Chapitre 22

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Le réveil fut immédiat.

Pas progressif.

Pas cette lente remontée habituelle entre le sommeil et la conscience.

Lythra ouvrit brutalement les yeux avec l’impression d’être tombée de très haut.

Le bâtiment noir était silencieux.

Trop silencieux.

La lampe verdâtre de Zackel diffusait encore une faible lumière maladive au centre de la pièce pendant que la pluie noire frappait doucement les vitres brisées.

Mais quelque chose clochait immédiatement.

Le souffle de Lythra ralentit.

La pièce semblait différente.

Très légèrement.

Elle se redressa lentement.

Kael dormait encore contre le mur.
Vaelith aussi semblait immobile près de la lanterne d’Arich.

Pourtant…

Lythra était certaine d’une chose :
la fenêtre derrière Zackel n’existait pas avant.

Le froid remonta immédiatement dans sa nuque.

Une longue ouverture noire traversait maintenant le mur du fond. Le brouillard du seuil entrait lentement par cette fenêtre inexistante, glissant dans la pièce comme une respiration humide.

Lythra fixa l’ouverture plusieurs secondes.

Puis elle remarqua autre chose.

Les marques gravées dans les murs avaient changé de place.

Son cœur ralentit brutalement.

Les groupes de traits tracés par Zackel étaient plus nombreux maintenant.
Et certaines phrases…

certaines phrases n’étaient plus au même endroit.

Puis Kael parla brusquement dans son sommeil.

— Non…

Lythra tourna immédiatement la tête vers lui.

Kael ouvrit brutalement les yeux à son tour.

Le souffle court.

Il fixa la pièce plusieurs secondes.

Puis son visage pâlit lentement.

— Attendez.

Sa voix semblait déjà tendue.

Très tendue.

Il regarda :
la fenêtre,
les murs,
la lampe verdâtre.

Puis il murmura :

— On a déjà vécu ça.

Le silence explosa immédiatement dans le bâtiment noir.

Lythra sentit son ventre se nouer brutalement.

Kael se redressa complètement maintenant.

Ses yeux bougeaient vite dans la pièce.

— La pluie.
La fenêtre.
La lumière.

Sa respiration devenait irrégulière.

— Je vous jure qu’on a déjà eu exactement cette conversation.

Vaelith ouvrit lentement les yeux à son tour.

Son regard se fixa immédiatement sur la fenêtre apparue dans le mur.

Puis sur Zackel.

Ou plutôt…

sur l’endroit où Zackel aurait dû être.

Vide.

Le souffle de Lythra se coupa.

Le manteau noir du jeune homme avait disparu.
Sa lampe aussi.

Et la corde qu’il gardait attachée à lui…

traînait maintenant seule sur le sol humide.

Le silence devint énorme.

Kael se leva brutalement.

— Ah non.
NON.

Il attrapa immédiatement la corde.

Froide.
Humide.

Mais personne ne tirait dessus.

Le vent souffla doucement dans le bâtiment.

Puis quelque chose résonna à l’étage.

Des pas.

Lents.

Le groupe se figea immédiatement.

Puis les pas cessèrent.

Le silence revint.

Et soudain…

Lythra aperçut une silhouette dans la fenêtre apparue.

Le souffle s’écrasa dans sa gorge.

Quelqu’un se tenait dehors dans la pluie noire.

Immobile.

Puis la silhouette bougea légèrement.

Et le visage de Zackel apparut derrière les gouttes épaisses.

Le cœur de Lythra repartit brutalement.

Kael souffla :

— Bordel…

Mais quelque chose clochait immédiatement.

Zackel ne les regardait pas.

Il semblait observer autre chose derrière eux.

Puis il leva lentement une main.

Et désigna le mur du fond.

Le groupe se retourna brusquement.

Une nouvelle phrase venait d’apparaître parmi les marques gravées.

Humide.

Noire.

“Vous avez déjà essayé de partir.”

Le silence explosa dans toute la pièce.

Puis quelque chose frappa brutalement la vitre.

Tous sursautèrent.

Zackel venait de s’effondrer contre la fenêtre.

Le souffle de Lythra se coupa immédiatement.

Du sang noir coulait le long de ses bras.

Des dizaines de nouvelles griffures traversaient sa peau comme s’il avait essayé de ramper à travers des murs.

Puis la fenêtre disparut.

D’un coup.

Le mur redevint normal.

Le groupe resta figé plusieurs secondes.

Puis Kael murmura :

— Je crois que je vais vraiment devenir fou ici.

Ils retrouvèrent Zackel dehors plusieurs minutes plus tard.

Ou peut-être plus longtemps.

Le temps du seuil ne signifiait plus rien désormais.

Le jeune homme avançait lentement dans une rue noyée dans la pluie noire lorsqu’ils tombèrent enfin sur lui.

La lumière verdâtre de sa lampe oscillait faiblement contre les façades humides.

Et immédiatement…

Lythra sentit son ventre se tordre.

Parce qu’il semblait pire.

Beaucoup pire.

Ses bras étaient couverts de nouvelles blessures.
Des griffures profondes.
Certaines encore ouvertes.

La pluie noire coulait lentement sur sa peau pâle pendant qu’il marchait avec cette fatigue immense collée au corps.

Puis il s’arrêta devant eux.

Le silence retomba.

Kael regardait les blessures avec horreur.

— Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

Zackel resta silencieux plusieurs secondes.

Le vent soufflait doucement dans les rues mouvantes du seuil.

Puis il répondit :

— J’ai essayé de partir.

Sa voix semblait plus vide que jamais.

Lythra sentit immédiatement le froid remonter dans sa poitrine.

Zackel leva lentement les yeux vers les rues noires autour d’eux.

— J’ai suivi une avenue pendant des heures.

La pluie noire tombait doucement autour de lui.

— Puis j’ai retrouvé le bâtiment.

Le silence explosa doucement.

Puis il continua.

— Alors j’ai changé de direction.
Encore.
Encore.

Ses doigts tremblaient légèrement autour de sa lampe.

— Et chaque fois…
je revenais exactement au même endroit.

Le vent traversa violemment la rue.

Et quelque chose bougea derrière le brouillard.

Des silhouettes.

Humaines.

Puis Zackel ajouta beaucoup plus bas :

— Après un moment…
les rues ont commencé à changer pendant que je marchais dedans.

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Puis il montra lentement ses bras griffés.

— Les murs aussi.

Kael détourna immédiatement les yeux.

Comme s’il refusait d’imaginer ce que cela signifiait.

Puis Zackel regarda Vaelith.

Et quelque chose dans son expression changea légèrement.

De la peur.

Réelle.

— J’ai croisé des copies de vous.

Le silence sembla devenir vivant autour d’eux.

La pluie noire frappait doucement les pavés.

Puis Zackel continua :

— Au début elles étaient mauvaises.
Pas assez précises.

Sa gorge bougea difficilement.

— Mais ensuite…
elles ont commencé à apprendre vos voix.

Le froid traversa immédiatement tout le corps de Lythra.

Puis Zackel murmura :

— Et l’une d’elles savait des choses que je ne lui avais jamais dites.

La pluie noire semblait tomber plus lentement maintenant.

Ou peut-être que le seuil ralentissait simplement leur perception.

Les rues autour d’eux continuaient de bouger presque imperceptiblement pendant qu’ils avançaient derrière Zackel. Certaines façades se penchaient légèrement lorsqu’on cessait de les regarder. Des fenêtres apparaissaient dans des murs parfaitement lisses avant de disparaître quelques secondes plus tard.

Et partout…

des silhouettes les observaient.

Jamais totalement visibles.

Des formes humaines faites de brouillard plus dense que le reste du seuil.

Lythra gardait désormais les yeux baissés la plupart du temps.

Parce qu’elle avait compris une chose :
plus elle regardait la ville,
plus la ville apprenait à lui répondre.

Puis Zackel ralentit brusquement.

Le groupe s’immobilisa immédiatement.

Devant eux…

la rue n’existait plus correctement.

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Les bâtiments semblaient se replier sur eux-mêmes dans le brouillard. Des arches surgissaient directement des façades avant de disparaître à moitié dans d’autres rues impossibles.

Et surtout…

les portes.

Des dizaines de portes noires flottaient maintenant dans l’air.

Certaines ouvertes.
D’autres suspendues au milieu du vide.

Comme si la ville perdait lentement sa propre structure.

Kael fixa les portes plusieurs secondes.

Puis souffla :

— Je crois que le seuil est en train de mourir.

Zackel secoua lentement la tête.

— Non.

Sa voix était beaucoup plus grave maintenant.

— Il panique.

Le silence retomba immédiatement.

Puis la première porte s’ouvrit.

Un grincement lent traversa la rue noire.

Et derrière l’ouverture…

Lythra aperçut une chambre.

Pas une pièce du seuil.

Une vraie chambre.

Un lit.
Une lumière chaude.
Des rideaux remuant doucement sous le vent.

Son cœur se serra immédiatement.

Parce qu’elle reconnaissait cet endroit.

Ou croyait le reconnaître.

Puis une deuxième porte s’ouvrit plus loin.

Et derrière :
le sanctuaire.

Selen courait dans un couloir noyé dans les fissures blanches.

Puis une troisième porte.

Arich.
Assis seul dans la cité du ciel.

Puis une quatrième.

Vaelith couvert de sang.

Le souffle de Lythra se coupa brutalement.

Les portes continuaient de s’ouvrir maintenant dans toute la rue. Des dizaines de fragments de souvenirs, de rêves ou de mensonges apparaissaient derrière chacune d’elles.

Kael recula immédiatement.

— Ah non.
Ça devient vraiment trop personnel là.

Mais Vaelith ne bougeait plus.

Son regard était fixé sur une porte à quelques mètres devant lui.

Lythra suivit instinctivement son regard.

Et sentit immédiatement son ventre se tordre.

Arich se tenait derrière l’ouverture.

Immobile.

Pas comme les autres visions.

Cette fois…

il semblait attendre.

Puis il leva lentement les yeux vers Vaelith.

Et murmura simplement :

— Viens.

Le silence sembla exploser dans toute la rue.

La pluie noire ralentissait autour d’eux maintenant.
Les portes grinçaient doucement.
Le brouillard tournait lentement entre les ouvertures suspendues.

Puis Vaelith fit un pas.

La corde se tendit brutalement.

Lythra l’attrapa immédiatement.

— Non.

Sa voix tremblait.

Mais Vaelith regardait toujours Arich.

Et quelque chose dans son visage terrifia immédiatement Lythra.

Pas de douleur.

De l’épuisement.

Comme si une partie de lui voulait simplement arrêter de résister.

Puis Zackel lança brutalement sa lampe contre la porte.

Le verre éclata violemment.

La lumière verdâtre traversa Arich.

Et immédiatement…

la vision se déforma.

Le visage se fissura comme du verre humide.
La peau devint floue.
Les yeux cessèrent de cligner.

Puis la porte entière s’effondra dans le brouillard.

Le silence revint brutalement.

Vaelith cligna lentement des yeux.

Comme quelqu’un sortant d’un rêve.

Puis Zackel murmura :

— Ne les laissez jamais vous inviter quelque part.

Le vent traversa violemment la rue noire.

Et soudain…

toutes les portes commencèrent à se refermer en même temps.

Les grincements résonnèrent partout autour d’eux comme des mâchoires immenses.

Puis le seuil changea encore.

Les bâtiments tremblèrent.

Le sol vibra légèrement sous leurs pieds.

Et très loin dans la brume…

quelque chose ressemblant à une gare apparut.

Le souffle de Lythra ralentit immédiatement.

Une immense structure noire traversait le brouillard à plusieurs rues d’eux. Des arches métalliques tordues disparaissaient dans les hauteurs du seuil pendant que de vieux rails noyés dans l’humidité coupaient la ville en deux.

Zackel se figea complètement.

Puis il murmura :

— La sortie.

Le silence explosa immédiatement autour du groupe.

Kael releva brusquement la tête.

— Quoi ?

Zackel observait la structure noire avec une peur grandissante maintenant.

— Le passage vers le prochain seuil.

Le cœur de Lythra repartit brutalement.

Ils avaient trouvé la sortie.

Enfin.

Mais quelque chose clochait immédiatement.

Le brouillard autour de Zackel devenait plus dense.

Des voix commençaient à murmurer autour de lui.

Très faibles.

Au début.

Puis plus distinctes.

— Zackel…

Le jeune homme pâlit immédiatement.

Le vent soufflait plus fort maintenant.

Les silhouettes de brouillard apparaissaient partout autour des rues voisines.

Et plusieurs avaient son visage.

Puis les murmures revinrent.

Plus proches.

— Zackel…

— Reste…

— Tu connais déjà cet endroit…

Il recula immédiatement d’un pas.

Sa respiration devenait irrégulière.

Kael comprit aussitôt.

— Non.
Non non non.

Lythra sentit déjà la peur revenir dans sa poitrine.

Parce qu’elle voyait le seuil essayer de le reprendre.

Les copies de Zackel sortaient lentement du brouillard maintenant.

Une.
Puis trois.
Puis des dizaines.

Toutes immobiles.

Toutes avec ce sourire légèrement décalé.

Puis l’une d’elles murmura avec la voix exacte du jeune homme :

— Tu ne survivrais pas ailleurs maintenant.

Zackel ferma brutalement les yeux.

Comme si entendre sa propre voix lui faisait mal.

Et Lythra comprit alors quelque chose d’horrible :

le seuil ne voulait pas seulement les détruire.

Il voulait garder Zackel.

Les copies de Zackel continuaient d’apparaître dans la brume.

Immobiles.

Leurs silhouettes sortaient lentement des rues noires autour de la gare abandonnée pendant que les murmures se mélangeaient au vent du seuil.

— Reste…

— Tu nous appartiens déjà…

— Tu connais les rues maintenant…

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Parce qu’elles devenaient de plus en plus précises.

Certaines copies avaient même les nouvelles griffures sur les bras.
La même fatigue dans le regard.
Les mêmes tremblements légers dans les mains.

Le seuil perfectionnait ses imitations sous leurs yeux.

Zackel reculait lentement.

Très pâle.

Comme quelqu’un observant son propre enterrement.

Puis une des copies avança.

Seulement une.

La pluie noire coulait lentement sur son visage identique pendant qu’elle regardait le vrai Zackel avec une douceur presque triste.

Et cette douceur était probablement la chose la plus monstrueuse de toutes.

— Tu ne sais même plus qui tu serais ailleurs.

Le vrai Zackel ferma immédiatement les yeux.

Le vent soufflait violemment autour de la gare maintenant. Les arches métalliques grinçaient dans la brume pendant que les vieux rails vibraient doucement sous leurs pieds.

Puis la copie continua.

— Ici au moins…
tu existes encore.

Le silence sembla devenir immense.

Kael serra brutalement la corde.

— Zackel.
Ne l’écoute pas.

Mais même sa voix semblait fragile maintenant.

Parce qu’une partie d’eux comprenait.

Le seuil avait fini par devenir toute la vie de Zackel.

Puis une autre copie parla depuis la brume.

— Ils vont t’oublier dehors.

Une troisième :

— Comme tout le reste.

Puis toutes les copies commencèrent à avancer.

Lentement.

Leurs pas résonnaient mollement dans les flaques de pluie noire pendant qu’elles entouraient progressivement la rue menant à la gare.

Vaelith leva immédiatement la lanterne plus haut.

La lumière jaune vacilla violemment contre les silhouettes.

Et plusieurs copies reculèrent légèrement.

Le seuil craignait encore certaines choses.

Puis Zackel parla enfin.

Très bas.

— Elles utilisent ce que je pense quand je suis seul.

Le cœur de Lythra se serra brutalement.

Puis il leva lentement les yeux vers la gare noyée dans le brouillard.

Et pendant une seconde…

Lythra aperçut quelque chose qu’elle n’avait encore jamais vu chez lui.

De l’espoir.

Minuscule.
Fragile.

Puis les murmures recommencèrent immédiatement autour de lui.

Plus agressifs cette fois.

— Tu ne survivras pas dehors.

— Tu reviendras.

— Tu nous reviendras toujours.

Les copies avançaient encore.

Le brouillard tournait autour d’elles comme une marée vivante.

Puis soudain—

Vaelith tira brutalement Zackel vers lui.

La corde du groupe s’enroula immédiatement autour du poignet du jeune homme avant qu’il puisse réagir.

Le souffle de Zackel se coupa.

Il regarda le lien plusieurs secondes.

Comme s’il avait oublié ce que ça faisait d’être rattaché à quelqu’un.

Puis Vaelith murmura :

— Alors viens quand même.

Le silence explosa brutalement dans la rue noire.

Même les copies semblèrent hésiter.

Puis l’une d’elles hurla.

Le son traversa immédiatement tout le seuil.

Pas humain.

Quelque chose de brisé.

Et toutes les silhouettes se mirent à courir.

Le brouillard éclata autour d’elles pendant qu’elles fonçaient brutalement vers le groupe avec leurs visages identiques déformés par des sourires immenses.

Kael jura violemment.

— OH NON—

Vaelith attrapa Zackel sans lui laisser le temps de réfléchir.

— COUREZ.

Le groupe partit immédiatement vers la gare.

Les rails noirs vibraient sous leurs pieds pendant que les copies hurlaient derrière eux dans la pluie noire. Certaines grimpaient déjà sur les arches métalliques au-dessus de la structure, leurs corps se déformant parfois dans la brume avant de redevenir humains quelques secondes plus tard.

Lythra sentait la corde tirer violemment contre sa taille à chaque mouvement.

Et derrière eux…

les copies riaient maintenant avec les voix exactes du groupe.

Kael.
Vaelith.
Lythra.

Le seuil apprenait encore.

Puis ils atteignirent enfin la gare.

L’intérieur semblait abandonné depuis des siècles.

Des bancs renversés.
Des lanternes mortes.
Des affiches noircies par l’humidité couvrant les murs fissurés.

Mais surtout…

une arche.

Immense.

Noire.

Dressée au bout des rails noyés dans le brouillard.

Le passage.

Le souffle de Lythra revint brutalement.

Puis Zackel s’arrêta net.

La corde se tendit immédiatement autour de lui.

Le groupe se retourna.

Le jeune homme regardait l’arche avec une terreur grandissante.

Les murmures revenaient déjà autour de lui.

— Ne pars pas…

— Tu vas disparaître…

— Tu es à nous…

Les copies sortaient lentement de la brume derrière la gare maintenant.

Des dizaines.

Immobiles entre les rails noirs.

Puis Zackel recula brutalement.

— Non.

Lythra sentit immédiatement son cœur se serrer.

— Zackel—

Il secoua violemment la tête.

Ses mains tremblaient autour de sa lampe verdâtre.

— Je peux pas.

Les voix autour de lui devenaient plus fortes.

Et soudain…

certaines copies commencèrent à pleurer.

Avec son visage.

Le souffle de Lythra s’écrasa brutalement dans sa gorge.

Parce que même elle avait du mal à distinguer le vrai maintenant.

Puis Zackel détacha lentement la corde autour de son poignet.

Le geste sembla lui coûter énormément.

Kael fit immédiatement un pas vers lui.

— Hé.
Non.
Tu viens avec nous.

Mais Zackel reculait déjà.

Le brouillard tournait lentement autour de ses jambes.

Puis il sortit quelque chose de son manteau.

Une petite plaque métallique noire couverte de symboles gravés.

Il la tendit à Vaelith.

— Le chemin vers le sanctuaire inférieur.

Le silence retomba immédiatement.

Vaelith prit lentement l’objet.

Puis Zackel murmura :

— Les arches du prochain seuil mentent aussi.
Mais moins que cette ville.

Les copies continuaient de se rapprocher derrière lui.

Leurs sourires grandissaient lentement dans la pluie noire.

Puis Zackel regarda finalement Lythra.

Kael.

Et Vaelith.

Très longtemps.

Comme quelqu’un essayant de mémoriser leurs visages avant de les perdre définitivement.

Puis il eut un petit sourire fatigué.

Triste.

— Si vous voyez encore mon visage après votre départ…

Le vent souffla violemment dans toute la gare.

Et sa voix trembla légèrement lorsqu’il termina :

— …ne me laissez pas entrer.

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