Chapitre 2 : Lenny
Les hurlements s’accordent aux baffles qui crachent les paroles de la chanson « 3e sexe » du groupe Indochine.
Les murs de la boîte de nuit vibrent.
Atmosphère : sueur et alcool.
Débridée.
Libérée.
Lenny saute, tourne sur lui-même.
Sa bouche suit la mélodie.
Son cerveau bouillonne.
Une jeune femme dépose un baiser sur ses lèvres.
Lenny frissonne.
Un jeune homme l’enlace.
Serre sa taille, se colle dans son dos.
La main de Lenny glisse dans ses cheveux longs. Effleure son oreille percée.
L’ardeur du jeune homme l’embrase. Ses lèvres glissent dans son cou. Insiste. Le dévore sans retenue.
Lenny bascule la tête en arrière. Ses yeux se révulsent. Incontrôlable.
Respire !
—
Six heures du matin.
Le petit groupe titube jusqu’au 46 de la Rue du Poteau.
La musique bat encore à leurs oreilles. Leurs corps incandescents.
Lenny pousse la porte cochère, les autres le suivent.
L’air du studio est saturé de tabac froid et de marijuana.
Un pouf orange. Une table basse sur laquelle s’amoncellent les bouteilles vides. Les cendriers débordent. Lumière rouge tamisée par un foulard nonchalant. Lampe à lave.
La chaîne hi-fi s’allume.
Mylène Farmer – Sans contrefaçons.
Lenny attrape la taille de son éphèbe.
Leurs bouches se trouvent.
Exaltation.
Ils se laissent tomber sur le canapé usé.
Les vêtements s’évaporent.
Chaleur. Sueur.
Le mélange s’intensifie.
Les mains caressent, les langues goûtent, les sexes en érection.
Les corps glissent de l’un à l’autre.
La fragilité de la nuit s’évanouit dans les gémissements.
Lenny retient son souffle.
La fumée lui pique les yeux.
Vivre ?
Survivre !
Épuisé d’avance.

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