7-3

2 minutes de lecture

Abou Saïf et Abdelmalik firent irruption sur la passerelle. Farid et Préville, qui était de quart, tournèrent la tête à leur arrivée.

Tout semblait calme. Mais Abdul n’avait toujours pas donné signe de vie.

En français, Abou Saïf ordonna à Préville d’allumer toutes les lumières extérieures du navire. Regardant à travers les vitres de la passerelle le pont désormais éclairé par une lumière crue, le chef des terroristes nota qu’un pied dépassait de l’enchevêtrement de tuyaux : un corps avait été mal dissimulé.

Il eut le sentiment furtif de voir un mouvement légèrement sur la droite de son champ de vision. Mais en scrutant plus attentivement la zone, il ne détecta aucune présence suspecte. Il avait la curieuse impression de jouer à ce jeu d’enfant où il faut avancer le plus loin possible pendant qu’un camarade le dos tourné compte jusqu’à trois. Une fois le décompte terminé, l’enfant se retourne et tous ceux qui sont encore en mouvement sont éliminés. « Sauf que cette fois, l’élimination signifie la mort », pensa-t-il mécaniquement. Maintenant que le compte à rebours était enclenché, la poussée d’adrénaline avait chassé la peur.

Aveuglé par la violente lumière qui inondait désormais le pont du Surcouf, Sébastien n’eut que le temps de se cacher derrière les tuyaux avec son binôme. Il nota que le blessé et ses deux acolytes étaient également dissimulés par le bloc du subcooler. Sur le moniteur qu’il portait à son bras, il vit avec soulagement que les deux autres binômes se trouvaient désormais chacun de part et d’autre du château arrière, invisibles depuis l’intérieur de la passerelle.

A travers sa radio, Sébastien donna l’ordre aux hélicoptères d’entrer en scène : « ALPHA à BRAVO 1, 2 et 3, nous passons en phase 2, je répète en phase 2. » L’identifiant BRAVO était celui des hélicoptères. Chaque trinôme initial étant identifié par une lettre A, B ou C. Il instruisit également les deux zodiacs de venir se placer sous l’échelle de coupée. Enfin, il donna l’ordre aux deux binômes latéraux de s’introduire dans le château arrière et d’envoyer l’équipage vers l’échelle de coupée pour être évacué.

Le bruit des hélicoptères ne tarda pas à se faire entendre en s’amplifiant. Ils se placèrent comme convenu l’un à l’arrière du navire, les deux autres faisant face à la passerelle, l’un à droite et l’autre à gauche. Chacun alluma de puissants projecteurs qui à leur tour révélèrent quatre personnes sur la passerelle. Tous revêtus de la tenue réglementaire de l’équipage du méthanier. En revanche, seuls trois individus portaient un fusil d’assaut.

Sébastien avait profité de l’entrée en action des hélicoptères pour se faufiler à l’intérieur du navire, à la suite des deux autres binômes. Ces derniers avaient déjà pris contact avec de nombreux membres d’équipage. Le bruit des hélicoptères avait achevé de réveiller les autres matelots. Tous se pressaient désormais vers l’échelle de coupée pour s’échapper au plus vite de l’enfer.

Le chef des forces spéciales scrutait les visages des marins. Il voulait identifier Préville et Karem. C’est ce dernier qu’il reconnut parmi le flot des matelots philippins. Il lui mit la main sur l’épaule et l’interrogea en français « Vous êtes Karem ? ».

L’autre fit un signe d’assentiment de la tête.

« Où est Préville ? » demanda l’enseigne de vaisseau.

« S’il n’est pas là c’est qu’il doit être de quart sur la passerelle. »

« Suivez-moi » enjoignit Sébastien avec autorité.

Les militaires prirent les escaliers en direction de la passerelle, quatre étages plus haut. Karem les suivait à quelques pas.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Kerdrean ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0