Rose la blanche

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Un deux trois nous irons au bois, quatre, cinq, six cueillir des cerises... Tiens donc ? Voilà Violette, enfin et maintenant, elle ressemble plus à une pâquerette des prairies qu’à une Violette. Je comprends mieux les paroles de Pensée. D’ailleurs pourquoi lui, il n’a pas changé de couleur ? Étrange, mais encore plus surprenant. Je les trouve bien trop joyeux ces deux-là. L’un récite et l’autre chante sous mes yeux alors que, moi, Bégonia le rouge les observe du coin de l’œil, enfin de mes pétales pardon.

Mais pourquoi encore, je les déteste, mais ne peux m’empêcher de les regarder. Ils semblent tous deux si brillants. Mais que dis-je là ? Non c’est impossible… Moi, jalouse alors que j’ai le cœur de toutes les femmes ? Comment vous dire cela : Ja-mais ! Quoique peut-être un petit peu envieux. Voilà, c’est fait je reconnais et je l’assume. Alors, oui je les envie. Même si j’ai le cœur de toutes, grâce au charme de Rose, plus encore de son effluve divin, enchanteur. Mais pourquoi donc, je me surprends à les surveiller. Surtout Violette qui trotte comme une enfant, alors que ce n'est qu'une petite pâquerette des prés. Jalousie, comment se fait-il qu’un tel mot vienne me chatouiller les pétales comme les ailes des abeilles. Ils m’agacent ces deux-là. Surtout Violette, elle n’arrête pas de réciter sa comptine, tandis que Pensée récite son mantra. Tous me cassent mon ambiance. J’ai envie de les interpeller, mais je me retrouve face à la réalité des faits.

— Hé, toi ?!

— Un deux trois… quatre, cinq, six…

— Je sais, je sais... tu n’arrêtes pas, elles seront toutes rouges !

— Mais qui me parle ?

Quoi… et en plus elle est gonflée cette Violette. Je vais devoir changer de tactique et employer les grands moyens. Mais pour cela, il va me falloir l’aide de ma voisine Rose la blanche, car bien que j’eusse eu sa passion, je ne comprends toujours pas la leur. Je reviendrai donc, tiens-toi prête ma petite.

Enfin, je l’entends plus. Ouf, sauvée.

Face à Rose, je frappe.

— Qui est-ce, encore, je ne veux voir personne, c’est compris ?!

— C'est moi, Bégonia.

— Quoi ? Bégo quoi ?

Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes aujourd’hui, j’insiste et frappe de nouveau.

— Ce n’est que moi, Bé-go-nia le rouge.

La porte s’ouvre ou plutôt les pétales blancs de Rose s’ouvrent.

— Mais il me semble enfin te connaître, presque ! Je reconnais surtout ce parfum. On dirait… mais oui, mais c’est le mien. Et cette couleur, mais c'est la mienne. Voleuse !

Les pétales se referment aussitôt.

— Va-t’en ! Pilleuse d’atouts !

Je ne comprends pas… mais non. Attends, c’est pas moi, c’est Pensée. Il n’arrête pas de…

— Trouve-toi des excuses si tu veux, avec moi cela ne prend pas ! Et puis que vient faire Pensée là-dedans, laisse-le en paix, lance-t-elle en même temps qu’une ou deux épines.

— Mais arrête donc, ça pique !

— Bien fait, ça t’apprendra à me piquer mes qualités.

Bon, visiblement ma voisine Rose la blanche n'est pas d'humeur, je vais aller taper chez mon ami Géranium.

— Tiens, tiens, mais c’est Bégonia le bl… mais que t’arrive-t-il ? Tu as rougi.

Mon espoir renaît de ses cendres, peut-être qu’il me croira si je lui conte mon histoire.

— Je ne sais pas si je dois t’en faire part de… je suis devenue bien trop romantique à présent et les aveux très peu pour moi, désolée du dérangement.

Le vent souffle plus fort et me porte le chant de Violette, comme si elle m’encourageait à me confier. J’hésite de nouveau. Timide. J’en deviens plus rouge encore quand je vois son feuillage plus vert que le gazon. Que dois-je faire ? Il m’a l’air bien trop silencieux. Peut-être qu’il attend, le premier pas. Mais moi, comme dire, on m’offre à présent. Non l’inverse…

De nouveau le vent souffle avec cette fois la parole de Rose… Pilleuse de charme. Cette phrase vient se recueillir sur ses fleurs comme de fines gouttes de pluie. Ses pétales me font penser à celle du petit Pensée, ce silence est d'or. Finalement, je vais rebrousser chemin. Gênée. Je crois que je l’ai dérangée… et avant de partir, il m’interpelle.

— Dis-moi Bégonia, j’aimerais t’écouter malgré les accusations de Rose. Je crois que tout le monde a le droit d’avoir une seconde chance, non ?

D’avoir entendu sa parole, m’avait réjoui, plus encore… m’avait fait réfléchir, moi, Bégonia le rouge. Je me rapproche de lui avec l’envie de me confier comme jamais.

— Je t’écoute Bégonia.

Tout a commencé quand j’ai croisé ces deux êtres hors du commun, je crois que c’est à cause de ce jeune du nom de Ludovic qui, je crois, a été invité chez Violaine et depuis Pensée s’est mis à réfléchir méthodiquement. En suivant, ce fut au tour de Pâquerette de fredonner comme si heureuse elle était. Enfin, c’est bien plus compliqué que ça. Car la réalité la voici avant que Pensée et Violette ne soient toutes deux passées un moment à nous observer nous autres les plantes. Je me rappellerai toujours quand Anita Garden de savoir limpide avait accueilli Ludovic.

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