Chapitre 7 : Martin
Les slogans revendicateurs s’éloignent.
Peu importe, Martin est sourd, immobile sur son banc.
Le soleil se reflète sur les remous de la Seine dans un ballet hypnotisant.
Une larme lui échappe.
Son pouce presse à nouveau le déclencheur.
Un sourire s’étire, glacé tel le souvenir figé de cet inconnu.
De son regard.
La lumière…
Autour de lui, le monde reprend son souffle.
Une minute ? Une heure ? Une vie ?
Le temps n’a plus d’importance.
Pourtant, un doute s’insinue.
Une peur sourde, viscérale.
Et si…
—
Les dernières lueurs du jour lèchent déjà les toits de la capitale lorsque Martin pousse la porte de sa chambre de bonne.
Il se laisse tomber sur son lit, las mais vivant.
Une étincelle ne le quitte plus.
Une chaleur enfouie, discrète mais concrète.
Il lève la main, relit les mots.
34 rue Berzélius
22h
Lenny
Ses yeux s’écarquillent. Il se redresse d’un bond.
Il n’avait pas remarqué ce prénom qui immédiatement lui colle à la peau.
Mais aussitôt, son sourire se fane.
Un malaise grandit, une boule se forme.
La nuit. Une adresse inconnue. Un mystère tout juste prénommé.
Danger !
Sa respiration s’accélère. Son cœur bat à ses tempes.
Une crise d’angoisse.
Il se lève et se précipite dans la salle de bains.
En suis-je seulement capable ?

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