Chapitre 15 : Promesse
Lorsque Martin pousse la porte de sa chambre de bonne, les rayons blafards de la Lune dessinent des ombres froides sur les murs.
Il invite Lenny à entrer, puis verrouille la porte derrière lui.
— Tu as peur que je me sauve ?
— C’est plus pour empêcher d’entrer que de sortir.
Lenny sourit.
Martin se mord les lèvres.
Lenny retire son perfecto et se promène dans la pièce.
Martin l’observe avec une attention particulière.
Il saisit son appareil.
Lenny s’approche du bureau sur lequel sont éparpillées des photos et du matériel à dessin. Sa main glisse sur le papier glacé comme s’il cherchait un cliché particulier.
Un sourire ne quitte plus le coin de ses lèvres.
Il se tourne vers la fenêtre.
La vue lui arrache un hoquet émerveillé.
— C’est magnifique.
Martin appui sur le déclencheur.
Lenny le dévisage avec un air faussement gêné.
— Tu me canardes à nouveau.
Martin sourit, mais ne répond pas.
Lenny plisse les yeux, le coin des lèvres relevé.
Il retourne vers la fenêtre, minant d’observer le panorama.
Déclencheur.
Martin se déplace doucement autour de lui.
L’objectif vibre.
Lenny lui prend l’appareil des mains.
Martin se fige.
— Je ne suis pas…
— Si. Tu l’es.
Martin esquisse un sourire gêné.
Lenny sourit, presse le déclencheur.
Timidement, Martin joue avec l’objectif, tentant de déambuler le plus nonchalamment possible.
— Retire ton pull.
Martin hésite.
Lenny reste impassible.
— Fais-moi confiance.
Martin obtempère.
Déclencheur.
— Allonge-toi sur le lit.
Martin s’exécute, ses bras s’enroulent instinctivement sur son torse.
Lenny pose l’appareil et retire son t-shirt, puis ses chaussures.
Martin déglutit.
Lenny se met debout au-dessus de lui, haletant.
— Regarde la lumière.
Martin frissonne.
Ses yeux fixent l’objectif.
Déclencheur.
Lenny pose délicatement l’appareil sur le bureau.
Martin se redresse.
Leurs regards se figent l’un dans l’autre, hypnotisé par la tension dans l’air.
Pas de promesse.
Pas de lendemain.
Juste le présent.
Pourtant, Lenny reste immobile, incertain.
Martin s’approche, assuré.
Il lève la main, mais Lenny lui saisit le poignet.
Ses lèvres sont serrées. Sa respiration s’accélère.
Les yeux dans les yeux.
Pas un mot.
Doucement, sa contrainte se relâche.
Martin pose une paume sur sa joue.
L’autre sur son torse.
Ses doigts dessinent les contours du phénix tatoué.
Lenny tremble.
Il ferme les yeux, une larme lui échappe.
Martin l’ôte avec son pouce.
Ses mains se posent de chaque côté du visage de Lenny.
— Promets-moi de ne pas disparaitre.
Lenny retient un sanglot. Ses lèvres veulent refuser, mais son cœur hurle.
Ses yeux brûlent.
— Je…
Respire !
— Je te le promets, Martin…

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