Chapitre 24
Un verre d’alcool mordoré à la main, les bottes négligemment posées sur son bureau, Althéa observait le liquide brillant.
Ce n’était pas la fatigue qui lui manquait pour se décider à aller dormir, mais l’entrevue avec la Reine la préoccupait plus qu’elle ne voulait se l’avouer.
« J’ai appris la maladie de Dame d’Yrwen, comment va-t-elle ? »
Elle avait lu une réelle inquiétude sur ses traits, et c’était précisément cette émotion qui l’avait poussée à repousser le tutoiement et les questions amicales.
Elles n’avaient plus dix ans.
La Duchesse repoussa son verre avec un soupir frustré et se mit à faire les cent pas dans son bureau.
Maître des élèves séniors de la Garde personnelle de Sa Majesté.
Un titre dont elle se serait bien passée.
Incapable de tenir en place, elle rejoignit ses quartiers, troqua sa tenue d’apparat pour des vêtements simples, enfila son manteau et descendit aux écuries.
L’odeur familière de crottin et de paille l’accueillit aussitôt. Sa monture favorite dormait dans son box.
- Désolée de te réveiller, ma belle, murmura-t-elle.
Elien piaffa pour la forme, mais ce fut tout. La bête elfique avait choisi de créer un lien avec la guerrière lors de sa dernière visite dans le Royaume des Elfes.
Althéa l’enfourcha à cru et flatta son encolure.
- Chez Marina. Tu te souviens de la route ?
La jument se mit en mouvement, adoptant un trot confortable. Confiance totale. La jeune femme leva les yeux vers la voûte constellée d’étoiles.
En arrivant dans la ville basse, Elien ralentit puis s’arrêta devant une auberge.
- Merci, ma belle.
La Duchesse contourna le bâtiment et repéra une fenêtre au troisième étage. Elle rejeta son manteau en arrière et entama l’ascension.
Parvenue à destination, elle poussa doucement le battant et se glissa dans la pièce.
Presque aussitôt, une lame se pressa contre sa gorge.
- Pas de gestes brusques.
- Marina, c’est moi.
- Althéa ! Qu’est-ce que tu fous là à cette heure-ci ? »
La guerrière se gratta la tête avec une grimace contrite.
- Je n’arrivais pas à dormir.
- Tu viens de rentrer dans ton confortable manoir et tu n’arrives pas à dormir ? Laisse-moi rire, très chère.
- Haha. Vraiment très spirituel.

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