Chapitre 4

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La Duchesse se fraya un chemin parmi les rangs serrés de courtisans, ignorant délibérément ceux qui tentaient de l’arrêter pour lui faire la causette. Les voix s’élevaient, les mains se tendaient, les sourires polis s’affichaient — elle n’en vit rien. Elle avançait, droite et rapide, avec pour seul objectif la sortie.

Parvenue dans la Cour Basse, elle récupéra le licol de sa monture des mains de l’employé royal à qui elle l’avait confiée. Un hochement de tête en guise de remerciement, et elle enfourchait sa jument d’un geste fluide.

Avant de partir, elle lança un dernier regard au Palais.

L’imposant bâtiment de pierre séculaire avait changé. Les murs massifs qui l’encerclaient autrefois avaient été abattus, remplacés par des terrasses et des jardins ouverts. Les fenêtres, jadis étroites et grillagées, s’ouvraient désormais largement sur la ville.

La lumière entrait partout. Ce n’était plus le Palais de la Terreur. C’était la demeure d’une jeune Reine.

Althéa détourna les yeux.

Elle guida sa monture vers les Grandes Rues. Elles s’étiraient presque en ligne droite vers les quatre points cardinaux, toutes convergeant vers le château, comme les rayons d’un soleil de pierre.

La rue de l’Est menait au port, celle de l’Ouest conduisait à la Porte Première, empruntée par les citadins désireux de gagner la campagne et ses terres ouvertes.

Au Sud s’étendait le Quartier des Commerces, vivant, bruyant, débordant de chariots et de marchandises. Au Nord, enfin, se trouvait le Quartier des Plaisirs.

Ces aménagements étaient récents. Méora les avait fait commencer bien avant son avènement, avec l’autorisation paternelle — une des rares qu’il lui avait accordées sans rechigner.

Althéa s’engagea dans la rue du Sud. Les lanternes commençaient déjà à s’allumer, et la ville changeait de visage.

Tout était bien plus vivant, comme si une atmosphère plus détendue s'était installée pour son retour. La menace de la Guerre était loin.

Elle pressa sa monture. Il lui tardait de revenir à la demeure familiale et de serrer les siens dans ses bras.

Pendant trois ans, ses contacts s'étaient limités à des lettres aussi souvent que ses devoirs le lui permettaient, mais sa mère était allité et son frère bien seul sans elle. La Maison avait besoin de sa Maîtresse.

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