Chapitre 37 : The language of love

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En cet An de Grâce 2026, nous vous suggérons d'agrémenter votre lecture avec un peu de techno française : Pawlowski - Now Is The Time.

La Poule Cosmique renaît actuellement de ses cendres. Elle a complété un cycle évolutif et en ressort plus puissante que jamais : tenez-vous prêtes, ouailles volaillères !!

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=== Pdv Léo ===

Une fois que nous avons quitté le campus, Roger nous annonce qu’il va décaler à l’after au Ray Wonder. Je préfère décliner son offre en promettant que nous fêterons notre victoire un autre jour. Il faut que je me remette de mes émotions, pas que j’en rajoute. Je suis surpris lorsque je vois qu’Alan commence à lui faire la bise en lui souhaitant une bonne soirée.

  • Alan, si tu veux partir à la soirée, ça ne me dérange pas du tout ! dis-je. T’as le droit de fêter la victoire.
  • Je sais ! Mais je veux la fêter autrement, si tu vois ce que je veux dire.

Face à ces mots, tout mon être se met à rougir à en faire pâlir le drapeau de l’URSS.

  • Finalement, la soirée pourrait être un bon défouloir, ajouté-je à contretemps.
  • Je rigole, Léo. J’ai bien envie de célébrer cet accomplissement en amoureux, mais ne t’inquiète pas : j’ai déjà promis que nous prendrons le temps qu’il te faudra !
  • Euh, merci…
  • Bon allez, on te laisse Roger ! Ne bois pas trop et contrôle tes hormones, ce n’est pas maintenant que la gloire nous tend les bras que tu dois foutre une fille en cloque !
  • Pas de risque, tu connais mon dicton : quand on tripote, la suite jamais sans capote !
  • Tu viens de l’inventer, celui-là ! J’approuve !

Malgré moi, je me surprends à être pris dans leurs fous rires. Ces deux-là ont vraiment une mauvaise influence sur moi !

Une fois arrivés chez Alan, j’arrive à le convaincre de ne pas me suivre dans la douche. Pour l’instant, je préfère garder ce moment d’intimité rien qu’à moi. Alors que l’eau coule sur ma peau, je reviens mentalement sur toute cette aventure. Je n’aurais jamais cru que nous puissions remporter cet évènement après seulement quelques semaines d’existence de notre groupe. Je ne pensais même pas un jour monter sur scène ! J’ai bien fait de suivre Alan dans sa folie, sans ça, je ne sortirais pas avec lui non plus. Le moi d’avant la fac serait bien surpris s’il me voyait dans une relation avec un tel énergumène.

Une fois ma douche terminée, je me sèche et enfile des vêtements plus confortables pour passer une agréable soirée avec mon petit ami. J’ai encore du mal à admettre ça, mais ça me procure un pincement au cœur et une sensation de chaleur ma foi plutôt agréable. Je le rejoins dans le salon. Il est avachi dans son canapé, un petit carnet à la main, et ne remarque même pas ma présence, trop obnubilé par ce qu’il écrit. Je m’approche doucement et le saisis dans mes bras à l’arrière du dossier :

  • Qu’est-ce que t’écris de beau, qu’est-ce qui te passionne autant ?
  • Aaaaah ! Putain, tu m’as fait peur ! Ce n’est rien, t’inquiète. Je gribouille des trucs qui me passent par la tête.
  • Vas-y montre, dis-je en lui subtilisant le carnet. Ooooh, mais on dirait des paroles de chanson ! Je ne savais pas que t’étais aussi parolier !
  • Euh, loin de là ! Je te dis que c’est pas ouf. Rends-moi mon carnet !

Je décide de l’ignorer et de protéger à tout prix le précieux carnet. Je tâche de résister aux assauts d’Alan, qui a beaucoup plus de force que moi.

“When I see you, a song starts playing in my heart,

Your fingers are dancing on my skin, they give me the rhythm I need…”

  • Ma parole, ce n’est pas si mal ! Et ça parle de moi, ou je rêve ? demandé-je avec un sourire plein d’espoir.
  • Mouais… peut-être… Mais ce n’est qu’un brouillon. Et je ne veux pas qu’on touche à mes brouillons, donc rends-moi ça, tout de suite !
  • Non ! Pas envie.

Notre bataille-course-poursuite continue plusieurs minutes avant qu'Alan ne me pousse sur le canapé et se mette à cheval sur moi. Il me vole un baiser et profite d’un moment d’inattention pour récupérer son carnet.

Je ne l’imaginais pas pratiquer cet art. Je me demande quels autres talents il me réserve.

*****

=== Pdv Alan ===

Le mois de décembre s'installe tranquillement sur notre beau campus méditerranéen. Cela fait déjà deux mois que Léo et moi sommes ensemble. Je ne pensais pas pouvoir revivre une telle relation avec quelqu’un. Nous allons à son rythme, c’est-à-dire que pour l’instant, nous nous arrêtons aux préliminaires, mais bizarrement, cela ne me dérange pas plus que ça. Le gros baiseur que j’étais sait contrôler ses pulsions.

Je rejoins mon meilleur ami à l’entrée du Ray Wonder. Ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas accordé une soirée juste lui et moi. Léo a préféré rester chez lui pour réviser ou faire des fiches, ou bien les deux… Je n’ai jamais compris l’intérêt !

Roger, fidèle à lui-même, est déjà en train d’aborder une fille blonde qui rigole à ses blagues sûrement graveleuses. Je m’approche du bar, commande de quoi boire et vais trinquer avec mon meilleur ami et sa conquête du soir.

  • Alors ! Mon meilleur ami n’est pas trop lourd ? l’interrogé-je.
  • Non, il est même bien sympa ! C’est vrai que vous avez formé un groupe de musique !
  • Groupe de musique est un bien grand mot ! Mais ouais, on est les Asylum of Oblivion !
  • Stylé comme nom, même s’il fait dépressif et gothique.
  • Voilà ! Je te l’avais bien dit depuis le début ! renchérit Roger.
  • Elle n’a absolument pas dit que ça n’allait pas et on a gagné avec, donc on s’en fout ! Bon poupée, ce n’est pas contre toi… mais à la base, j’étais venu pour être tranquille avec ce gros con ! Donc échangez vos numéros et ne t’inquiète pas, ce beau rouquin te recontactera à coup sûr !

Roger me lance un regard noir, croyant que je viens de foirer son coup. Je n’ai pas été finaud et une fois de plus, je n’ai pas laissé ma langue dans ma poche. Contre toute attente, la jolie blonde me dévisage et lance :

  • Et si c’était avec toi que j'échangeais mon numéro, plutôt ? T’es pas mal dans ton genre mystérieux, beau brun !
  • Désolé ma jolie, mais il te manque un critère fondamental pour ça ! Disons que tu es trop féminine et que j’ai déjà un mec, mais merci quand même pour le compliment.

Une fois leur numéro échangés, l’inconnue s’en va rejoindre des copines, tandis que Roger me fixe avec des yeux exorbités, aussi ronds que deux ballons de foot.

  • J’ai dit quelque chose de mal ?
  • T’as admis être en couple, d’une façon si naturelle ! Je suis choqué ! D’ailleurs, le petit Léo satisfait ta libido aussi démesurée qu’intarissable ? C’est une grosse chaudasse ?
  • Alors non, ce n’est pas une grosse chaudasse ! On s’est arrêtés aux prélis pour l’instant et ça me convient.

Je n’ai jamais vu son visage dans un tel état d’abasourdissement. J’avoue que moi-même, je suis étonné de ne pas avoir davantage de pulsions. Soudain, je distingue derrière Roger un magnifique blond avec quelques taches de rousseur et deux boucles à l’oreille droite. Il se déhanche sensuellement sur la musique, franchement, il n'y a pas idée d’être aussi beau ! Il faut se retenir de lui sauter dessus fissa ! Comme un mantra, je répète ces mots : “je suis en couple”, “ je suis en couple”, “je suis en couple”, en couple ?

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