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Abou Saïf savait que ses ennemis étaient désormais sur le bateau. Il attendait ce moment depuis qu’il avait posé le pied sur le méthanier. Sa résolution à faire sauter le navire était inébranlable, mais il avait bien l’intention de résister le plus longtemps possible à l’assaut des kouffars.

Un bruit qu’il reconnut aussitôt parvint à ses oreilles. « Des hélicoptères » pensa-t-il.

Et en effet, quelques secondes plus tard, il vit deux de ces énormes insectes se mettre en vol stationnaire de chaque côté du bateau. Ils avaient de puissants projecteurs qu’ils braquaient sur eux et qui les aveuglaient.

Il ne savait pas quel ordre donner à ses hommes.

Il vit Abdelmalik sortir de la passerelle par une des portes latérales et faire feu sur l’un des hélicoptères. Il pouvait entendre le Belge maudire les soldats en français et en arabe, tout en déchargeant ses chargeurs en direction de l’hélicoptère. Cela ne dura que quelques secondes avant que le djihadiste, frappé par un tir ennemi, ne bascule dans le vide sur le pont en contrebas.

Abou Saïf échangea un regard avec Farid. Ils n’étaient plus que deux.

Arrivés derrière les portes donnant accès à la passerelle, ils entendirent des échanges de tirs. Puis Sébastien distingua dans son oreillette : « BRAVO 3 pour ALPHA. » Sébastien se souvenait que BRAVO 3 était positionné en face de la passerelle à tribord.

« BRAVO 3 pour ALPHA. Un adversaire a été neutralisé, je répète un adversaire a été neutralisé. Trois individus encore présents sur la passerelle »

Sébastien comprenait que l’hélicoptère BRAVO 3 avait réussi à éliminer un des terroristes par un tir de précision. Il en restait donc deux, avec un membre d’équipage, vraisemblablement Préville.

Sébastien fit signe à ses hommes de se positionner derrière les deux portes d’accès de la passerelle.

Il approcha les lèvres de sa radio et prononça « ALPHA à BRAVO, ALPHA A et B en position pour assaut dans 10 secondes. »

Karem observait la scène, en retrait. Il avait l’impression d’être plongé dans un film d’action.

Au signal de leur officier, chaque groupe poussa simultanément la porte devant eux et les soldats firent irruption sur la passerelle. La vaste salle était puissamment éclairée depuis l’extérieur par les hélicoptères.

L’un des deux terroristes survivants esquissa un mouvement pour diriger le canon de son arme vers les assaillants mais il fut rapidement abattu par ALPHA A.

Les forces spéciales eurent en revanche du mal à localiser l’autre terroriste qui s’était, volontairement ou non, intercalé entre BRAVO 1 et ALPHA B, de telle sorte que les militaires étaient aveuglés par le faisceau du projecteur. Le terroriste mit à profit les quelques centièmes de seconde de répit pour se placer derrière Préville – resté à la barre du navire – et l’utiliser comme bouclier contre les forces spéciales. Il tenait le marin en joue.

Les personnes présentes dans la salle de réunion de l’Elysée retenaient leur souffle. Elles avaient assisté à l’arrivée des forces spéciales, à l’échange de tirs sur le pont du navire et à leur jonction dans les entrailles du château arrière. Elles pouvaient en outre voir les membres de l’équipage descendre les uns à la suite des autres l’échelle de coupée et prendre place dans les zodiacs CHARLIE 1 et 2.

Ils avaient été aux première loges pour voir l’arrivée des hélicoptères. L’un des terroristes se tenait alors à l’extérieur de la passerelle, sur l’aileron tribord utilisé habituellement pour surveiller les manœuvres de mise à quai. Il ouvrit le feu sur BRAVO 3 qui répliqua immédiatement. Le tireur de précision n’eut aucun mal à éliminer la menace.

Les deux autres terroristes étaient à l’intérieur de la passerelle. Et on pouvait sentir un certain flottement parmi les hélicoptères dont les échanges indiquaient qu’ils n’identifiaient pas de cible avec certitude.

Entre temps, les équipes ALPHA avaient progressé jusqu’à la passerelle et s’apprêtaient à intervenir.

Puis les évènements s’enchaînèrent très rapidement. Ils virent les commandos donner l’assaut à la passerelle et éliminer un des deux terroristes.

Il ne restait plus qu’un des terroristes et un marin du Surcouf sur la passerelle.

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