Chapitre 6 - Les Jumelles (partie 5/6)

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Eno ne pouvait plus détourner le regard. Son souffle était bloqué trop haut, incapable de descendre. Ses mains tremblaient contre le métal.

A côté de lui Ori avait fermé les yeux, les lèvres serrées contre le métal, sa respiration saccadée audible malgré le bâillon. Sexy pleurait sans retenu, le visage contre son épaule, refusant de voir. Dom fixait la barre sur l'écran, pas la jumelle, comme si regarder les chiffres était plus supportable que la regarder elle.

— ''Ne meurs pas. S'il te plaît. Vie !''

La barre progressait. Vingt-cinq. Trente.

Elle tenait.

Puis Zeta se leva d'un coup.

— Putain, putain !!

Ses yeux rivés sur les écrans. Ses mains suspendues au-dessus des commandes. Une fraction de seconde de trop.

Et tout s'arrêta.

Le Mnémophage se calma brutalement. Les vibrations cessèrent. Le corps de la jumelle se relâcha. Immobile. L'étincelle s'éteignit dans son regard. Définitivement. Une absence nette, immédiate, qui remplaça tout le reste.

Eno sentit le choc dans sa poitrine avant de le comprendre. Son ventre se contracta, ses épaules se refermèrent légèrement sur elles-mêmes. Les larmes coulèrent plus fort, sans bruit, sans retenue.

— ''Non. Non. Non !''

— Fait chier ! Cria Zeta.

Eta s'approcha.

— Quoi ?

— J'ai merdé... j'y étais presque... mais tout s'est effacé. J'ai pas compris, putain !

Il replongea immédiatement dans les données, ses doigts parcourant les touches, cherchant, disséquant les lignes. Eta fit un simple geste de la main.

La jumelle à la cicatrice fut détachée.

Son corps glissa sans résistance, traîné puis abandonné sur le tas. Trop grand. Trop dense. Elle roula lourdement en tombant, son épaule heurtant le métal dans un bruit sourd, puis son corps se retrouva sur le ventre. Son visage resta figé, dissimulé partiellement sous ses cheveux blancs.

Son collier glissa hors de son vêtement. L'anneau doré accroché à sa chaîne épaisse tomba près de sa main dans un cliquetis léger.

Eno le vit.

Quelque chose en lui s'arrêta.

Pas une pensée. Pas une émotion identifiable. Juste un arrêt. Bref. Net. Comme si son esprit avait besoin d'une fraction de seconde pour décider comment traiter ce qu'il venait de voir.

Il détourna immédiatement la tête. Son corps refusa. Mais déjà, une autre présence. La seconde jumelle. Amenée vers le siège.

Zeta expira longuement, l'air quittant ses poumons en une seule vague, puis replongea aussitôt dans le Mnémophage. Ses doigts reprirent leur danse rapide sur les surfaces rigides.

Le corps de la jumelle se tendit d'un coup, une convulsion brutale traversant ses membres sans coordination. Du sang s'échappa de ses oreilles, coulant lentement le long de sa nuque. Ses muscles se contractaient de façon anarchique, puis tout s'interrompit.

D'un coup. Plus rien.

Zeta suspendit son geste. Bascula la tête en arrière, les yeux fermés, immobile, comme s'il attendait une réponse silencieuse. Une seconde. Puis une autre.

Un sourire étira ses lèvres. Il replongea.

La barre progressait de nouveau. Lente. Instable. Cinq. Huit. Dix.

— ''Non ! Stop arrête ça !''

Le souffle d'Eno se coupa dans sa poitrine, ses côtes bloquées, incapables de s'ouvrir davantage. Mais la barre continua. Quinze. Vingt. Elle montait sans rupture, et la jumelle tenait. Aucun effondrement. Aucun arrêt.

Eno n'osait plus respirer.

Vingt-cinq. Trente.

Zeta se leva brusquement, son corps traversé par une tension vive, presque électrique, ses épaules ouvertes, son visage animé d'une excitation brute.

Quarante. Cinquante.

Tout le monde semblait suspendu, ravisseurs comme captifs. Les yeux sur la jumelle qui convulsait, sur le sang qui s'échappait des oreilles, ou sur la barre. Rien d'autre n'existait.

Soixante. Soixante-dix.

Eno n'entendait plus le grondement du Mnémophage. Seulement le martèlement de son propre cœur. Même ses pensées s'étaient tues. Il n'y avait plus que ça. L'attente. Une pression constante, partout dans son corps, qui ne trouvait nulle part où aller.

Quatre-vingt. Quatre-vingt-dix.

Zeta serra les doigts contre le rebord métallique, les yeux grands ouverts, fixés sur la barre.

Quatre-vingt-quinze.

Un soupir d'Eno. Une larme glissa sur sa joue, tombant au sol.

Cent pour cent.

La progression atteignit son terme. Le Mnémophage se coupa net. Le silence tomba d'un seul bloc.

La jumelle vivait.

Zeta éclata de rire. Un rire franc, large, incontrôlé, qui vibra dans tout l'espace. Puis il se rassit immédiatement, se pencha sur ses écrans, ses doigts déjà en mouvement.

Quelque chose céda en Eno. Une détente infime, instinctive, comme un souffle volé au soulagement. Mais aussitôt une pression remonta dans sa poitrine, serrant derrière le sternum, empêchant ce relâchement de s'installer.

— ''Il a réussi ?''

La pensée resta suspendue. Dérangeante. Parce que si Zeta avait réussi, cela voulait dire que les onze autres allaient y passer aussi. Tous. Un par un. Jusqu'au dernier. Dépouillés.

— T'as réussi ? Demanda Eta.

— Ouais. Mais en extrayant, pas en dupliquant.

— Mouais, mais encore ?

— Sur l'autre j'ai foiré, j'ai voulu copier après la réinitialisation et une sécurité secondaire a tout effacé d'un coup. Là j'ai changé d'approche. J'ai tout pris en même temps que la réinitialisation, directement. Arraché. Volé. La sécurité n'a rien détecté parce qu'elle ne cherchait pas ça, elle cherchait une intrusion, pas une extraction simultanée à la remise à zéro. Je suis descendu jusqu'à sa naissance, j'ai tout remonté, et j'ai tout pris au passage. Elle a plus rien. Plus aucune mémoire. Plus aucune sécurité non plus. Comme revenue à l'état d'embryon.

— Flippant... Dit Eta.

Eno les entendit sans vraiment saisir la dimension de ce que ça voulait dire. Les mots tournaient en lui. Tout ce qu'elle était. Tout ce qu'elle avait porté pendant tout ce temps. Effacé. Volé. Et Zeta appelait ça réussir.

— ''Ce qu'il a pris... c'est toute sa vie ?''

Le regard d'Eno revint sur la jumelle. Mais quelque chose changeait.

D'abord imperceptible, une variation trop fine pour être saisie, puis plus nette.

Ses cheveux.

La teinte glissa lentement vers un noir profond, absorbant la lumière. Sa peau se tendit légèrement, comme si une force interne venait la lisser. Les volumes de son corps évoluaient, reprenant de la densité. Les muscles se redessinaient. Son corps se tonifiait, progressivement, comme s'il retrouvait une structure oubliée.

— ''Quoi... ?''

Eta le remarqua aussi. Son corps réagit immédiatement, un mouvement sec. Il s'avança.

— Zeta... Une pause. Zeta !

Il ne répondit pas tout de suite, absorbé par les données.

— Quoi ? Tue-la. Fou-la avec les autres. On n'en a plus besoin.

La phrase tomba. Plate. Sans détour.

Eta resta immobile. Il bloquait la vue d'Eno, son corps figé dans l'instant. Puis il recula. Lentement.

Et la vision se dégagea.

Le ventre d'Eno se contracta, son souffle se stoppa net. La jumelle était... différente.

— ''Jeune. Vivante ?''

Ses yeux étaient ouverts, en amandes, marrons, naturels. Ses cheveux noirs encadraient son visage, longs, lisses. Sa peau avait pris une teinte mate, régulière. Ses traits s'étaient harmonisés, ses lèvres légèrement pulpeuses. Mais son regard restait vide, fixé sur rien.

Un clignement. Puis un autre.

Un mouvement, infime. Son pied. Sa main. Pas de convulsion. Mobilité volontaire.

Sa respiration changea, plus dense, plus profonde, sa poitrine se soulevant avec un rythme réel. Sa bouche s'ouvrit, l'air entra brutalement.

Puis elle toussa. Violemment.

Un choc sec dans son thorax, suivi d'un jet de sang mêlé à de la salive qui s'écrasa sur son haut gris. Son ventre se plia sous l'effort, chaque spasme remontant le long de sa colonne.

Eno regardait. Incapable de faire autrement incapable de penser ou de regarder autre chose. Il y avait quelque chose de malséant dans cette transformation, dans le fait de voir un corps se reconstruire sous ses yeux.

Eta recula encore. Zeta se leva brusquement, sa voix éclatant dans le hangar.

— Putain !! C'est pas exploitable, y'a que dalle, rien ! Aucune mémoire ! Pourquoi ?! J'ai... tout effacé ? Séri-

Il tourna la tête vers Eta, cherchant un appui.

Et se figea. Tous se figèrent.

La jumelle toussait encore. Vivante.

Puis les spasmes cessèrent. Son visage se détendit lentement. Elle inspira plus profondément, ses poumons s'ouvrant avec difficulté mais régularité. Ses yeux s'ouvrirent pleinement. Elle regarda. Eta. Puis Zeta. Son regard glissa, flou, perdu. Cherchant quelque chose qu'elle ne trouvait pas. Ou peut-être observant sans savoir ce qu'elle cherchait.

Elle tenta de bouger.

Ses muscles répondirent. Mais les entraves la maintenaient fermement. Elle tenta de baisser la tête, le casque la retenait, verrouillé. Seuls ses yeux bougeaient. Plus vite. Trop vite. Sa respiration s'accéléra, se désorganisa, sa poitrine se soulevant de plus en plus haut. Les larmes montèrent immédiatement, sans retenue, glissant le long de ses tempes.

Eta s'avança, arme en main, son visage métallique renvoyant une lumière froide.

Et elle se figea. Un hoquet coupé, déchiré, brut, qui traversa l'espace et vint frapper directement dans le ventre d'Eno.

— Non... me... me... m'approche... pas...

Zeta recula d'un pas, surpris, désynchronisé.

— ''Mais... quoi ?'' Pensa enfin Eno.

— Comment... elle peut parler sans... souvenir... ? Murmura Zeta.

Eta s'approcha de nouveau. Lentement. Un sourire étirant ses lèvres, trop large, trop calme. Sa main se leva, glissa sur le visage de la jumelle avec une lenteur avide.

— Putain... elle est trop belle...

Il essuya une larme de son pouce.

La jumelle frissonna. Son souffle se suspendit. Pas parce qu'il s'épuisait. Mais parce que quelque chose venait de changer en elle. Son corps le comprit avant sa pensée. Une tension différente s'installa, plus dense, plus froide. Elle se figea. Ses yeux fixèrent la main.

Zeta porta un doigt à son oreille, réflexe immédiat, prêt à transmettre à Beta. Eta tourna la tête et attrapa son bras fermement.

— Non, attends ! De toute façon, t'as raté, non ? Tu disais que t'avais rien, que dalle... que je pouvais la tuer. Donc elle sert à rien, hein ? Un embryon vide. Je peux m'amuser ? Un temps. Et tu veux pas que Beta sache que tu as merdé en n'en réveillant une, sans avoir sa mémoire en plus. Exacte ? Ton objectif c'est de rester en vie, tu me l'as dit. Tu veux prendre le risque en la prévenant ? Je la tuerais une fois fini, promis, Beta en sera rien ! Pas vrai les Theta ? Vous aussi vous pourrez vous amuser.

Zeta cligna des yeux. Son regard flottant une fraction de seconde. Comme s'il n'arrivait pas à accrocher correctement à ce qui se passait.

Puis il hocha la tête. Un mouvement bref. Presque absent.

La jumelle avait les yeux rivés sur Eta, sur sa bouche, comme si le son de sa voix lui écorchait les oreilles. Son souffle se brisa. Puis elle supplia.

— Non... pitié. Pitié... pas... ça...

Sa voix était basse. Tremblante. Juste une tentative de faire exister quelque chose dans cet espace qui ne lui laissait aucune place.

Eta sourit.

Il libéra les attaches une à une. La tête. Les jambes. Le torse. Les bras.

À peine libérée, la jumelle tenta de fuir. Elle glissa du siège, ses jambes cédèrent, ses genoux heurtèrent le sol. Elle tenta de se redresser en s'aidant des mains mais ses pieds accrochèrent en quelques pas, la panique la prit et elle tomba ventre au sol, le menton cognant le métal, la peau s'éraflant.

Le rire d'Eta éclata derrière elle, suivi de celui des Theta.

Les larmes brouillaient sa vision, son souffle était erratique. Elle rampa, ses paumes à plat sur le métal, cherchant une direction, n'importe laquelle.

Eta la laissa faire quelques secondes. Il tendit son arme à un Theta, la lâcha, puis avança. Il se mit à genoux, attrapa sa cheville. Sans effort. Sans hâte. Comme quelqu'un qui sait exactement ce qu'il fait et qui n'a aucune raison de se dépêcher.

Et la tira vers lui.

Un cri de surprise sortit de la gorge de la jumelle quand son corps fut tiré en arrière, presque aussitôt étranglé par les larmes. Elle se tendit, se débattit, ses jambes frappant l'air, ses bras cherchant à avancer. En vain. Eta posa ses mains sur ses mollets, remonta vers ses cuisses, bloquant son corps entier au sol. Et les sanglots commencèrent. Vrais. Bruts. Désarticulés. Le genre de pleures qui ne cherche plus à être entendus mais qui sortent quand même, parce que le corps ne sait plus comment faire autrement.

Zeta resta figé. Eno aussi. Mais pas de la même façon.

Zeta regardait sans voir. Ses yeux accrochaient la scène sans y entrer, comme une vitre entre lui et ce qui se passait.

Eno, lui, voyait tout. Chaque détail. Chaque mouvement. Son corps entier s'était verrouillé, ses muscles contractés sans qu'il ne puisse rien en faire, son souffle réduit à quelque chose d'imperceptible. Il ne pouvait pas intervenir. Il ne pouvait pas détourner les yeux. Il ne pouvait même pas y croire.

Il ne regardait plus qu'Eta. Il ne pouvait pas. Ce sourire. Fixe. Déplacé. Trop stable. Quelque chose dans cette expression s'imposait comme une anomalie insupportable, quelque chose qu'il n'avait jamais vu.

Ce qu'il connaissait du danger n'avait jamais dépassé la milice, les courses de parkour, les trajectoires risquées entre les structures, les chutes possibles, les impacts évités de justesse. Pour lui, c'était déjà une limite. Une intensité.

Mais ici c'était autre chose.

La violence brute. La séquestration. La mort. Et ce qui se dessinait là, sous ses yeux, sans filtre, sans distance. C'était pire que tout ce qu'il avait imaginé pouvoir voir.

Son esprit n'arrivait pas à suivre. Tout passait directement. Trop fort. Sans Filie pour filtrer, pour mettre à distance, pour lui donner un cadre, chaque détail arrivait brut et s'imprimait directement.

Une nausée remonta dans sa gorge. Lente. Constante. Son estomac se contractait, ses côtes se resserraient, et l'air passait de plus en plus difficilement.

Il ne perçut rien de ce qui se brisait autour de lui.

Dom s'était figé, les chaînes détendues pour la première fois, la stupeur ayant eu raison de sa rage. Ori pleurait en silence, les larmes coulant dans le bâillon, une incompréhension totale saturant son regard. Loli avait cessé de respirer, les yeux grands ouverts, incapable de cligner même si les larmes remplissaient tout. Meni avait relevé la tête, les sourcils levés, comme si ce qui se passait refusait d'être intégré. Sexy était figé, plus un bruit, plus un souffle. Kik, lui, s'était voûté, la tête relevée, le regard fixé sur le visage en larmes de la jumelle, les muscles relâchés et pourtant une tension visible dans chaque ligne de son corps.

Tous figés. Tous silencieux. Tous immobiles. Comme si le moindre souffle aurait pu rendre la scène réelle pour de bon.

— ''La touche pas...''

Certains Theta se détournèrent, regard braqué sur Zeta, ou sur le Mnémophage, d'autre observaient, encore indécis. Mais un Theta passa la main sur son pantalon et amorça un mouvement vers la jumelle. Décidé. Une envie brute, sans la moindre retenue.

Eta ne se retourna même pas.

— Bouge pas ! Moi d'abord. Une pause, un sourire. Mais pas de panique. Ça sera votre tour après.

Le timbre carnassier dans la voix, fit frissonner Eno. Ori hurla presque, retenue par la peur. Dom avança légèrement par reflexe, les chaînes le stoppèrent net. Loli ne bougeait pas, les yeux enfin fermés. Kik et Meni restaient figés dans leur immobilité. Et Sexy observait, terrifié, les larmes dévalant sa peau sans qu'il émette un seul son.

Le Theta se figea. Souffla, presque déçu, mais continua d'observer la jumelle pleurer, son visage se contracter à ces mots, à cette voix, à ces mains gantelées sur ses cuisses. Zeta déglutit, serra les dents, se détourna, le regard baissé, le corps déjà en mouvement vers autre chose.

Les autres Theta aussi. Aucun mouvement. Aucune intervention.

— ''Pourquoi... personne ne fait rien ? Zeta ? Les quatre Theta ? Dom... ? Ori ?''

Le froid entra en Eno. Lentement. Comme une infiltration qui passait par sa colonne, remontait jusqu'à sa nuque. Sa gorge se contracta, sa respiration se coupa par à-coups. Et pourtant ses yeux restaient accrochés à elle. À ce corps frêle, tremblant. À cette présence. Vivante. Jeune. Consciente. Comme si le temps lui-même avait été arraché de sa peau.

Eta remonta une main sur la hanche de la jumelle. Elle pleura plus fort, ses propres sanglots étouffés par son halètement de détresse. Sa tunique froissée sous les doigts. Puis Eta plaça son autre main sur sa nuque, forçant son visage contre le sol, son corps sur elle, l'encadrant.

Le cri de surprise s'étouffa sous la pression mais la panique grimpa d'un cran. Ses yeux bougeaient frénétiquement de gauche à droite, cherchant une aide, n'importe quoi, n'importe qui.

Eta lâcha sa hanche pour ramener sa main à sa ceinture, rapide, mais la voix de Zeta, plus basse, presque étouffée, le coupa. Sa tête figée sur le Mnémophage, incapable de réellement regarder Eta.

— Elle... Tu... tu ne devrais pas faire... ça.

Eta ne le regarda même pas. Une main maintenait la nuque de la jumelle contre le sol, son visage écrasé de côté. L'autre arrêté à mi-chemin de la libération de son entre-jambe. La jumelle bougea les bras, tenta de ramper, de fuir ce toucher, cette poigne. Eta reposa sa main contre sa hanche, la maintenant plus fermement immobile.

— Pourquoi ?

— Elle est... dangereuse.

Les mots sortirent avec une tension discrète, un resserrement dans la voix de Zeta.

Eta éclata de rire.

— Ah ouais ? Regarde-la. Pas d'implant, pas de force, rien du tout. J'ai jamais vu un humain aussi faible, sérieux.

— Ce sont des tueurs, des tarés...

Eta tourna enfin la tête vers Zeta, comme s'il le gênait avec ces mots.

— Aucune chance qu'elle soit la plus grande menace de l'humanité.

Il serra les doigts volontairement sur sa hanche, ouvrant légèrement la peau sous le tissu, l'imbibant de petites tâches rouges, testant sa propre réflexion, arrachant un cri à la gorge écrasée de la jumelle.

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