Au rapport

3 minutes de lecture

Giles observait Arwen depuis un moment déjà. Il plissa les yeux, ajusta ses lunettes, puis céda enfin à une curiosité dont il craignait qu’elle soit un peu déplacée…

— Chère Arwen, puis-je me permettre de vous demander… de quel tissu est faite votre tenue ?

Cordelia réagit aussitôt, comme si, la question du très sérieux bibliothécaire, avait libérée l'interrogation qui lui brulait les lèvres.

— Oh oui ! Dis-nous ! Parce que franchement, ce tissu serait absolument parfait pour une tenue de soirée hyper originale. Et cette coupe… c’est totalement dans la tendance actuelle : sportwear chic. C’est même vraiment d’avant-garde !

Giles ravala une réplique acide. Il n’était pas certain que « sportwear chic » fût une catégorie textile reconnue dans les grimoires anciens.

Arwen sourit, complice.

— C’est un tissu très rare, expliqua-t-elle calmement. Mais, je ne sais pas si c'est "tendance" c’est même très ancien…

- Oh oui, le Vintage, c'est le top aujourd'hui ! Les yeux de Cordelia brillaient.

Arwen marqua une pause, comme si elle choisissait ses mots avec soin.

— Cette étoffe est composé de la soie la plus fine, ce qui lui donne sa souplesse. Elle est tissée avec du duvet d’Aigle, offert jadis par Thorondor à Galadriel. Cela lui confère un pouvoir isolant remarquable, capable de protéger aussi bien du froid extrême que des chaleurs les plus violentes. Enfin, il est tramé de fils de mithril, le « parfait argent » tiré autrefois des mines de la Moria », ce qui le rend plus résistant que l’acier le plus dur.

Cordelia cligna des yeux. Arwen lui adressa un sourire.

— Ton idée est comme toujours charmante, Cordelia, mais cette étoffe aussi rare que précieuse est plutôt destinée au combat qu’à des soirées. Mais, au fond, pourquoi pas, le détournement des codes est un grand classique de la mode.

Puis, comme si la chose allait de soi, elle ajouta qu’il lui en restait sans doute assez pour faire confectionner des tenues similaires pour Faith, Buffy… et évidement Cordelia.

A ces mots, Cordelia resta, ce qui était exceptionnel chez elle, sans voix Elle se voyait déjà apparaître à une soirée vêtue d’un tel chef-d’œuvre. Presque unique. Inégalable. Elle nageait dans un bonheur absolu, presque mystique.

C’est à cet instant qu’Alfred arriva.

— Madame, annonça-t-il, agent Donan présent au rapport. Il attend vos ordres.

— Quelle heure est-il ? demanda Arwen, d’un ton presque taquin.

— Madame, il est onze heures trente précises, Madame.

Un léger sourire approbateur se dessina sur le visage de l’Elfe. Donan semblait avoir compris la leçon.

— Qu’il entre, ordonna-t-elle.

Donan la salua de manière stricte. Il parvint à réprimer un rictus en apercevant Faith, puis n’accorda qu’une attention très limitée aux autres personnes présentes. Elles ne lui semblaient, à première vue, dénuées de toute importance.

Arwen fit les présentations.

Donan salua poliment, tout en s’interrogeant : Un Anglais à l’accent étrange. Trois très jolies jeunes femmes — une brune à la peau mate et deux blondes, l'une un peu pâle, l'autre un genre de Bimbo Californienne. Un homme taciturne, vêtu de noir, qui restait volontairement à l’ombre. Et un autre, habillé comme un étudiant attardé. Il supposa qu’il s’agissait d’invités d’Arwen et de sa compagne et s’étonna intérieurement qu’elles aient été conviées...

Faith Lehane, quant à elle, le regardait avec un air insolent et moqueur. Donan jugea plus prudent de faire comme s’il n’avait rien remarqué. Il avait compris une chose essentielle pour son avenir : cette fille était strictement intouchable.

Alfred, lança son réglementaire :

— Madame, permission de disposer, Madame ?

Donan nota aussitôt que le ton n’était pas le même que celui, imperceptiblement désinvolte, qu’Alfred avait employé avec lui. L’ancien sous-officier attendit d’ailleurs, parfaitement immobile, qu’Arwen réponde avant de se retirer dans un demi-tour impeccable.

Donan qu’il avait en face de lui une nouvelle facette d'Arwen. Elle n’avait plus rien de la ravissante bohème ultra chic qui l’avait accueilli la veille, pieds nus, en robe de soirée. Elle ne ressemblait pas non plus à la conseillère présidentielle, en tailleur de haute-couture, qu’il avait parfois croisé dans les couloirs de la Maison Blanche. Devant lui se tenait une femme, toujours aussi belle, mais à la posture d’un officier de très haut rang : Une forme d’autorité suprême. Il y avait même autre chose, elle semblait porter en elle une sorte de sagesse ancienne, très surprenante pour quelqu’un d’aussi jeune.

Donan comprit que les choses sérieuses allaient commencer.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 2 versions.

Vous aimez lire Brume Autize ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0