II

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Tu t’élanceras comme une chatte en détresse, peut-être l'ultime et vaine tentative d’échapper à cette prédatrice qui aura pris soin de te prévenir.

Amusée, je t’observerai grandir dans mon champ de vision. D’un doigt sûr, appliqué sur le bouton idoine, je maintiendrai la porte de l’ascenseur ouverte. Tu seras enfin là, charmante, essoufflée, déjà confuse et bientôt morte. Tu poseras tes sacs de papier au sol, décolleras une mèche de cheveux bruns de ta peau rougie par la course.

Tu ne me reconnaîtras pas, car tu ne m’as jamais vue, même en photo : il m’a à ce point trompée et effacée que, nulle part, je n’ai ma place dans mon propre appartement, votre petit nid d’amour. D’une exquise bienveillance sera mon sourire ; ta sale trogne de musaraigne vénale acceptera ma bonté factice comme une bénédiction.

Dans ta misérable poitrine creuse, siliconée, je me forcerai à entendre un râle sombre, annonciateur d’une mauvaise grippe, et j’en insinuerai le doute dans ta cervelle atrophiée. Tu prendras peur, mais je serai là, te prodiguant moult conseils avisés et une pharmacopée salvatrice issue de mon sac à main. Comme tu es bête à sucer des bites en latex, tu ouvriras grand ta petite bouche et je déposerai sur cette langue, prématurément usée d’avoir léché tant de culs, cette pastille qu’on réserve habituellement à l’endormissement de grands bovins.

Nous n’aurons pas atteint le septième étage que tu auras déjà perdu connaissance, après avoir sans doute souillé cette jolie culotte de soie grège, si sexy, qu’il t’a offerte la semaine dernière en piochant sur mon compte bancaire. Ne t’inquiète pas : roulée en boule puis introduite dans ta gorge si accueillante, elle aura pour fonction de t’empêcher de glapir comme une truie qu’on égorge, si par hasard tu venais à te réveiller.

Tu tomberas dans mes bras, ma chérie, et je résisterai — c’est promis ! — à l’envie de te lobotomiser avec un pic à glace. Il est dans mon sac, entre le rasoir et le revolver. Je sais que sous la pointe acérée je ne rencontrerai pas assez de matière grise pour te faire du tort, ou seulement pour te désapprendre à écarter les cuisses au moindre claquement de doigts. Pavlov a déjà étudié ton cas, c’est une surprise pour toi, je présume ?

Je te déposerai, inconsciente, à genoux sur le paillasson, tel un sphinx soumis attendant la saillie. Ta face dans les poils rêches, souillés, la croupe offerte en vain, ton cœur sec luttant pour ne pas s’éteindre.
De tes sacs de papier, je prélèverai la demi-bouteille de son champagne préféré, celui que tu lui offres et lui fais boire pour le faire bander un peu. Je la sifflerai d’une traite, au goulot, avant d’enfoncer ce dernier dans ton petit cul de salope.

S’il te découvre avant que tu ne sois froide, c’est qu’il y a un dieu pour les enculées.
Darling, tu as toutes les cartes en main, toutes les clés pour ouvrir les portes ; ou les refermer.
C’est ton choix.

Définitif.

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