Chapitre 14 : Entre deux souffles

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Plusieurs minutes s’écoulent au son du cliquetis régulier des rails.

Les souffles s’apaisent, les cœurs ralentissent, le feu s’atténue.


— Ça va ?

Lenny se relève avec peine et s’assoit à côté de Martin.

— Je me sens vivant, pas toi ?

Martin ironise.

— J’ai plutôt l’impression de faire une crise cardiaque.

Lenny lui donne une tape sur la poitrine.

— Ton p’tit cœur survivra, ne t’inquiètes pas.

Martin se redresse et pose ses coudes sur ses genoux.

— Merci…

Lenny esquisse un sourire.

— Avec plaisir.

Leurs regards se croisent.

Un rire leur échappe.

Le silence retombe, léger.


— Dis-moi ton nom ?

Martin se tourne vers Lenny, un sourire gêné aux lèvres.

— Tu me demandes ça comme si c’était une faveur.

Lenny se mord les lèvres, hésitant.

— J’ai besoin de le savoir.

Martin fronce les sourcils.

Leurs regards se croisent à nouveau.

Les esprits échangent.

— Martin.

Lenny soupire, puis répète à voix basse.

— Martin…

Le mot glisse sur ses lèvres comme s’il cherchait à le goûter.

— Ce n’est pas un beau prénom, je sais…

Lenny le coupe.

— Je le trouve magnifique. Il te va bien.

Un nouveau regard, puis un gloussement.

— Le tien aussi est magnifique. Et il te va très bien également.

Lenny baisse la tête, le rouge aux joues.

Martin inspire avec force, expire.

— Tu sais, je ne suis pas le genre de garçon à faire ce genre de choses.

Lenny se tourne vers lui, attentif.

— Il y a quelque chose chez toi…

Martine cherche ses mots.

Lenny le devance.

— La lumière ?

Martin hoche la tête.

Il hésite une seconde, soupire.

— Je ne comprend pas et ça me fait peur…

Lenny hoche la tête, les lèvres pincées.

— Je ne sais pas non plus…

— Alors… pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi ce soir ?

Lenny fronce les sourcils, secoue la tête, puis hausse les épaules.

— Je te retourne la question.

Martin se recule, hésite.

— J’ai…

Il reprend son souffle, puis murmure.

— J’ai peur que tu disparaisses comme tu es apparu.

Lenny sent son cœur se serrer.

— C’est bien mon genre…

Il hésite à son tour, souffle.

— Je ne peux rien te promettre…

Leurs regards se croisent à nouveau, s’interrogent, indulgents et sincères.


Martin esquisse un sourire timide.

Lenny pose sa main sur son épaule.

Un regard et Martin laisse glisser sa tête sur ses genoux.

Lenny passe aussitôt sa main dans ses cheveux.

Martin ferme les yeux.

Lenny l’admire un instant.

— Je ne veux pas que le jour se lève…

Les mots de Martin font tressaillir Lenny, qui tente de cacher son émoi.

Délicatement, il se penche et dépose un baiser sur ses lèvres.


Autour d’eux, le temps n’a plus d’importance.

La vie se suspend à la chaleur de leurs lèvres ardentes, aux battements de leurs cœurs qui s’affolent sans vraiment savoir pourquoi.

Mais le cliquetis régulier des rails est là pour leur rappeler que le monde ne cesse jamais de respirer.

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