Un Monde Tout Neuf
La première nuit au pensionnat ne fut pas de tout repos pour Adanis, il a fini par se rendre compte de ce qu’il a fait pour en arriver là et qu’au final il est le seul fautif de sa situation.
Il a pensé à la dureté de ce qu’il a pu faire vivre à ses parents et cela l’a fait pleurer une partie de la nuit, des pleurs étouffés pour ne pas déranger ses colocataires qui dormaient mais aussi par peur que Madame Suzzie fasse irruption dans la chambre et puisse se moquer de lui.
Lorsque ses camarades de chambre se réveillent ils font un point avec Adanis afin de lui expliquer les règles à suivre dès le levé, et la liste n’est pas longue mais précise :
1. Il doit refaire son lit tous les matins, sauf les Jeudis où il devra défère ses draps et les emmener lui-même à la laverie,
2. Ensuite c’est douche, habillage, lavage des dents,
3. Puis direction le réfectoire où tout le monde se rassemble de sorte à prendre le petit déjeuner tous en même temps.
Une fois le petit déjeuner terminé tous retournent se laver les dents, préparent ensuite leurs affaires pour aller en classe, en apprentissage ou en stage, il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux ici. Malheureusement pour lui, Adanis ne sait pas ce qu’il veut faire, n’étant pas aller dans un quelconque établissement scolaire depuis un moment, et cela ne va pas plaire à Madame Suzzie qui saura bien lui faire comprendre son mécontentement.
Sur le conseil de ses camarades, le jeune Adan bouge au millimètre prêt de la même manière qu’eux, alors tout le monde s’occupe de son lit, emmène ses draps à la laverie, il suit ses colocataires de près de peur de se perdre. Ils retournent à leur chambre, se douchent, s’habillent et se lavent les dents dans une salle de bain commune à chaque dortoirs de l’étage. Notre Québécois parait… On ne sait pas vraiment, il reste nu, sous la douche, l’eau coule sur lui mais il ne bouge pas, son regard est vide, il ne parle pas.
C’est comme s’il était ailleurs, complètement perdu et pensif. Ses voisins de lit viennent le voir et lui demande ce qu’il se passe.
- Bah alors le bucheron, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu pensais au paradis mais tu te rends compte que t’as trouvé les enfers ?
- Joris laisse le, tu vois qu’il est pas avec nous là !
- Ah ouais d’ailleurs on s’est pas présenté, moi c’est Joris et l’autre qui prend ta défense c’est Sébastien.
- Mais tu peux m’appeler Seb ! Et toi, c’est quoi ton prénom ?
Sauf qu’Adanis n’a pas l’air décidé à répondre à nos deux compères, c’est comme s’il ne les entendait pas, c’est la voix forte et lourde de Suzzie qui le sorti de ses esprits. Elle était montée à leur étage et s’était mise devant la porte entre-ouverte de leur salle de bain. Cela a eu un impact de sursaut sur Adanis qui dans un bon a pris sa serviette pour s’essuyer, dans la foulée il s’habille et se présente enfin à Joris et Sébastien.
- Les gars, vraiment désolé, c’est juste que tout ça c’est tout neuf pour moi. Je m’appelle Adanis, je fête mes dix-huit ans Samedi et je regrette d’être là.
- Mort de rire !! S’esclaffe Joris. Si t’es ici c’est pour une bonne raison, on a tous fait des trucs de cons pour en être arrivé là, et crois pas fêter un quelconque anniversaire dans cet immense tas de brique qui pu le moisi. Je suis même pas sûr que l’autre Suzzie connaisse nos dates de naissances.
- Pff l’écoute pas Adanis, Joris c’est pas le couteau le plus aiguisé du tiroir. Tu verras qu’ici c’est pas si mal, à force le temps passe vite et Madame Suzzie elle passe vite inaperçue. Par contre tu ferais mieux de te dépêcher d’aller la retrouver, vu que t’es nouveau au pensionnat il faut que t’aille voir avec elle vers quelle orientation tu te dirige pour tes études ou ton travail.
- Ok merci Sébastien, je vais tout de suite voir celle qui passe son temps à chiquer la guenille.
- Chiquer la quoi… ? Adanis ! Habille-toi avant !
- Ils sont chelous ces québécois, ils parlent pas comme nous et en plus ils se promènent à poil apparemment.
- Eh mais toi t’es trop bête, ça doit être une expression québécoise et pour le tout nu c’est juste qu’il est pas encore dedans !
Pendant cette petite discussion entre Joris et Sébastien, Adanis a pris le temps de s’habiller, avec une tenue réglementaire car oui, ici dans ce pensionnat, tout le monde est soumis à un uniforme. Il se dirige alors vers le bureau de Madame Suzzie, qui est, comme le réfectoire, les étages, les chambres et la laverie, indiqué par tout un tas de pancartes. Arrivé devant la porte du bureau de la « Directrice » il n’a même pas le temps de toquer qu’il entend :
- Entrez Monsieur JUCIFER, je vous attendais.
D’un pas timide Adanis entre dans la pièce, il ne semble pas à l’aise et n’a pas vraiment compris ce qu’il fait là.
- Bien ! Si vous deviez venir me voir c’est pour faire un point sur votre scolarité, où en étiez-vous avant d’arriver dans notre établissement et que voulez-vous faire en en sortant ?
- Ecoutez Madame Suzzie, je vais être franc et honnête avec vous. J'ai quitté le parcours scolaire y'a longtemps maintenant et je vous avouerai n'avoir aucune idée de ce que je veux faire dans la vie.
- Merci pour cette honnêteté, cela m'évite de perdre trop de temps avec vous. Au vu de l'âge que vous allez avoir dans quelques jours, car oui, contrairement à ce que pensent vos cammarades je connais vos dates de naissances, d'ailleurs vos dossiers sont très complets à tel point que je suis en possession de votre casier judiciaire, il me semble assez juste de dire que cela ne vous servirai pas de retourner dans un établissement scolaire. Donc essayons de se diriger sur un emploi.
- Oui très bien, ça me va.
- Excellent. Qu'elles sont vos passions jeune homme ? En dehors des choses de délinquants ?
- Mmh et bien je dirais la musique, la lecture aussi. Je tiens également un carnet dans lequel j'écris les choses qui me traversent l'esprit, je note des trucs par-ci par-là...
- D'accord, c'est intéressant. Aimez-vous parler ou écouter les autres ?
- Très franchement ? Non. Je suis pas bavard et ça me soule d'écouter les autres.
- C'est très bien ça, j'ai pile ce qu'il vous faut. Dans très peu de temps il y a un établissemnt qui va ouvrir ses portes. Le propriétaire est venu me voir et il m'a dit qu'il cherchait justement quelqu'un dans votre genre.
- Et ça consiste en quoi ?
- Je ne veux pas vous donner plus d'information. Cependant voici la carte de visite de celui qui je l'espère sera votre futur employeur. Vous y trouverez son nom, son numéro de téléphone ainsi que l'adresse de son établissement. Je souhaiterai que vous l'appeliez devant moi là maintenant et que vous lui disiez que vous êtes en route pour le rencontrer.
- Bon bah j'imagine que je n'ai pas le choix de toute façon alors autant que je vous écoute.

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