Chapitre 23
Rentrée à la Maison d’Yrwen, Althéa s’installa à son bureau pour ouvrir sa correspondance. Les lettres s’empilaient devant elle, venues de tous horizons.
On frappa à la porte.
- Votre Altesse.
- Grégory. Je t’attendais, entre.
Un homme âgé entra dans la pièce. Vêtu sobrement, ses longs cheveux noirs striés de mèches blanches étaient retenus par un simple lien doré et noir aux couleurs de la Maisonnée. Son visage ivoire et ses yeux en amande reflétaient une vie de service.
La Duchesse s’avança vers lui et lui tendit la main. Il s’inclina pour l’embrasser, mais elle l’en empêcha et serra la sienne.
- Je souhaite te remercier pour ton travail pendant mon absence. Nos finances sont à jour, et tu as géré ma correspondance avec brio.
- Je n’ai fait que mon travail, Votre Altesse.
- Tu as fait preuve d’une loyauté à toute épreuve.
Il redressa légèrement le menton, avec une fierté discrète.
- J’en fais mon honneur, Votre Altesse.
- Si d’autres occupations ne te retiennent pas, j’aimerais que tu restes avec moi pour m’aider à reprendre en main les dossiers de mon domaine.
- Je suis à votre disposition, Votre Altesse.
- Assieds-toi, Grégory. Alors… j’ai reçu un compte rendu de l’association paysanne du domaine. Les vaches sont malades.
- Oui, j’en ai eu vent. J’ai fait envoyer nos meilleurs vétérinaires.
- Parfait. Pour l’aide matérielle, nous pouvons leur envoyer de quoi subvenir aux besoins de leurs familles pour l’hiver.
- Les moissons ont été bonnes. J’ai donc déjà fait acheminer le nécessaire afin de pallier le manque de viande.
- Ensuite, le Comte d’Hermine me propose d’investir dans ses mines de rubis. Ton avis ?
- J’ai fait enquêter. Ce scélérat n’a rien. Il enfume ses partenaires.
- Entendu. Dans ce cas, transmets le contenu de l’enquête au ministre de la Police. Il se chargera de l’affaire.
Penchés sur leur travail, la jeune femme et son employé ne virent pas le temps passer. Ce ne fut que lorsqu’une servante entra pour apporter une collation qu’Althéa réalisa qu’il était déjà passé minuit.
- Je t’ai retenu bien longtemps, mon cher Grégory. Tu dois être épuisé. Va donc te reposer.
L’homme s’inclina, s’excusa brièvement et quitta la pièce.

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