Soirée Mouvementée
Bart et Rukhel passent un bon moment. Elle a entendu ce qu'il avait à dire de son passé quand il était en Pologne, mais est-ce qu'elle sait tout de lui ? Et bien non. Il ne s'est pas plus étendu que cela sur certains sujet. Enfin, sur un tout particulièrement.
En tous cas, ils profitent de leur soirée, il est maintenant 22:10. L'atmosphère est détendue, ils rigolent tout en se jetant des petits regards en coin. Serait-ce le moment d'essayer quelque chose ? Bart s'approche de la jeune femme et...
- Euh, tu fais quoi là ? Dit-elle un peu perdue.
- Ah pardon, je pensais pouvoir tenter un truc...
- Ecoute, tu es mignon et tu as l'air d'être profondément gentil et quelqu'un de bien. Mais on se connaît très peu, et comme je t'ai dit, je sors d'une rupture pas simple.
- Pourtant j'ai cru comprendre que c'était un con, c'est pas ce que tu m'avais dit ?
- Ah tu sais, y'a deux versions de moi. Il y a la Rukhel qui se préserve et apprend à bien cerner les gens avant de trop s'étendre sur elle-même. Celle-là essaie de montrer un visage fort de se personnalité. Et il y a l'autre, plus sûre d'elle, qui se connaît vraiment et qui sait avec qui elle peut être naturelle sans rajouter trop d'artifice. Cette partie de moi est plus franche, brutale et rentre dedans.
- Et quand est-ce que j'aurai accès à la Rukhel naturelle ? Demande-t-il sur un ton presque moqueur.
- J'en sais rien, peut-être quand je me sentirais plus à l'aise. Répond-t-elle de façon gênée. Je n'aime pas trop les gens intrusifs.
- Bah je pensais justement que tu étais venue pour qu'on parle et qu'on apprenne à se connaître. Si tu as changé d'avis, je pense que tu sais quoi faire.
Rukhel, embarrassée, se demande si son hôte est plus ou moins gentiment en train de la mettre à la porte. Ils semblent tous les deux être confus et un blanc s'installe, elle, regardant ses pieds et lui, zieutant l'entièreté de son salon.
- Bon écoute je vais être honnête avec toi. Oui, jusqu'ici je passais une très agréable soirée en ta compagnie, et oui la vérité c'est que tu me plais un peu, enfin un peu bien, enfin tu as compris. Mais j'ai encore quelques petites choses à régler avec mon ex du coup pour le moment je préfère rester seule. Et je te jure que c'est pas contre toi !
- C'est jamais contre l'autre...
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Rukhel commence à sentir une tension monter en elle.
- Bah ça veut dire qu'à chaque fois qu'on se prend un rateau c'est jamais de notre faute, c'est toujours la personne d'en face qui dit avoir un problème. "C'est pas toi, c'est à moi". A croire que c'est la phrase que je suis condamné à entendre toute ma vie.
Puis il réfléchi aux mots qu'elle a dit juste avant.
- Mais attends ! Tu as dit que je te plais non ?
- Oui, enfin, tu as compris ce que je voulais dire quoi.
- Non non, j'ai pas tout compris. Tu peux m'expliquer ce qui te plaît au juste ? Demande-t-il envieur de savoir ce qu'elle pense de lui. Il essaie de l'apaiser.
Sa tension naissante disparaît pour laisser place à une immense vague de chaleur, une chaleur de timidité.
- Et bien...j'aime tes cheveux blonds qui se mêlent presque à la couleur de ta peau. Tes yeux gris apportent à ton visage une touche d'originalité. Tu as un très beau sourire et des lèvres fines que j'aimerais...
Elle se coupe elle-même dans l'élan de sa phrase et se rapproche un peu plus de Bart. Rukhel pose une main sur sa cuisse et s'apprête à l'embrasser quand soudain, on toque à sa porte d'entrée.
- Bart ? Vous êtes là ?
- Oh non, c'est ma grand-mère !
La jeune femme se lève rapidement et se dirige vers la porte pour ouvrir à Madame TALBER. Bart, quant à lui, ne sait pas si il est dans un rêve ou si tout cela est bien réel.
- Mamie tout va bien ? Demande-t-elle sur un ton inquiet.
- Oh tu es là toi ! Attention jeune homme, je vous ai à l'œil !
Sauf que Bart ne bouge pas, il est comme paralysé mais s'est empressé de prendre un de ses coussins et de le poser au niveau de sa taille.
- Mamie...
De nouveau personne ne parle mais tout le monde se regarde.
- Je voulais juste voir si mon très cher voisin pouvait venir à la maison et vérifier mon tableau éléctrique. Je crois que les plombs ont encore sauté.
Impossible pour eux de savoir si cela provenait d'une panne de chez la vielle dame ou si c'était généralisé car chez Bart, tout n'est qu'éclairé que grâce à de nombreuses bougies. Pour maximiser une ambiance tamisée et posée.
- Laissez moi deux minutes Madame TALBER. Je vais descendre pour regarder.
Il fît un signe de tête à Rukhel, suggérant qu'elle devait la raccompagner jusqu'à chez elle, ce qui lui laisserai le temps de reprendre ses esprits avant de s'improviser électricien.
Alors les deux femmes quittent l'appartement et lui se lève pour aller jusqu'à sa salle de bain. Il se regarde dans le miroir et se passe de l'eau sur le visage. Il est complètement déboussolé par les dernières minutes.
"Elle allait vraiment m'embrasser ?". Il ne sait plus ce qu'il doit croire ou penser. "Pourtant juste avant, elle me parlait de son ex et des difficultés qu'elle avait encore avec lui". Pour Bart, tout cela est assez étrange.
Cependant, il se ressaisi et descend à l'appartement du dessous, chez sa voisine. Il ne voit que la lumière d'une lampe torche, certainement celle du téléphone de Rukhel.
- Il est où votre tableau électrique ?
- Dans le placard, juste à l'entrée.
La petite fille de sa voisine s'avance vers lui afin de l'éclairer.
- Je suis vraiment désolée. Dit-elle à voix basse.
- Ne t'en fais pas, tout va bien. Répond-t-il en chuchotant.
- C'était pour quoi le coussin que tu as mis sur toi ? Demande Rukhel avec un sourire en coin.
- Je ne préfère pas répondre à ça.
- Oh je vois. Après, mieux vaut aucune réponse plutôt que de me dire "t'inquiètes, tu verras plus tard". J'aime pas vraiment les gros beaufs trop sûrs d'eux.
- C'est pas mon style de toute façon. Dit-il de manière concentrée, sans regarder son interlocutrice et en bidouillant le panneau électrique. Je pense que j'ai tout remis en ordre. Vous pouvez vérifier ?
- Tout s'est rallumé sauf dans la cuisine !
- Ah je vois, certainement que quand les plmons ont sauté ça a fait griller votre ampoule. Vous en avez de rechange ?
- Non, je ne crois pas. Je ne me souviens pas avoir des ampoules en plus.
- Je vais la démonter et voir ce que j'ai chez moi. Si j'en ai une qui correspond, je reveindrais vous la changer.
- Oh monsieur est prévoyant, ça me plaît bien aussi. Rukhel prononce ces mots sur un ton toujours moqueur mais un plus sérieux cette fois.
- Ma petite fille...tu ne changeras jamais.
- Mamie !
Bart remonte les escaliers, l'ampoule de sa voisine en main, et n'a pas prêté attention à la remarque de cette dernière. Il rentre chez lui, va dans sa chambre et cherche dans sa boîte "fourre tout" si il y a de quoi redonner de la lumière à la cuisine de Madame TALBER.
- Mamie, pourquoi tu as dit ça ? Demande Rukhel énervée.
- Ne fais pas l'innocente avec moi. Nous savons toutes les deux pourquoi j'ai dit ce que j'ai dit !
- Maintenant il va croire que je suis une garce qui courre après tous les mecs qu'elle croise.
- Excuses moi mais, au bout de combien de temps tu t'es installée chez...roh ! J'en ai oublié son prénom tellement c'est un homme insignifiant !
- Matthias mamie, mon ex s'appelle Matthias.
- Oui bah voilà. Tu n'as perdu ton temps à l'époque avec lui.
- C'est vrai, mais j'ai changé aujourd'hui. Maintenant j'ai vingt-trois ans, je ne suis plus la même que quand j'ai rencontré Matthias. Je sais ce que je veux mais surtout ce que je ne veux plus.
- Et dans ce que tu ne veux plus, est-ce que te droguer tous les jours en fait partie ? Aller en garde à vue tous les soirs c'est terminé ?
- Comment tu sais tout ça ?
Mais la vieille dame n'a pas le temps de répondre, elle s'est apperçue que son voisin était déjà revenu. Un blanc se réinstalle de nouveau.
Bart est bouche-bé par les mots qu'il vient d'entendre. La jeune femme qu'il convoitait était alors une droguée ? Est-ce que cela pouvait expliquer son changement d'avis d'il y a quelques minutes ? Est-ce que c'était ce qu'elle voulait dire quand elle parlait des deux parts différentes d'elle ?

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