Prologue : Avant la vie.
Dans une ville qui ne ralentit jamais, Martin est à bout.
Dépression. Burn-out. Crash.
Martin s’effondre.
Mais la vie, comme la ville, n’est jamais en manque d’oxygène.
Alors Martin s’arrête, se pose.
Le seul remède à son esprit défragmenté : s’immobiliser pour observer le tumulte du Paris des années 1980.
Métros bondés. Néons aveuglants. Slogans placardés.
Son pansement : immortaliser sur papier glacé les instants de cette vie qui lui échappe. Cette vie qui file à cent à l’heure pendant qu’il reste sur le quai de ses doutes.
Lenny brûle de découvertes. Butine au-delà des limites.
Militant, extraverti, passionné, hyperactif, indomptable.
Les adjectifs manquent pour décrire sa soif de vivre.
Une envie constante de tout. Une existence affamée.
Le jour est sa muse. La nuit, son carburant.
Il dort pour se recharger. Mange pour le plaisir.
Boit pour étancher une soif qui ne semble pas avoir de fond.
Lorsque ces deux mondes entrent en collision, l’équilibre se fend, vacille.
Pourtant, ni Martin ni Lenny ne peuvent revenir en arrière.
Le veulent-ils seulement ?
Chaque inspiration est une renaissance.
Chaque expiration, le soulagement de ces corps en mal l’un de l’autre.
Un manque.
Un souffle.

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