de diverses agences fédérales. Il décida qu’il allait découvrir ce que cachait Faith Lehane… Son instinct lui disait que cette fille était une clé, mais de quelle porte ? Il était de plus en plus persuadé que cette jeune femme étrange, à la réputation sulfureuse, avait séduit la puissante, et peut-être plus naïve qu’il n’y paraissait, Lady A pour accéder au premier cercle de la Maison Blanche. Peut-être même pour approcher le Président ? Qui sait ce qu'elle pouvait préparer ? Était-elle une tueuse à gages de très haut niveau, au service d'intérêts occultes et puissants ? L'idée était folle, mais après ce qu'il avait entendu sur Sunnydale, plus rien ne lui paraissait impossible. Il recommanda à ses contacts la plus grande discrétion dans leurs recherches, il ne fallait surtout pas que Lady A ait vent de ses soupçons. Aveuglée par sa romance, elle l’aurait très mal pris et alors… malheur à lui. Il songea que son rôle était aussi de protéger ces hautes personnalités, en apparence très avisées mais qui pouvaient se laisser attirer par des personnages douteux. Après tout Arwen n’était sans doute qu’une jeune femme issue de la plus haute société, probablement supérieurement intelligente, mais qui ne savait pas grand-chose de la vie…

Content de lui, il monta dans sa voiture de location et ne pensa plus qu’à la perspective d'une compagnie agréable et… normale !

Debbie l'attendait devant son petit immeuble propret. Son pantalon ajusté noir, était parfait pour mettre en valeur ses longues jambes, et son blouson en cuir souple de couleur crème rendait justice à ses formes agréables... pas une « bimbo » californienne, plutôt l’allure fraiche de l’actrice Naomi Watts au début du film Mulholland Drive, auquel il n’avait pas compris grand-chose, mais qui l’avait fasciné par son rythme et la beauté des images… et surtout celles des deux actrices. Avec ses cheveux blonds coupés au carré, ses légères taches de rousseur qui dansaient sur son nez, Donan la trouva fraîche comme la rosée du matin, un contraste bienvenu avec l'intensité écrasante d’Arwen.

Ils passèrent une soirée délicieuse. Après un verre dans un bar qui se voulait branché – le plus branché qu'il était possible de trouver à Sunnydale – ils allèrent dîner dans un petit restaurant italien que connaissait Debbie, un endroit chaleureux à la cuisine simple mais savoureuse. La jeune femme était gaie, intelligente, pleine d'esprit. Elle lui expliqua qu'elle suivait des cours du soir en criminologie et économisait chaque dollar, car elle rêvait d'intégrer un jour le FBI et de quitter Sunnydale, cette ville à la fois attachante et un peu trop étrange à son goût. Ce fut Debbie qui, au détour d’une discussion sur les personnalités locales évoqua Lady A.

-       Je ne la connais pas vraiment, bien sûr… mais... je suis fan ! Elle a une classe folle. Et en plus elle est pleine d’humour et incroyablement gentille, vous savez.

Elle se mit à raconter une anecdote. Un jour, elle venait d'acheter son déjeuner à emporter et retournait en hâte au commissariat, son café crème à la main. Distraite par un appel sur son portable, elle avait heurté de plein fouet Arwen qui sortait d'une boutique. Son splendide tailleur en soie sauvage avait été copieusement éclaboussé de café. Debbie, s'attendait à se faire traiter de tous les noms et avait commencé à se confondre en excuses.

-       Je m’aplatissais lamentablement. Je racontais n’importe quoi… Je crois même que je lui ai proposé de payer son pressing pendant un an ! Elle m'a regardée avec un petit sourire et m'a dit, parfaitement décontractée : "Ne vous en faites donc pas, ma chère. Il faut bien que les teinturiers aient un peu de travail, n'est-ce pas ?" Et elle a ajouté : "Et puisque mon tailleur a bu votre café, permettez-moi de vous en offrir un autre." On a donc pris un café ensemble, dans le petit coffee shop du coin, en plaisantant comme si de rien n'était. Elle était charmante...

-       Peut-être qu'elle vous draguait ?

-    Franchement, je ne pense pas. J'ai eu l'impression, simplement, que cette femme s'amusait beaucoup de la situation… de mon embarras. Elle ajouta, avec une lueur admirative dans les yeux. Au risque de vous choquer, je dois avouer qu'elle est d'une telle beauté, d'une telle présence... que moi, qui suis résolument hétéro... elle jeta un regard appuyé et troublant à Donan qui le rendit tout chose... j'aurais peut-être cédé si elle m’avait fait une proposition… Elle rit… puis redevint pensive… j’adorerais lui ressembler, quelle classe incroyable et puis cette aisance, ce flegme hyper distingué…

Donan se dit qu’il préférait de beaucoup que Debbie ne ressemble pas à la superbe, mais tout aussi certainement redoutable, Lady A… à tout hasard il lança le nom de Faith Lehane.

-       Faith ? Ah, Faith... C'est une écorchée vive mais je l’aime bien. Elle est compliquée, c'est sûr, parfois hyper agressive. Elle a probablement beaucoup galéré dans sa vie, ça se voit. Il y a une souffrance en elle. Mais elle a un mental d'acier, c’est une vraie dure à cuire. Les ploucs du coin, les petits caïds, ne l'aiment pas beaucoup, et elle, elle fait tout pour les provoquer, parce que ça l'amuse, je crois. Et ils se gardent bien de s’en prendre à elle. Elle leur fait peur… elle pouffa. De temps en temps, on va au Bronze ensemble, le club où tous les jeunes traînent, juste pour s'éclater un peu, oublier les soucis. Debbie marqua une pause, son visage se fit plus sérieux. Une fois, elle m'a vraiment sortie d'une très sale embrouille. Je retournais à ma voiture, tard le soir, un type m'a abordée. Il avait une très sale tête, pâle, malsain… il a commencé à devenir très insistant. Il voulait m'embrasser dans le cou... tout juste s’il ne m’a pas mordue. Donan tilta… il n’avait pu s’empêcher de songer à Arwen et à ses histoires de vampires… il se dit que cette femme étaient en train de le rendre parano… Debbie poursuivait. J'ai eu vraiment peur. Et là, Faith est arrivée de nulle part. Elle s'est interposée, elle s'est battue avec lui... presque à main nue, elle avait seulement un petit bâton pointu… Je ne comprends pas trop comment, tellement j'étais choquée et paniquée, mais le type a fini par... disparaître. Il s'est sans doute enfui en courant. Faith a absolument voulu me raccompagner jusque chez moi ensuite, pour être sûre que j'étais en sécurité. En fait, sous ses airs de « bad girl », je suis sûre qu’elle a un cœur grand… comme ça !

Lorsqu’ils se séparèrent devant l'immeuble de Debbie, il était très tard... La jeune femme, lui posa un baiser un peu équivoque à la commissure des lèvres, un geste qui laissa Donan ravi. Son parfum discret, mélange de cuir et de vanille flotta autour de lui. Il se promit de ne pas y penser et su aussitôt qu’il allait échouer lamentablement.

En arrivant à son hôtel, l'esprit en ébullition, Donan trouva un message à la réception. Un simple bristol avec une écriture élégante et oblique : "Mon cher cousin, seriez-vous libre pour prendre l'apéritif chez moi demain en fin de journée ? J'aurais grand plaisir à vous revoir." Pas de signature, mais il reconnut immédiatement la main d’Arwen. C'était le message codé convenu.

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