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A l’Elysée, le président et les personnes qui l’entouraient pouvaient suivre les opérations comme s’ils étaient présents sur le bateau. Ils voyaient sur l’écran les champs de vision de chaque groupe de forces spéciales : des images monochromes vertes qui faisaient apparaître de forts contrastes.
A côté, un drone offrait une vue d’ensemble en vision infra-rouge. Les éléments y apparaissaient dans différentes couleurs, les objets dégageant de la chaleur étant soulignés par des teintes plus vives. Les conduites de GNL apparaissaient dans des couleurs beaucoup plus sombres.
Les trois groupes des forces spéciales étaient reconnaissables, progressant avec précaution au même rythme, alignés de part et d’autre du pont du navire, ALPHA A et B sur les bords et ALPHA C au centre.
Une personne non identifiée se trouvait sur le passage du groupe central.
Alexandre entendit un murmure d’incompréhension parmi les participants quand ils virent l’individu tirer sur ALPHA C. Il sentit la main de sa voisine s’agripper à son bras.
L’équipier à droite de Sébastien laissa échapper un grognement de douleur, touché par un tir. L’enseigne de vaisseau et son équipier ripostèrent immédiatement en pressant chacun deux fois la queue de détente de leur HK G3. La cible s’écroula. Le bruit des coups de feu des deux forces spéciales avait été étouffé par les silencieux, pas ceux du terroriste. S’approchant de l’adversaire à terre, Sébastien confirma qu’il était mort. Son compagnon était déjà en train de donner les premiers soins au blessé. La balle avait touché la cuisse gauche qui saignait abondamment. Son équipier appliqua un garrot en amont de la plaie pour stopper l’hémorragie, qu’il comprima avec un tourniquet. Par chance, les balles n’avaient pas percé les cuves.
Sébastien considéra en silence la nouvelle configuration. Ils avaient été abusés par un terroriste déguisé en membre d’équipage et il était probable que les trois autres avaient également adopté la même tenue. Par ailleurs, un de ses hommes devait être évacué d’urgence. En outre, il était désormais avéré que les terroristes ne portaient pas tous leurs portables sur eux, questionnant la fiabilité des informations communiquées par le Tonnerre. Enfin, Sébastien notait que le terroriste neutralisé portait une radio : son silence allait bientôt révéler à ses camarades la présence des force spéciales.
Il donna l’ordre aux groupes A et B de stopper leur progression et de détacher chacun un homme pour renforcer le groupe C. Lorsque les deux renforts firent leur jonction avec le groupe C quelques secondes plus tard, il confia le blessé à un binôme chargé de le conduire jusqu’à l’échelle de coupée.
Il donna ensuite l’ordre aux trois binômes de reprendre leur progression.
Abou Saïf se réveilla en sursaut. Il lui semblait avoir entendu des détonations au milieu des grondements du gaz dans les cuves. Saisissant sa radio, il pressa le bouton en demandant en arabe « Farid, Abdul, me recevez-vous ? Répondez. »
Dans un grésillement, il entendit à travers sa radio une voix lui répondre en arabe : « Ici Farid, positif, je te reçois. »
« Abdul, peux-tu confirmer que tu me reçois ? »
Aucune réponse ne venait de la part d’Abdul qui était en faction sur le pont.
Le silence d’Abdul était anormal. Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose : l’assaut avait commencé. Abou Saïf décida de réveiller Abdelmalik et de rejoindre Farid sur la passerelle.

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