Chapitre 1 - L'Affectation (partie 1/4)
Les odeurs organiques, industrielles, constantes, traversaient la ville sans jamais s'arrêter, donnant à chaque mouvement une légère résistance. Comme si quelque chose le freinait en permanence. Puis la chaleur s'imposa, dense, collée à sa peau, accrochée à sa nuque, glissant le long de son dos jusqu'à s'infiltrer dans sa respiration. L'air était lourd. Chargé. Saturé.
Ça lui arracha un infime ralentissement, juste un micro-décalage dans le rythme, presque imperceptible, mais réel. Ses poumons tirèrent un peu plus fort, ses épaules se tendirent sans qu'il y pense.
La sensation lui déplaisait. Pas assez pour l'agacer vraiment, mais suffisamment pour éveiller quelque chose de plus diffus. Une gêne sourde. Difficile à ignorer.
- ''Réduction thermique, Filie.'' Pensa-t-il.
- ''Oui, Eno.''
Sous sa peau, les modules thermorégulateurs prirent le relais en silence. Un frisson discret parcourut ses tissus. Les nanocanaux redirigèrent l'excédent thermique, les pores se resserrèrent. La chaleur ne disparut pas. Elle fut déplacée. Expulsée par vagues fines dans l'air déjà saturé.
En quelques secondes, la sensation s'atténua.
La température n'était plus une perception. Juste une donnée contrôlée. Et partout, la ville continuait de chauffer, gonflée par tout ce que les corps refusaient de garder.
Eno continua sans ralentir, s'engageant sur le pont gravitationnel suspendu dans le vide. Sous ses pieds, la surface bleutée vibra à peine. Dans l'angle supérieur gauche de son champ de vision, l'Interface s'activa. Une surimpression verte, nette, douce.
- ''Accès autorisé.'' Confirma Filie.
Le pont l'avait reconnu avant même qu'il n'y pose pleinement le pied. Signature biométrique, empreinte neuronale, synchronisation instantanée à Filie.
À côté de lui, les corps se frôlaient, se heurtaient.
Une foule constante. Mais aucun corps ne se ressemblait vraiment. Certains n'étaient presque plus que des structures mécaniques : membres synthétiques exposés, articulations chromatiques visibles, matière artificielle assumée sans chercher à imiter la chair.
D'autres conservaient une part organique, mêlée à des optimisations discrètes mais trop nettes pour être ignorées : un œil bionique saillant, une main restructurée, des segments greffés au cou d'une couleur étrangère à la peau.
Et puis il y avait ceux qui, comme Eno, ne laissaient paraître presque rien. Une peau intacte en surface, presque vierge. Mais sous laquelle les implants existaient pourtant, enfouis, silencieux.
Au-dessus, l'espace s'ouvrait sans limite.
Les gratte-ciel s'élevaient en colonnes démesurées, leurs façades parcourues de réseaux lumineux, veines de données pulsant lentement sous des couches de matériaux composites. Plus les tours montaient, plus elles se diluaient dans une masse de nuages gris, épais, saturés de particules : des champs de condensation artificiels chargés d'absorber la chaleur rejetée par la ville. Par moments, des éclairs sourds circulaient à l'intérieur, relâchant l'excédent accumulé.
En dessous, les structures s'effaçaient.
Les tours plongeaient si bas que la lumière finissait par s'y perdre, avalée par une brume blanche et opaque qui saturait les niveaux inférieurs. Cette masse artificiel filtrait les résidus chimiques, les microparticules industrielles, les fragments nanotechnologiques saturant l'atmosphère.
Autour de lui, les strates médianes basses respiraient différemment. Plus dégagés. Moins chargés. Comme si la ville avait choisi de concentrer son étouffement ailleurs ; vers les niveaux supérieurs.
Et partout, les deux cent cinquante niveaux se succédaient. Des plaques urbaines entières suspendues dans le vide, certaines parfaitement visibles, d'autres masquées par des structures intermédiaires ou des écrans atmosphériques. Par moments, des ouvertures laissaient entrevoir les couches au-dessus ou en dessous, puis la vue se refermait aussitôt. Bouchée par un nouveau fragment de ville.
Rien n'était continu.
Tout était stratifié.
Une architecture verticale découpée en couches, empilées ou décalées les unes aux autres. Chacune avec sa propre circulation, ses propres règles. Et entre elles, un enchevêtrement de ponts, de routes suspendues, de passages mouvants, ajustant en permanence leurs trajectoires pour absorber le trafic sans jamais figer la structure.
Et à perte de vue, des gens. Compactés. En mouvement constant.
La ville ne dormait jamais. Elle bougeait. Elle recalculait. Elle illuminait.
L'éclairage venait de partout. Des néons de toutes les couleurs incrustés dans les structures, projetés dans l'air, réfléchis sur les surfaces. Et surtout, ces Push publicitaires cognitifs qui occupaient chaque espace disponible, glissant d'un point à un autre, s'imposant dans le champ de vision, adaptant leurs formes, leurs messages.
Un Push éclata à sa droite, trop proche, trop vif. Puis d'autres suivirent.
- ''Faut que je les vire.'' La pensée glissa vers Filie.
- ''Filtres visuels. Coût : quinze édits. Tu veux payer ?''
- ''Ouep, retire-moi ça.''
Nette. Immédiate. Les Push s'éteignirent d'un coup, arrachés à son champ de vision. L'espace retrouva sa lisibilité. Plus de corps nus pour capter l'attention. Plus de vendeurs injectés dans l'Interface. Plus d'appels au recrutement pour l'anneau orbital. Juste les structures, les trajectoires, le mouvement.
Il continua d'avancer. Le pont se termina, le hall de la gare s'ouvrit devant lui.
- ''Accès autorisé.'' Précisa Filie.
La translation ne cessait jamais, elle se transformait simplement, glissant d'un espace à un autre. Son corps suivait sans effort, s'ajustant aux trajectoires autour de lui. Les gens passaient, se croisaient, s'évitaient sans ralentir, leurs implants synchronisés au Flux.
La rumeur de la gare le traversa d'un seul bloc. Un enchevêtrement de voix superposées, de pas croisés, de frottements diffus, de petits chocs qui remontaient dans les structures jusque dans son crâne. Tout circulait en même temps, sans pause, sans vide.
Et puis, au cœur de ce tumulte, quelque chose attira son attention.
Une voix d'adolescent.
Trop jeune pour retenir son timbre, trop brute pour rester enfermée dans son silence intérieur. Elle s'échappait, libre, imparfaite, portée sans réserve dans l'air saturé. Pas distincte. Pas complète. Juste un fragment de chant, un fil fragile pris dans la masse sonore, une mélodie distraite qui flottait entre deux respirations.
Presque rien.
Mais suffisamment pour exister autrement.
- ''Je la connais...''
La mélodie se posait déjà quelque part en lui.
- ''ChromatiKe - Passé oublié.'' Répondit Filie.
Son inspiration s'ouvrit un peu plus. Son attention suivit cette ligne fragile sans même qu'il cherche à la retenir, et avec elle vint l'envie immédiate d'autre chose. De rythme. De matière sonore.
Sa main plongea dans son sac et trouva aussitôt son casque noir. Épais. Massif. D'un autre âge.
Le contact familier pesa dans sa paume avant de venir se caler sur ses oreilles. Il ajusta l'arceau, verrouilla la pression contre son crâne. Une habitude ancienne, précise. Adolescent, il l'avait bricolé lui-même ; une dérivation directe vers son Interface neuronale, un contournement brut des protocoles standards.
La musique se lança. Elle entra en lui sans résistance. Le rythme s'imposa dans ses appuis, sa démarche se recalibra d'elle-même, plus souple, calée sur la cadence qui battait dans ses oreilles.
Sa tête accompagna légèrement.
À peine.
Le bruit de la gare continua d'exister autour. Mais tout recula légèrement. Comme si la ville acceptait, pour quelques minutes, de lui laisser sa propre cadence.
- ''Proposition : amélioration de la qualité. Directement en auditif interne. Zéro perte.'' Fit Filie.
- ''Je sais.'' Il ajusta le casque sans ralentir. ''Mais je préfère ça.''
- ''Détection : préférence irrationnelle.''
Un souffle passa entre ses dents, un rire bref.
- ''Non. Émotionnelle.'' Ses yeux glissèrent sur la foule. ''Avec ça, quelqu'un peut venir me parler s'il est intrigué. Et j'entends encore le monde autour.''
- ''Option disponible : filtre social. Résultat : silence complet, refus d'interaction affiché directement sur l'Interface des interlocuteurs.''
- ''Non merci.'' Un léger mouvement de tête, calé sur la musique. ''Je veux pas m'isoler. Et puis j'aime bien sentir le truc. Même si le son est moins propre.''
- ''Moins précis de 38,7%.'' Rectifia Filie.
- ''Mmh.''
Il poursuivit sa marche, laissant le rythme s'installer dans ses appuis, puis un panneau accrocha son regard. Une direction. La sienne. Ses sourcils se froncèrent légèrement.
- ''Analyse : cortisol en hausse de 7%. Micro-tensions musculaires persistantes. Rythme cardiaque au-dessus de ta normale. Conclusion : ton état émotionnel dérive.'' Une pause. ''Tu es de mauvaise humeur.''
Il ne répondit pas tout de suite. Ses épaules se tendirent à peine.
- ''Tu parles moins que d'ordinaire aussi.'' Ajouta-t-elle.
Un léger sourire passa sur ses lèvres, presque amusé.
- ''Je dois bosser.''
- ''C'est déjà le cas habituellement.''
- ''Ouais... Mais là c'est différent.'' Ses doigts se serrèrent. ''Là, je suis obligé.''
Eno dévia légèrement pour éviter un passant lancé à toute vitesse. Son regard suivit la silhouette qui s'éloignait, et un sourire en coin glissa sur ses lèvres, léger, sans moquerie.
- ''La purge de peine ?'' Demanda Filie.
Le sourire disparut. Filie enregistra la réaction sans la commenter. Puis elle ajouta.
- ''Fallait y réfléchir avant. Je t'avais prévenu.''
- ''Tais-toi, Filie.''
Il s'engagea dans un ascenseur à compensation gravitationnelle. La montée s'enclencha aussitôt, fulgurante, mais son corps ne chuta pas. La gravité se réorienta en douceur, maintenant ses appuis stables malgré la vitesse. Une légère pression glissa sous ses pieds, constante, maîtrisée.
Les deux niveaux s'avalèrent en quelques dizaines de secondes, perçus seulement à travers les micro-ajustements qui traversaient ses muscles et sa cage thoracique.
Les portes s'ouvrirent.
- ''Accès autorisé. Niveau 130, secteur Mitosse.''
Il sortit sans ralentir. L'air ici était différent, plus humide, chargé d'une vapeur persistante que les régulations ne parvenaient pas tout à fait à absorber. Les structures vibraient en continu, parcourues par les lignes de transvecteurs à haute vélocité, leurs passages laissant derrière eux une pression sourde qui remontait dans le sol.
Il descendit vers le quai, happé par le mouvement des corps.
La foule l'absorba sans résistance. Son corps s'aligna naturellement, trouvant sa place dans la file déjà formée, sans hésitation.
Une vibration sourde parcourut le sol. Puis le transvecteur apparut. Lisse. Une surface noire glissant dans le tunnel, maintenue en suspension par un rail de lévitation vectorielle qui annulait toute inertie perceptible. Aucun contact. Aucun bruit mécanique. Juste un déplacement pur.
Les portes s'ouvrirent exactement à hauteur des marquages au sol.
- ''Accès autorisé.'' Confirma Filie.
Il entra avec les autres. L'espace se reconfigura aussitôt, les parois internes se déployant par micro-segments pour absorber l'afflux, ajustant les volumes au plus près des corps. Des bras articulés émergèrent de la structure, l'un vint se fixer contre sa colonne, épousant l'axe de son dos avec une justesse immédiate. Pas une contrainte. Un maintien.
Les corps se stabilisèrent. Une fraction de silence. Puis le départ.
Direct.
Sans transition.
Son corps encaissa l'impulsion, les muscles se tendirent, puis retrouvèrent leur équilibre presque instantanément. La vitesse s'installa comme un état stable, intégré, sans sensation d'accélération.
- ''Vitesse actuelle : 2 000 kilomètres heure.'' Indiqua Filie.
- ''Mmh.''
Les parois restaient opaques. Il n'y avait plus que l'intérieur, cette stabilité maintenue, ces micro-ajustements constants qui recalibraient chaque appui. La vitesse n'existait pas autrement que comme un état.
Le temps glissa sans accroche.
Quinze minutes. Cinq cents kilomètres.
Puis la redistribution s'imposa. Une réorganisation des forces qui traversa son corps, ramenant l'inertie à quelque chose de familier.
Les portes s'ouvrirent.
- ''Accès autorisé. Niveau 215, secteur Datemi.''
Il sortit. Et dès qu'il franchit le seuil, l'air le saisit. Pas par la chaleur, ni par l'humidité, mais par l'odeur. Âcre. Chimique. Quelque chose de chargé qui accrochait la gorge avant même qu'il ait eu le temps de réagir.
- ''Filie...''
- ''Filtres olfactifs. Activés.''
Une fraction de seconde de latence, suffisante pour que la trace reste, accrochée au fond des poumons malgré la correction.
La lumière ici ne caressait rien. Elle frappait. Mais même dans cette netteté, quelque chose s'écrasait en surface : une couche de pollution brouillait les contrastes, tirant les couleurs vers des teintes ternes, fatiguées, presque éteintes. Rien ne renvoyait la lumière. Elle disparaissait dans les matières, absorbée sans retour.
Les structures se resserraient.
Les tours étaient plus proches les unes des autres, les rues plus étroites, l'espace entre les bâtiments réduit au strict nécessaire. Les façades portaient les traces visibles du temps et du manque : dépôts noirs incrustés dans les angles, réparations laissées apparentes, modules greffés sans cohérence, câbles courant à découvert. Par endroits, des plaques de remplacement juraient avec le reste. Certains segments entiers donnaient l'impression d'être maintenus en place plutôt que reconstruits.
La circulation aussi avait changé.
Plus rapide. Mais moins précise. Le trafic se tendait, se compressait, oscillait par à-coups. Les trajectoires se croisaient avec moins d'anticipation, les corps se frôlaient plus brutalement, les écarts se creusaient puis se refermaient trop tard.
- ''Je déteste ce coin de la planète.''
- ''Pourquoi ?'' Demanda Filie.
- ''Le côté oublié. Celui sans richesse. Ça pue le désespoir ici.''
- ''Indice de richesse inférieur de 62,4% à la moyenne planétaire. Injection d'édit réduite de 48% par Virex-Corporation dans les infrastructures locales. Revenus en baisse constante depuis 177 cycles.''
Il serra légèrement la mâchoire.
- ''Ouais... ça se voit.''
- ''Les secteurs au-delà du niveau 196 ont tous enregistré une baisse significative. Corrélation directe avec une hausse de 33% des consommations de substa-''
- ''Tais-toi, Filie.''
Un court silence.
- ''Bien... si tu veux te coucher plus idiot.''
Un souffle lui échappa, un rire discret qui passa dans sa gorge sans vraiment sortir. Il masqua à moitié le sourire qui persistait, puis reprit son avancée.
Les rues du secteur Datemi s'étiraient autour de lui, étroites, serrées, traversées en permanence par des plateformes croisées. Au-dessus, les véhicules glissaient à différentes hauteurs, suspendus sur des lignes jaunâtres translucides qui découpaient l'espace en trajectoires mouvantes.
L'un d'eux se détacha. Un décrochement rapide, quittant sa ligne pour amorcer une descente contrôlée.
- ''Transporteur réservé en approche.''
La porte s'ouvrit avant même qu'il n'arrive. Eno entra. L'intérieur s'ajusta à sa morphologie, les surfaces se modelèrent. Le véhicule repartit aussitôt.
D'ici, le nuage atmosphérique supérieur s'imposait différemment. Pas lointain comme depuis chez lui. Plus présent, suspendu au-dessus, une masse grise presque immobile qui écrasait la ville.
Puis son regard glissa vers le bas.
Il connaissait les niveaux médians. Là-bas, les strates inférieures s'enfonçaient dans l'obscurité de manière lisible, progressive, jusqu'à la brume blanche. Une profondeur compréhensible.
Ici, ce n'était plus la même chose.
Son corps réagit avant le reste. Un creux bref dans le ventre. Une tension le long de sa colonne. Ses appuis se recalèrent sans qu'il y pense, plus fermes, comme pour compenser quelque chose que son esprit n'avait pas encore formulé.
- ''Analyse : Cortisol en hausse de 27%. Adrénaline à 13%. Désynchronisation visuo-spatiale. Micro-contractions au niveau des fléchisseurs plantaires, tension le long de la chaîne dorsale. Rythme cardiaque en hausse de 18%.'' Une pause. ''Tu ressens un vertige, Eno.''
Un souffle passa dans ses narines, bref, encore accroché à la tension.
- ''C'est juste... super haut.''
- ''Chaque niveau mesure 50 kilomètres. La planète en compte 250. Tu te trouves au niveau 216, soit à 10 750 kilomètres de la brume inférieure. Ton exposition habituelle se situe autour du niveau 128, à 6 400 kilomètres du fond. L'écart de perception explique ta réaction.''
Un rire discret vibra dans sa gorge sans vraiment monter. Tandis que son regard restait accroché vers le bas, aspiré malgré lui par cette profondeur sans fin.
- ''Vu ce que je fais d'habitude... je devrais pas réagir comme ça.'' Sa mâchoire se resserra à peine. ''C'est... déroutant.''
- ''Le même type de réponse physiologique se produit durant tes entraînements, et de manière plus marquée durant tes courses. Elle est simplement masquée par l'élévation simultanée de dopamine et d'adrénaline. Ici, l'absence de stimulation positive laisse la réaction brute s'exprimer.''
- ''Mouais... mais que je tombe d'ici ou des niveaux médians, c'est pas vraiment comparable.''
Ses doigts remontèrent jusqu'à sa nuque, grattant distraitement la surface de sa peau.
- ''Une chute à cette altitude ne présente aucun risque létal. Les systèmes de sécurité automatisés interceptent toute trajectoire descendante avant franchissement d'un niveau inférieur.'' Un court battement. ''En revanche, lors de tes courses, tu me demandes la désactivation des connexions aux protocoles urbains. Les systèmes de récupération sont alors inaccessibles. En cas de chute, aucune interception possible. Risque létal élevé.''
Ses épaules se relâchèrent légèrement.
- ''J'avais pas besoin de l'info... Ça me rassure pas vraiment.''
Son regard cherchait un point d'ancrage, une fin... mais rien ne répondait. La ville s'étirait vers le bas dans une chute trop vaste pour être saisie. Et cette brume blanche, censée filtrer les niveaux inférieurs, n'apparaissait presque plus à cette hauteur. À peine une trace diffuse. Comme si le fond lui-même s'était dissous, avalé hors de toute portée.

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