Intro
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Seule dans son appartement, une jeune présence errait entre deux mondes.
Depuis longtemps déjà, ce train de vie devint monotone. Se nourrir releva de la galère, se cacher fût une habitude. Elle vivait dans l’ombre, à la lisière de tout. Son nom était Imahi Sumaq.
Menacée de peu, par une expulsion de son logement, Imahi tenta lentement de reprendre pied dans une réalité qui ne lui laissa que peu de place. Les murs de l’appartement semblèrent se refermer sur elle, étouffants et silencieux… jusqu’à ce qu’un bruit sourd se fasse entendre depuis le placard.
Un chat errant.
Affamé, nerveux, il fouilla à la recherche de quelque chose à manger. Imahi tenta de l’attraper, mais il était plus habile qu’elle. En un éclair, l’animal s’échappa par un creux béant dans une fenêtre cassée et abîmée, disparaissant dans la nuit.
Ce bref instant suffit à faire vaciller ses certitudes.
Imahi resta immobile, le regard perdu. Elle se mit à questionner sur sa propre vie, son apparence, sa place. Car oui… Elle portait en elle des attributs félins. Une nature qu’elle ne pouvait plus nier. Aux yeux des humains, elle n’était rien de plus qu’un monstre.
Un détail pourtant la hantait : une marque, visible sur la joue du chat. Un symbole familier. Trop familier...
Et si cet animal appartenait à ce qu’elle avait connu autrefois ?
Déterminée à comprendre, Imahi se promit de le retrouver.
Elle se remit en mouvement, guidée par une intuition ancienne, jusqu’à un lieu abandonné où elle n’avait plus mis les pieds depuis des années. Là où tout avait basculé.
Des souvenirs flous remontèrent lentement à la surface. Des fragments. Des sensations. Ce moment charnière… celui qui l’avait métamorphosée en ce qu’elle était devenue aujourd’hui.
La nuit, elle fit profil bas. Elle écouta les conversations humaines, apprit leurs codes, leurs habitudes. Elle observa sans jamais vraiment appartenir. Ses sens, bien plus développés que les leurs, lui permettant d’être aussi discrète qu’un chat glissant dans l’ombre.
Puis vint cette annonce.
Une recherche de travail. Une mission inhabituelle.
Il fallait arrêter des malfrats qui pillaient les habitants la nuit. Agir dans la discrétion. Rapidement. L’urgence était claire : dès le lendemain soir.
Imahi comprit aussitôt qu’elle possédait un avantage que peu d’autres avaient. Elle se renseigna sans se faire remarquer, restant tapie dans l’ombre. Elle savait déjà que cette mission allait tout bouleverser.
Un groupe d’individus cherchait à renverser l’ordre en place. Leur problème majeur : l’absence d’un profil capable d’agir sans être vu.
Imahi les scruta depuis longtemps déjà, perchée sur les toits, assistant à leurs réunions clandestines entre chefs de clan.
L’objectif n’était pas la vengeance.
Il s’agissait de rétablir un équilibre.
Avant d’agir, Imahi se retira. Elle retourna se réfugier dans son appartement, inspectant ce qu’elle avait à disposition. Ses outils d’artisan, récupérés à la déchetterie. Elle ne saisissa toujours pas pourquoi les humains abandonnèrent des objets encore utilisables, parfois même en parfait état.
Elle commença à façonner de petites armes, à partir de ciseaux à bois destinés à la sculpture. Rien de sophistiqué. Juste de quoi se défendre. En parallèle, elle remit un semblant d’ordre dans son appartement.
La majorité de son matériel provenait de récupérations, de marchés aux puces gratuits, d’objets rejetés. Elle voulait savoir si elle en était encore capable. Si elle pouvait accomplir cette mission.
Car cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus fait appel à ses capacités. Depuis l’accident. Depuis ce dernier lieu de travail où tout avait dégénéré. Les humains l’avaient bannie. Elle était devenue trop dangereuse… pour eux comme pour elle-même.
Le lendemain soir, Imahi se faufila jusqu’au lieu indiqué. Une vieille salle des fêtes abandonnée, isolée, loin du village. Les malfrats étaient déjà là. Elle remarqua aussitôt des marques sur leurs vêtements dont des symboles qui lui rappelaient quelque chose. Un passé qu’elle n’avait jamais totalement enterré.
Elle attendit le bon moment.
Puis, dans un mouvement instinctif, elle bondit sur l’un d’entre eux. Son corps glissa de sa forme animale vers une métamorphose hybride, convoquant tout ce qu’elle avait enfoui pour maximiser ses chances de réussite.
Elle ne le faisait pas seulement pour être reconnue.
Elle le faisait surtout pour comprendre.
Pour découvrir ce qui s’était réellement passé autrefois.
Ce jour où tout avait changé.

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