Une leçon implacable...

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- Ce n’est pas très « sympa » de donner du travail supplémentaire et d’ailleurs parfaitement inutile, à vos collègues des agences fédérales… finit-elle par lâcher d’un ton qui semblait badin à ceci prêt que son regard transperçait Donan.

Il ouvrit de grands yeux : elle savait ! Mais comment était-ce possible ? Arwen reprit, toujours ce ton léger, toujours ce regard hypnotique.

- Je comprends que vous vous intéressiez à Faith… elle est ravissante… Mais son cœur est pris. Et je peux être très désagréable quand je suis jalouse… Elle se payait vraiment sa tête. Vous vous entendez bien avec la petite Debbie… c’est une fille absolument adorable... pourquoi chercher ailleurs ?

Donan était effondré « elle savait ça aussi ». Il tenta de se justifier et bredouilla qu’il avait sincèrement cru que Faith était une tueuse et qu’elle avait assassiné l’adjoint au maire. Il poursuivit sous le regard ironique d’Arwen qui ne fit rien pour lui faciliter la tâche. Il s’enferra en tentant d’expliquer avec beaucoup de détours, qu’il avait pensé que Faith avait approché Arwen pour la manipuler et peut être pour atteindre le président. Arwen le coupa d’un rire bref. Ses yeux semblèrent se concentrer encore plus intensément sur Donan, le réduisant au silence. Les secondes à couper au couteau qui suivirent lui parurent interminables.

- Pensez-vous vraiment que je sois quelqu’un que l’on peut manipuler ? Croyez-vous que l’on peut me cacher des choses ?

Arwen n’avait pas élevé la voix mais son ton était tranchant comme une lame. Et en plus vous sous-estimez mes charmes ajouta-t-elle d’un ton plus léger…

Donan ne savait plus où se mettre. Il se maudissait d’avoir lancée cette enquête parallèle. Il tenta de bredouiller des excuses. Jamais il n’avait été intimidé à ce point devant un supérieur. Arwen restait en apparence d’une humeur parfaitement égale et c’était terrifiant… Elle le coupa dans son flot de justifications.

- Mon cher, un écrivain Français que j’aime beaucoup a écrit qu’un officier n’a pas à s’excuser devant un supérieur. Il considère cela comme l’un des privilèges liés à leur état. Avez-vous lu « Le Crabe Tambour » ?

- Non… avoua Donan

- C’est une lacune.

Donan comprit parfaitement que cette citation « littéraire » était surtout destinée à lui rappeler subtilement qu’il était un subordonné… un peu inculte qui plus est… Mortifié, il encaissa se disant qu’il l’avait quand même mérité. Il retrouva cependant un peu de dignité.

- Madame, si vous n’avez plus confiance en moi, vous pouvez me renvoyer et je serais remplacé.

Arwen reprit, d’une voix plus douce mais toujours chargée d’une autorité sans réplique.

- Je vous crois loyal, Donan. Vous avez sans doute cru bien faire car si j’avais pensé un instant que vous me trahissiez… Elle laissa la phrase en suspens et Donan sentit des sueurs froides dans son dos… J’espère seulement que vous apprendrez de votre erreur et que vous ne vous lancerez plus dans des initiatives ridicules. Elle eut un sourire plein de charme. Sachez aussi que je n’ai pas l’habitude de répéter un ordre.

Donan tenta d’expliquer qu’il travaillait sous l'autorité du président, tout comme elle. Arwen ne le laissa pas terminer.

- Je ne travaille sous les ordres de personne en ce monde.

- Mais vous obéissez tout de même au Président !!!

- Non. Le mot était posé net, définitif. Elle marqua une pause et ajouta. Vous comprendrez sans doute mieux lorsque je jugerai que vous êtes prêt à savoir certaines choses. L’incident est clos et restera entre nous.

Donan ressentit un intense soulagement et la remercia.

Arwen, avec son petit sourire, lui dit que Pierre Schoëndoerffer considérait qu’un officier n’avait pas non plus à dire « merci » à un supérieur, un autre privilège...

- Et maintenant assez rit… Donan ne riait pas vraiment… J’ai un travail pour vous. Vous m’établirez un rapport très précis sur tous les lieux situés dans un rayon de 50 kilomètres de Sunnydale présentant à la fois un accès à de l’eau en abondance ainsi qu’à du bois et à de vastes bâtiments abandonnés ou bien à des cavernes.

- Puis-je savoir pour quelle raison ?

- Vous le saurez lorsque je le jugerai utile. Arwen aurait pu lui dire mais elle tenait à marquer son ascendant.

Il eut une moue un peu comme un gamin que l’on a réprimandé qui fit sourire Arwen intérieurement, et lui demanda si elle n’était pas fâchée.

- Non… je vous aime bien… et je déteste me mettre en colère… mais prenez garde à ne jamais la susciter. Maintenant, vous pouvez aller rejoindre Debbie et je vous conseille de vous conduire en parfait gentleman sans quoi vous aurez l’occasion de me voir très fâchée. J’aime beaucoup Debbie, même si elle m’a ruiné un tailleur. Avec un regard pétillant de malice elle ajouta. Je l’aime beaucoup sur un plan strictement amical, je suis très fidèle en amour et de toute manière avec les nuits que je passe avec Faith, je ne pourrais pas assurer… elle adorait choquer ces Américains tellement puritains.

Donan repartit sonné mais soulagé.

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