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Sébastien réalisa avec dépit qu’’il n’était pas possible de tirer sur le terroriste survivant sans prendre le risque de toucher l’officier de marine.

Le terroriste le regardait avec un air de provocation. Sans dire un mot, il saisit un boitier noir de sa main libre et, regardant Sébastien dans les yeux, appuya sur le bouton.

Rien ne se passa.

Le djihadiste poussa un juron en français en lançant un coup d’œil furieux à Préville. Il comprenait que le marin avait désamorcé les charges explosives.

Tout en le tenant sous la menace de son arme, le terroriste étendit le bras vers le tableau de contrôle du méthanier. Il avait passé suffisamment de temps sur la passerelle pour comprendre quel levier actionner pour augmenter la puissance des moteurs.

Il fit remonter la manette jusqu’à sa butée.

Les personnes présentes sentirent le bateau bouger légèrement, puis prendre lentement de la vitesse.

Sébastien avait compris l’intention du terroriste : à défaut de faire exploser le méthanier, il voulait le lancer à toute vitesse sur le premier obstacle venu : un autre bateau ou la côte.

Il était 4h45 dans le détroit d’Ormuz et l’horizon commençait déjà à s’éclaircir à l’est. La scène semblait désormais figée. Un seul terroriste avait pris en otage un membre d’équipage et tenait en respect les forces spéciales.

A l’Elysée, on entendit l’enseigne de vaisseau s’exprimer par radio. « ALPHA à DELTA 1 et 2, phase 3, je répète phase 3. »

Alexandre et Victoria n’avaient aucune idée en quoi la phase 3 pouvait consister. Apparemment, le président non plus.

Ils virent ce dernier se tourner vers le CEMAT pour comprendre de quoi il s’agissait. C’est le CEMM qui répondit.

« Monsieur le président, la phase 3 était gardée en réserve pour l’hypothèse où il serait nécessaire d’agir sur la trajectoire du bateau. » expliqua calmement le plus haut gradé de la marine nationale avant de poursuivre.

« Il s’agit de mobiliser deux puissants remorqueurs prépositionnés dans la zone et les faire aller au contact du navire. »

Sur l’écran, un encadré montrait la position du Surcouf par rapport à la côte et aux autres navires. Alexandre voyait le point représentant le méthanier se mouvoir plein sud. Compte tenu de sa vitesse croissante et du positionnement des navires militaires qui croisaient dans la zone, il estimait de manière grossière que le Surcouf risquait une collision avec un bâtiment militaire dans les cinq prochaines minutes. Et en tout état de cause, il aurait atteint la côte des Emirats aux environs de la ville de Ras el Khaïmah dans la prochaine demi-heure.

L’auditoire regardait incrédule l’imposant navire sur l’écran dans le jour naissant, désormais bien visible grâce à tous les éclairages, avancer à vitesse accélérée vers le collier de bâtiments de guerre qui l’entourait.

Le Surcouf n’était plus qu’à 2000 mètres du bâtiment militaire se situant dans sa trajectoire. Ce dernier était identifié comme un navire américain.

Les spectateurs voyaient la distance entre les deux navires se réduire inexorablement.

Plus que 1500 mètres. Alexandre sentait la main de Victoria serrer son bras comme un étau.

1000 mètres. Le rythme cardiaque de l’audience s’accélérait.

500 mètres. Le navire militaire semblait avoir pris conscience du danger et les spectateurs le voyaient amorcer une manœuvre d’évitement.

250 mètres. Le Surcouf arrivait à pleine allure vers le navire militaire qui avait du mal à accélérer.

100 mètres. La collision semblait inévitable.

50 mètres. La puissance des moteurs du bâtiment américain commençait à produire des effets. Le bouillonnement blanc de l’eau brassée par les hélices était clairement visible dans les premières lueurs de l’aube.

20 mètres. Il y avait désormais un espoir d’éviter la collision si le bateau américain augmentait encore sa vitesse.

10 mètres. Le destroyer américain était en train de se dégager et les spectateurs laissèrent échapper un soupir de soulagement quand le méthanier passa à l’endroit où il se tenait quelques secondes auparavant. La pression sur le bras d’Alexandre se relâcha sensiblement.

La collision avait été évitée, mais le Surcouf continuait sa course folle droit devant lui.

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