Chapitre 5 - Les Cadeaux (partie 2/5)

12 minutes de lecture

Et dans ce noir-là, quand son corps tremblait trop et que le silence de la pièce exiguë devenait une pression physique, c'était toujours la main de Sept qui arrivait en premier. Chaude. Ferme. Sans un mot. Juste là.

Puis la voix, proche, presque murmurée, portant la mélodie jusqu'à lui.

Eno s'était toujours détendu à cette mélodie. À la voix de Sept. Et Sept, lui, se détendait au contact d'Eno. Le noir était devenu leur peur la plus oppressante, plus pesante encore que le froid qui, lui, finissait par passer au second plan.

Les souvenirs affluèrent, plus nombreux, plus anciens. Il se souvint des nuits. Celles d'avant Sept.

D'abord un inconnu affecté au même dortoir. L'incubateur d'à côté. Le lit d'à côté. La place d'à côté. Partout, tout le temps, sans qu'on leur ait demandé leur avis — nés le même cycle, le même jour, ensemble depuis le début.

Puis, progressivement, sans qu'il sache exactement quand. Trois, quatre cycles ? Sept était devenu quelqu'un.

Le froid avait fourni l'excuse. Sept était venu dans son lit un soir, les larmes mouillant l'épaule d'Eno sans un mot. Puis le soir suivant. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que ça devienne une évidence que personne n'avait nommée.

Ils faisaient tout ensemble. Toujours côte à côte. Inséparable.

Sauf une fois.

Un cycle complet. Cinq cents jours. Enfermés séparément. Isolés de toute forme de vie, de tout contact avec qui conque, de tout bruit autre que celui de leur propre respiration, ou de quelque mot autorisé avec leur I.A.P, dans une pièce trop petite. Une punition, une purge, pour avoir quitté les dortoirs la nuit.

Eno n'avait pas besoin de chercher longtemps pour retrouver ce que ça faisait. Le noir total. Le silence forcé. Le temps qui ne passait pas.

Quand ils s'étaient retrouvés, ils n'avaient rien dit. Ils avaient juste repris. Parce que c'était devenu indéniable, la seule forme d'amour qu'ils connaissaient, un bonheur que seul l'autre pouvait donner et que rien d'autre dans cet univers n'avait jamais approché. Une amitié plus solide qu'une punition de cinq cents jours, qui n'avait pas réussi à l'entamer.

Et les désirs de Sept, eux, étaient restés intactes. Plus forts que la peur d'être pris.

Alors ils avaient continué. À désobéir, à défier les instructeurs, les règles. Simplement. Naturellement. Comme si c'était la seule chose sensée à faire.

Mais différemment. Pas comme des enfants trop curieux. Comme quelqu'un à qui on a volé quelque chose et qui a décidé de ne plus se laisser faire. Ils avaient appris à lire les espaces avant de les traverser. À sentir un appui avant de le charger. À se faufiler là où un corps n'était pas censé passer, à grimper là où il n'était pas censé monter.

Chaque couloir interdit, chaque gaine technique, chaque structure porteuse était devenu un terrain. Leurs corps avaient changé avec, sans qu'ils s'en rendent vraiment compte. Plus souples. Plus précis. Capables de disparaître dans un angle mort ou de franchir une hauteur sans bruit, presque par réflexe.

Ce n'était pas encore du parkour. Pas de nom, pas de discipline, pas de règles. Juste deux gamins qui avaient appris à ne plus se faire prendre.

Tout ça pour un vœu. Celui de Sept : voir les étoiles. Eduka-9 ne laissait que rarement son ciel découvert, et les uniques fois où ils avaient réussi à atteindre une ouverture, il n'y avait eu que la glace et un ciel opaque, chargé, qui refusait de se dégager.

Sept n'avait jamais vu les étoiles.

Eno, lui, avait toujours suivi. Parce que son vœu était plus fort que sa propre curiosité : ne plus jamais perdre Sept. Même si au fond Eno avait toujours voulu voir, comprendre, toucher les bords de chaque chose. Une curiosité maladive, des questions qui ne s'arrêtaient pas, une façon de chercher les réponses même quand personne ne les attendait.

Jusqu'à ce qu'il comprenne, trop lentement, qu'un consommateur n'était pas censé être aussi ambitieux. Sept l'avait compris avant lui. Et avant qu'Eno ne se freine lui-même, c'était déjà la main de Sept qui le retenait. Qui le protégeait.

Son souffle se posa plus bas dans sa poitrine.

Tout revenait en même temps. La nostalgie. La douleur et la joie, mélangées, impossibles à séparer, avec cette certitude ancrée au plus profond de lui.

Sept était tout ce qu'il avait.

Avant les courses. Avant Matehet. Avant n'importe quoi d'autre. Et il était encore là. Il serait toujours là. Ils avaient toujours tout fait ensemble. Et ils feraient encore tout ensemble.

Un sourire glissa sur ses lèvres, discret, presque involontaire.

Il releva la tête vers les tours. La ville s'élevait au-dessus de lui, dense, verticale, indifférente. Et dans ce regard-là, un souvenir plus récent remonta.

La première fois qu'ils avaient vu les tours de Matehet, ils n'avaient pas compris ce qu'ils regardaient.

Quinze cycles, jeunes, incrédules. Une stase de milles-cinq-cents jours dont il ne se souvenait pas. Et puis cette fenêtre dans le couloir de transit, la seule de tout le bâtiment d'accueil, et Sept qui l'avait tiré par le bras pour qu'il regarde. Les tours s'élevaient au-delà de tout ce que les dômes d'Eduka-9 avaient pu contenir. Pas de plafond. Pas de limite visible. Juste cette verticalité qui descendait et montait encore, jusqu'à se perdre dans le nuage atmosphérique.

Sept avait dit quelque chose. Eno ne se souvenait plus quoi exactement. Juste le ton. Émerveillé et inquiet en même temps, comme si les deux ne pouvaient pas exister séparément.

Ils avaient appris la ville ensemble. Dans la continuité de leur enfance, le même réflexe, la même façon de faire. La provocation. Le défi aux autorités. Par erreur, d'abord.

La milice les avait rattrapés un soir, à peine vingt jours après leur arrivée. Sept avait volé quelque chose, une stupidité, un automatisme d'avant. Eno avait fait son premier codage sous stress intense. Les doigts tremblants, la respiration trop haute, le cœur martelant comme un tambour de guerre. Et ça avait fonctionné. La milice ne pouvait plus les identifier. Leurs signatures effacées du Flux urbain, invisibles, inexistantes. Des fantômes.

Et ils couraient déjà quand Eno avait compris qu'il n'y avait nulle part où aller. Le couloir se fermait. Les uniformes derrière. Et devant, un mur.

Ils avaient grimpé par reflexes. Et sur le toit, il n'y avait rien. Rien d'autre que le vide entre eux et la tour d'en face.

Sept avait sauté sans hésiter. Eno avait suivi parce que c'était Sept.

Ils avaient atterri de l'autre côté, maladroitement, durement, les genoux et les paumes arrachés sur le béton composite. Mais vivants. L'euphorie était arrivée après que la peur se soit formée. Les drones étaient là pourtant, alors ils avaient continué, sans réfléchir, sans technique, juste le mouvement et l'instinct. Toit après toit. Descente après descente. Les corps qui apprenaient en tombant, en ratant, en recommençant.

Puis, dans une ruelle fermée, après un dernier saut, une dernière descente, le silence. Plus de drones. Plus de poursuite. Rien. Mais leurs corps n'avaient pas su s'arrêter, portés encore par l'angoisse et l'excitation mélangées, incapables de distinguer l'une de l'autre. Alors ils avaient continué. Jusqu'à déboucher sur un toit immense, ouvert, qui surplombait toute la ville d'un seul regard.

Ils s'étaient arrêtés là, haletants, la peau fendue à plusieurs endroits, Filie et Lau déjà au travail en silence, regénérant. Sept avait éclaté de rire le premier. Ce rire trop plein, incontrôlable, celui qu'il sortait toujours quand il venait d'avoir peur et que la peur était passée. Et Eno avait suivi, les côtes douloureuses, le souffle encore court, incapable de faire autrement.

Sept était tombé à genoux, puis sur le dos. Eno avait suivi. Et ils avaient encore ri. Longtemps. Sans raison précise, sans pouvoir s'arrêter.

Libres. Vainqueurs. Un sentiment qu'aucun des deux n'avait jamais eu avant ce soir-là.

Pendant quelques secondes, allongés sur ce toit inconnu, ils avaient regardé le ciel artificiel au-dessus d'eux. Le même nuage gris. Les mêmes éclairs sourds. Mais vu de là-haut, différemment.

Après ça, plus rien n'avait jamais été pareil.

Ils avaient appris les hauteurs lentement, méthodiquement, à la manière dont ils avaient appris tout le reste dans le dôme d'Eduka-9 : ensemble, en recommençant jusqu'à ne plus chuter. Les structures de la ville étaient devenues leurs. Les saillies, les angles, les espaces entre les niveaux. Leurs corps avaient changé avec, plus souples, plus précis, capables de lire un appui avant de le toucher.

Les courses étaient venues après. L'argent aussi. Et avec l'argent, un niveau de vie qu'aucun consommateur de leur rang n'aurait dû avoir.

Mais rien de tout ça ne les avait rendus matériels. Ce qui les retenait, ce n'était pas l'endroit.

C'était l'autre.

Puis une odeur le coupa net. Inconnue. Étrangère. Mais attirante. Elle s'imposa sans prévenir, traversant l'air avec une densité presque palpable.

Il se redressa légèrement, les narines se contractant, cherchant à l'identifier. Rien ne correspondait à ses références. Pas synthétique. Pas calibré.

Sa tête pivota vers la droite. Une ruelle descendait, étroite, sombre, presque dissimulée entre deux structures.

— ''Filie... l'odeur.''

— ''Oui, filtre olfa-''

— ''Non !''

Sa réponse tomba plus vite que sa respiration.

— ''Je veux savoir ce que c'est.''

— ''Analyse : probabilité élevée d'un composé alimentaire non standardisé.''

Eno s'avança déjà.

— ''Aucun cube ne sent ça.''

Il s'engagea dans la ruelle. Les murs se resserrèrent autour de lui, absorbant la lumière. Le sol descendait en marches irrégulières, et l'odeur se renforçait à chaque pas, plus chaude, plus dense, s'accrochant à sa gorge.

Plus bas, une lueur apparaissait. Faible. Instable.

— ''Je suis dans quel secteur ?''

— ''Niveau 230. Secteur Casus. 105 niveaux au-dessus de ta zone de vie.''

Il continua. L'odeur guidait ses pas avec une précision presque instinctive. Puis il arriva devant une échoppe. Étroite. Sale. De la fumée s'échappait de conduits rudimentaires.

Il entra.

La chaleur le frappa immédiatement, plus épaisse, plus vivante. Une femme se tenait devant une surface encombrée d'objets qu'il ne reconnaissait pas. Filie répondit avant qu'il formule quoi que ce soit.

— ''Casserole. Poêle. Spatule. Couteau. Espace de préparation alimentaire non automatisé. Cuisine.''

La femme était immense. Plus grande encore que Dom, plus d'implants. Sa présence remplissait l'espace autrement, plus brute, moins structurée. Elle leva les yeux vers lui.

— Tu veux quelque chose, petit ?

Il hésita une fraction de seconde, puis désigna vaguement l'air.

— L'odeur... ça vient d'ici ?

Un sourire étira son visage. Fière.

— Oui. Ici, je cuisine des barres céréalières biologiques avec enrobage chocolaté. Activité autorisée bien sûr. Tous les permis sont en règle.

— ''Elle ment'' Affirma Eno, en l'observant.

— ''Oui. Détection : incohérence dans le schéma vocal et micro-variations physiologiques. Probabilité élevée de déclaration mensongère liée à l'activité.''

Eno sourit à son tour, presque automatiquement.

— ''Sexy...''

Il s'approcha. Sur la surface, des barres compactes étaient posées. Leur texture irrégulière retenait une matière sombre, brun profond, qui accrochait la lumière à leur base. Rien de lisse. Rien de parfaitement formé.

La curiosité remonta de son ventre jusqu'à son crâne. Il fronça les sourcils, sérieux d'un coup.

— Vous pouvez m'expliquer ce que c'est ?

La femme s'anima légèrement, une fierté tranquille dans la voix.

— Je fais venir des graines de céréalières Triticum d'Agrika-2. Elles poussent sous lumière naturelle reconstituée, cycle complet, sol vivant. Quand les tiges sont mûres je les sèche, je les broie. La pâte, je la travaille à la main, je la compacte en barre. Et la couche au-dessus... ça, c'est du Theobroma. Des fèves. Fermentées, torréfiées, fondu pour enrober la barre, puis refroidi.

Eno la regarda encore, intrigué.

— Tu en veux ?

Il resta un instant immobile, le regard accroché au produit.

— ''Ce n'est pas synthétique.''

— ''Non.'' Confirma Filie.

Il releva les yeux vers la femme.

— Oui... s'il vous plaît. C'est pour quelqu'un.

Elle hocha la tête, attrapa une barre et l'emballa rapidement.

— Trois cents édits.

Le chiffre tomba.

Une micro-tension passa dans la main d'Eno.

— ''Eno... C'est élevé. Environ 50% de ton allocation actuelle.''

— Merci. Répondit-il simplement.

Il prit le sac, sortit. L'air extérieur parut plus froid, plus sec après la chaleur de l'échoppe. Il glissa la barre dans son sac à dos et reprit sa marche.

— ''Pourquoi avoir pris un produit représentant près de la moitié de ton salaire pour Sexy ?'' Demanda Filie.

Eno haussa légèrement les épaules.

— ''C'est son truc, non ? Ça sentait bon... iel devrait aimer.''

— ''Cohérent. Mais non optimisé. Pourquoi seulement iel ?''

Il ralentit. Puis s'arrêta. Un sourire s'étira doucement sur ses lèvres.

— ''Tu as raison. Filie, commande des mastiques pour Loli. Pour Dom... Mmh. Les holo-images physiques que les Push ont promues : extrait le baiser d'hier, tu sais, quand il a embrassé Ori sur le front. Ça pourrait lui plaire. Pour Kik, son terminal... il le tient toujours en main, prends-lui une pochette de ceinture adaptée. Et je veux tout recevoir dans les minutes, passe par un transporteur-drone.''

Il releva légèrement la tête.

— ''Et conçois un programme de correction pour les systèmes d'incubation. Analyse individuelle des résidents en temps réel, mesure précise des conduits internes, adaptation automatique des paramètres même en cas d'erreur dans le code d'origine. Et pour Ori, un module légal, filtre olfactif externe sans implant, basé sur une redirection sensorielle qui absorbe les odeurs au lieu de les bloquer.''

— ''Compris. Le décodage du fichier combiné à ces programmes saturera mes capacités. Je ne pourrai plus maintenir d'échanges durant le traitement.''

— ''Ok.'' Il reprit sa marche. ''À tout à l'heure, Filie.''

Le silence intérieur qui suivit était différent des autres. Pas vide. Juste... seul. Il n'y était pas habitué.

Devant le C.M.G.S., les objets commandés étaient déjà dans son sac, déposés par transporteur-drone sans interaction humaine. Il entra, se plaça face à Loli à l'accueil. Il la déconnecta avec une douceur mesurée, bien différente de leur premier contact.

Elle émergea, en colère. Il sourit. Puis il lui tendit les mastiques. Elle écarquilla légèrement les yeux, les prit sans un mot, et se détourna déjà, le visage fermé.

Aucun remerciement.

Pourtant, juste avant de replonger dans le Flux, un détail passa. Infime. Le coin de ses lèvres.

— ''Un sourire ? Elle sait sourire, alors.''

À peine esquissé, mais réel. Eno le capta. Son torse se souleva légèrement, un petit rire lui échappa. Elle avait souri. Ça suffisait.

Il se dirigea vers les vestiaires. Les tissus glissèrent contre son corps lorsqu'il se changea, ses muscles se détendant progressivement.

Lorsqu'il eut terminé, Sexy entra, décoiffé, encore chargé de la nuit. Sa démarche traînait légèrement, ses épaules basses, le visage marqué par une fatigue évidente.

Sans hésitation, iel se déshabilla entièrement. Le mouvement fut rapide, naturel, sans retenue. Eno détourna la tête presque aussitôt, mais trop tard.

L'image s'était déjà imprimée.

Un sexe masculin, réduit, sans présence testiculaire. Et juste en dessous, parfaitement intégré, un organe féminin, complet. Les deux coexistaient sans transition, comme une évidence anatomique reconstruite.

Son regard s'était accroché une fraction de seconde de trop. Un léger blocage dans la respiration. Une tension brève dans la nuque. Il détourna plus franchement la tête, expirant lentement.

— ''Pourquoi tout le monde semble aussi à l'aise avec la nudité ?''

— '' Réponse : tu es différent. Le problème vient de toi, pas d'eux. Analyse : ta réaction face à la nudité découle directement d'un manque d'exposition et d'expérience physique significative depuis ta naissance. L'absence total d'interactions corporelles orienté vers le plaisir sexuel avec autrui amplifie ta sensibilité face aux corps. Ton système interprète ces stimuli comme une excitation involontaire et incontrôlé, d'où cette réponse marquée. Observation : cela traduit également une attente latente, orientée vers l'envie profonde de vouloir pénétrer une femm-''

— ''Stop ! Filie, ça va, j'ai compris.''

Sexy entra dans une douche-à-sec. Un souffle d'air calibré parcourut sa peau en quelques secondes. Puis iel se plaça devant son casier.

Le maquilleur s'activa. Les pigments se fixèrent, précis, maîtrisés. Rien à voir avec Loli. Quelque chose de plus net. De plus contrôlé. Toujours les yeux noirs, les traits droits sur les joues.

Quand iel eut terminé et enfilé sa tenue, iel se tourna enfin vers lui, un sourire réveillé, vivant, comme si la fatigue venait de se fissurer d'un coup.

Eno en profita. Il s'approcha.

— Tiens... j'ai pensé à toi.

Il lui tendit la barre chocolatée. Sexy resta figé une seconde, son regard oscillant entre l'emballage et le visage d'Eno, comme s'iel cherchait à comprendre.

— T'en veux pas ? Demanda Eno, une légère tension dans la voix. Mince... elle les faisait elle-même, je me suis dit que ça te ferait plaisir. Désolé si je me suis trompé.

Il commençait déjà à retirer sa main quand Sexy s'avança brusquement et attrapa son bras. Net. Iel ne parlait pas. Ses yeux étaient grands ouverts. Son visage légèrement rougi.

— Je... c'est vraiment pour moi ?

Eno sourit doucement. Il ouvrit la paume de Sexy et y déposa la barre.

— Oui. Je sais même pas ce que c'est exactement... mais ça avait l'air bien. Naturelle, de Agrika-2.

Sexy ne répondit pas. Son visage se colora vivement, ses lèvres entrouvertes laissant passer un souffle irrégulier, ses yeux brillants d'une humidité naissante.

Puis, sans prévenir, iel se projeta contre lui, ses bras venant se nouer autour de son dos. Le contact fut immédiat, chaud, plein.

— Merci... Souffla-t-iel. On m'a jamais... merci.

Eno accueillit l'étreinte sans résistance. Puis ils se séparèrent. Sa main monta instinctivement à sa nuque, un léger inconfort diffus dans le contact encore présent sur sa peau.

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