Chapitre 31

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Althéa se redressa, investie de son rôle de professeure.

  • J’ai relevé plusieurs lacunes. Le manque de cohésion de groupe est particulièrement marqué. Je les ai fait combattre contre moi, par groupes d’une dizaine, et ils n’ont pas su s’organiser. Pourtant, ils savaient que j’étais plus puissante que chacun d’entre eux individuellement. Ensemble, ils avaient une chance de me vaincre.

Elle marqua une brève pause.

  • Ensuite, ils n’ont jamais réellement combattu. Ils se déplacent et attaquent comme des chiots aveugles. Je sens qu’ils ne sont jamais sortis de leur terrain d’entraînement. Ils manquent cruellement d’expérience du réel.

Son regard se fit plus dur.

  • Sur le plan technique, les bases sont là, mais le temps de réaction est trop long. Ils hésitent, analysent trop, et frappent trop tard.

Elle croisa les bras.

  • Oui, je suis exigeante. Mais vous m’avez demandé l’élite. C’est précisément ce que je suis en train de former.

Contre toute attente, Méora éclata d’un rire joyeux. Althéa fronça les sourcils, étonnée.

  • Vous me voyez ravie de cette analyse, Générale. Enfin quelqu’un qui ne me sert pas des « ils travaillent » et des « bientôt prêts ». Vous êtes douloureusement honnête, et c’est justement la raison pour laquelle je vous ai demandé ce service. Tous les autres ont bien trop peur de ce que je pourrais dire et me servent une vérité diluée dans un langage politique.

Elle s’essuya les yeux.

  • Je vous fais confiance, défoncez-les-moi comme il faut. Prenez tous les moyens nécessaires, peu m’importe. Je veux des soldats capables, est-ce trop demander ?

La guerrière se redressa au garde-à-vous au ton sans réplique de la dernière sentence.

  • Vous les aurez, Votre Majesté.
  • Bien.

La souveraine caressa sa chevalière d’un air pensif. Althéa reconnut sans peine la bague, symbole du pouvoir qui permettait au monarque du Royaume d’Yrwen, ou au besoin à son délégué, d’armer les chevaliers et les dames guerrières.

Elle sourit à la douce évocation de son père, qui l’avait bénie sans pompe la veille d’une bataille avant de lui donner une accolade chaleureuse.

La Reine ne pouvait pas en dire autant : le feu roi n’était pas fameux pour sa douceur à l’égard de sa fille, et Althéa doutait que cette dernière ait de bons souvenirs de son adoubement, ni même de l'existence de ce dernier.

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