Chapitre 23

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La Duchesse Althéa d’Yrwen s’inclina à contrecœur. Elle ravala ses commentaires aigres-amers à l’attention de sa souveraine. Ce n’était pas le travail qui lui manquait, avec trois ans d’absence et l'état critique de sa mère.

Mais Méora n’était pas d’humeur à écouter ses plaintes.

  • Je vais vous présenter aux professeures et aux recrues.

Le ton sans réplique de la Reine ne laissait aucune place aux refus, quels qu’ils puissent être. Althéa se contenta donc d’emboîter son pas rapide.

À mesure qu’elles approchaient de la cour d’entraînement, les cris et les sons d’armes qui s’entrechoquaient se firent plus forts, et Althéa secoua la tête pour se débarrasser de souvenirs désagréables.

La Dame de Valmyre poussa une porte et avança dans la galerie qui faisait le tour du terrain. Elle s’accouda à la barrière.

  • Observez et dites-moi ce que vous en pensez, articula-t-elle sèchement, sans un regard en arrière.

La Générale croisa les bras derrière son dos, au garde-à-vous, dissimulant sa présence dans la semi-pénombre du couloir.

Concentrée, elle parcourut du regard les soldats, jeunes comme vieux, professeurs comme élèves. Pas un n’échappa à son expertise.

Mentalement, elle les classait déjà en unités, en lignes, en rôles — éclaireurs, défenseurs, fantassins, archers, soutien magique.

Elle ne remarqua pas que Méora s’était légèrement tournée pour l’observer, les yeux plissés, les lèvres serrées.

Un combat s’envenimait et attira toute son attention : une jeune femme de petite taille, large d’épaules, retenait tant bien que mal les coups d’épée d’un grand jeune homme armé d’une lame plus longue qu’elle.

Leurs mouvements, bien qu'entraînés, manquaient de cette fluidité qui caractérisent les soldats expérimentés. Ils étaient assez bons pour une arène, mais sur un champ de bataille, ils ne feraient pas long feu. 

  • Alors, Générale ? Que—

Althéa bouscula la Reine.

Méora trébucha et se rattrapa de justesse contre le mur, pendant qu’Althéa attrapait au vol la dague de l’élève en difficulté, arrachée de la main de cette dernière par un coup trop fort de la grande épée.

D’un geste, elle s’appuya sur la barrière et plongea dans l’arène. Un coup de pied bien placé mit le grand au sol.

Elle lança la dague à la soldate qui l’attrapa sans peine.

  • Merci, —

La Générale marchait déjà vers le professeur le plus proche, qu’elle attrapa par le col sans ménagement.

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