Chapitre 25

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Les profondeurs du sanctuaire semblaient respirer autour d’eux.

Depuis qu’ils avaient quitté les galeries supérieures, le groupe avançait dans des couloirs toujours plus vastes où les arches noires disparaissaient dans des hauteurs invisibles. L’eau coulait maintenant directement le long des murs fissurés pendant que les chaînes suspendues grinçaient parfois dans l’obscurité.

Et partout…

ce battement.

Immense.

Lent.

Comme un cœur dormant sous le monde.

Puis Vaelith ralentit brutalement.

Le groupe s’arrêta aussitôt.

Devant eux…

une immense salle s’ouvrait dans les profondeurs.

Le souffle de Lythra ralentit immédiatement.

Elle reconnut les lits métalliques.
Les chaînes.
Les tables noires couvertes de vieux instruments rouillés.

La salle d’expérimentation.

Mais quelque chose clochait.

Le silence devint énorme.

Parce que les chaînes pendaient dans le vide maintenant.

Certaines avaient été arrachées.

D’autres traînaient encore sur le sol humide dans un désordre inquiétant.

Kael releva lentement sa lanterne.

La lumière tremblante glissa contre les lits abandonnés.
Les sangles ouvertes.
Les murs couverts de symboles.

Puis son regard se figea.

— Attendez…

Le cœur de Lythra ralentit brutalement.

Des traces noires traversaient le sol.

Comme quelqu’un ayant rampé hors des chaînes.

Le groupe avança lentement dans la salle immense.

Le battement vibra sous les fondations.

Et soudain…

un souffle résonna dans l’obscurité.

Faible.
Cassé.

Lythra tourna immédiatement la tête.

Puis elle le vit.

L’homme à moitié pierre était assis contre un mur noir au fond de la salle.

Ou ce qu’il en restait.

Le souffle de Lythra se coupa.

La transformation avait progressé.

Des fissures blanches traversaient maintenant presque tout son torse. Une partie entière de son visage était devenue minérale, figée dans une expression douloureuse tandis qu’un liquide noir épais coulait lentement entre certaines craquelures de pierre.

Mais il respirait encore.

Très difficilement.

Puis il leva les yeux vers eux.

Et immédiatement…

de la peur traversa son regard.

— Partez.

Sa voix semblait se briser à chaque mot.

Kael fronça brutalement les sourcils.

— Quoi ?

L’homme tenta de se redresser légèrement contre le mur.

Des morceaux de pierre tombèrent de son bras dans un craquement humide.

— Vous devez partir…
avant qu’il vous entende…

Le silence explosa doucement dans la salle.

Puis Vaelith s’approcha immédiatement.

— Nous cherchons une fille blonde.

Le regard de l’homme changea aussitôt.

Il acquiesça faiblement.

Le ventre de Lythra se noua immédiatement.

Puis l’homme murmura :

— Elle est descendue…

Le battement vibra brutalement sous les fondations.

Et pendant une seconde…

les fissures visibles dans son cou brillèrent exactement comme celles du sanctuaire.

Puis il ajouta difficilement :

— Leomio l’a emmenée plus bas.

Le silence sembla se resserrer autour du groupe.

Kael échangea immédiatement un regard avec Lythra.

Puis il demanda :

— Pourquoi ?

L’homme eut un rire faible.

Cassé.

Humide.

— Parce qu’il croit encore…
qu’il peut comprendre le dormeur…

Le battement résonna encore.

Plus fort cette fois.

Puis l’homme leva lentement un bras tremblant vers les profondeurs du sanctuaire.

Vers les galeries noyées descendant sous la salle.

— Les fondations…
Ils sont descendus vers les fondations…

Le souffle de Lythra devenait irrégulier.

Puis l’homme la regarda directement.

Et cette fois…

une vraie panique traversa son visage pierreux.

— Dépêchez-vous.

Le silence retomba brutalement.

Puis il murmura :

— Avant qu’elle commence à rêver avec lui aussi.

Le groupe ne bougea plus pendant plusieurs secondes.

Le battement vibrait constamment sous les profondeurs maintenant. Des craquements résonnaient parfois dans les murs noirs du sanctuaire pendant que les fissures blanches pulsaient faiblement autour des lits métalliques.

Lythra regardait l’homme contre le mur.

Et quelque chose dans son souffle lui serrait la poitrine.

Chaque respiration semblait plus difficile que la précédente.

Comme si la pierre gagnait lentement l’intérieur de son corps.

Puis elle s’approcha légèrement.

Très doucement.

— Et vous…?

L’homme releva lentement les yeux vers elle.

Le silence sembla devenir immense autour d’eux.

Puis Lythra demanda :

— Est-ce qu’il est trop tard pour vous ?

Le battement résonna sous les fondations.

L’homme ne répondit pas.

Mais il n’en avait pas besoin.

Parce que pendant ce silence…

une nouvelle fissure traversa lentement sa gorge dans un petit craquement humide.

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Puis elle vit ses doigts.

Ils bougeaient à peine maintenant.

La pierre remontait déjà jusque dans ses mains.

L’homme baissa lentement les yeux vers son propre corps.

Et pendant une seconde…

quelque chose ressemblant à de la honte traversa son visage fissuré.

Puis il murmura très bas :

— Je l’entends même quand je ferme les yeux maintenant…

Le froid traversa immédiatement la poitrine de Lythra.

Kael détourna instinctivement les yeux.

Même lui comprenait.

L’homme était déjà en train de disparaître.

Puis celui-ci releva lentement la tête vers eux.

Et malgré les fissures dévorant son visage…

son regard restait profondément humain.

— Ne finissez pas comme nous.

Le silence explosa dans la salle noire.

Puis le battement résonna encore.

Et très loin sous les profondeurs…

quelque chose respira dans l’eau noire du sanctuaire.

Ils quittèrent la salle presque en courant.

Le battement du dormeur résonnait tellement fort maintenant que les arches noires vibraient autour d’eux dans un grondement constant. L’eau noire coulait directement le long des murs du sanctuaire tandis que les fissures blanches pulsaient sous la pierre comme un immense réseau vivant.

Et plus ils descendaient…

plus le sanctuaire cessait de ressembler à un bâtiment.

Le ventre de Lythra se nouait davantage à chaque galerie traversée.

Certaines portions des murs semblaient respirer lentement.
La pierre noire se soulevait parfois presque imperceptiblement avant de retomber.

Comme une cage thoracique immense.

Kael regardait partout autour de lui avec une peur grandissante.

— Je déteste cet endroit.
Je le déteste vraiment.

Mais même sa voix semblait avalée par les profondeurs.

Le groupe avançait maintenant dans une immense galerie noyée où l’eau leur montait jusqu’aux mollets. Les lanternes projetaient des reflets tremblants contre les arches pendant que les chaînes suspendues disparaissaient dans le noir absolu au-dessus d’eux.

Puis Vaelith ralentit brutalement.

Le silence retomba immédiatement.

Des symboles couvraient les murs ici.

Pas les inscriptions anciennes du sanctuaire.

Des notes.

Des schémas.

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Des dizaines de pages humides avaient été accrochées directement contre les arches avec des crochets métalliques rouillés. Certaines étaient couvertes de calculs. D’autres représentaient les seuils.

Et partout…

la même obsession.

Le dormeur.

Kael s’approcha lentement d’un des schémas.

Puis son visage changea immédiatement.

— Attendez…

Lythra rejoignit la lumière de sa lanterne.

Et sentit le froid traverser sa poitrine.

Le dessin représentait les seuils.

Tous reliés.

Comme des organes autour d’un même cœur.

Puis des annotations entouraient les croquis.

“Les seuils s’ouvrent davantage lorsque le dormeur rêve.”
“Les émotions humaines influencent les passages.”
“Maintenir la connexion pourrait stabiliser les traversées.”

Le battement vibra brutalement sous leurs pieds.

Puis Vaelith trouva autre chose.

Un carnet.

Humide.
Presque détruit.

Mais certaines pages restaient lisibles.

L’écriture était beaucoup plus propre que celle des autres notes.

Méthodique.

Calme.

Leomio.

Le silence sembla se resserrer autour du groupe.

Puis Vaelith lut lentement :

“Fermer les seuils ne résout rien.”
“Ils réapparaîtront toujours.”
“Comprendre le dormeur est la seule manière d’empêcher les disparitions.”

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Puis une autre phrase :

“Les connexions humaines permettent d’influencer ses rêves.”

Kael releva brusquement la tête.

— “Connexions humaines” ?

Le battement vibra encore.

Et soudain…

Lythra comprit enfin l’horreur entière.

Leomio ne voulait pas réveiller le dormeur.

Il voulait apprendre à vivre avec lui.

À contrôler les seuils.

Même si cela signifiait transformer des humains pour y parvenir.

Puis Vaelith tourna une autre page.

Et son visage se ferma immédiatement.

“Le sujet S. réagit mieux que les précédents.”

Le silence explosa brutalement dans toute la galerie.

Le cœur de Lythra s’écrasa dans sa poitrine.

Selen.

Kael jura immédiatement.

Puis un grondement immense traversa les profondeurs.

L’eau noire vibra autour de leurs jambes.

Et quelque chose respira sous eux.

Ils descendirent encore plus bas.

Le sanctuaire semblait gigantesque ici.

Les arches noires traversaient maintenant des gouffres noyés dans une obscurité sans fond pendant que des plateformes métalliques suspendues grinçaient lentement sous leurs pas.

Et partout…

de l’eau.

Le lac noir remontait jusque dans les fondations désormais.

Le groupe avançait prudemment sur une immense passerelle fissurée lorsque le battement résonna de nouveau.

Immense.

Puis une respiration répondit.

Le souffle de Lythra se coupa brutalement.

Parce que cette fois…

le son venait directement sous eux.

L’eau noire bougea lentement autour des piliers noyés.

Puis les profondeurs respirèrent encore.

Les arches du sanctuaire vibrèrent toutes en même temps.

Kael recula immédiatement d’un pas.

— Bordel…
c’est beaucoup trop gros…

Puis quelque chose apparut sous la surface.

Une immense lumière pâle.

Puis une deuxième.

Puis plusieurs.

Le ventre de Lythra se tordit immédiatement.

Les yeux.

Ou quelque chose qui leur ressemblait.

Ils dérivaient lentement sous les fondations noyées du sanctuaire.

Puis le battement ralentit.

Et le silence revint brutalement.

Lythra regardait encore l’eau noire lorsque quelque chose attira son regard plus loin.

Une silhouette.

Allongée dans l’eau peu profonde entre plusieurs arches effondrées.

Le souffle de Lythra s’écrasa immédiatement dans sa gorge.

Des cheveux blonds.

— SELEN.

Sa voix résonna violemment dans les profondeurs.

Puis elle courut.

L’eau éclaboussa brutalement autour d’elle tandis qu’elle traversait les fondations noyées à toute vitesse.

Le battement vibra encore.

Et quelque chose respira sous le lac noir.

Immense.

Les arches tremblèrent.

Mais Lythra se jeta déjà dans l’eau autour du corps de Selen.

Le froid traversa immédiatement ses bras.

Puis elle la retourna.

Et sentit son cœur se briser.

Les mains de Selen étaient devenues grises.

Ses avant-bras aussi.

Les fissures blanches pulsaient faiblement sous sa peau pierreuse.

— Non…
non non…

La respiration du dormeur traversa encore les profondeurs du sanctuaire.

L’eau vibra autour d’eux.

Puis lentement…

Selen ouvrit les yeux.

Le souffle de Lythra se coupa brutalement.

Et immédiatement…

Selen s’accrocha à elle.

Fort.

Comme quelqu’un revenant d’un cauchemar immense.

Lythra la serra aussitôt contre elle pendant que Kael arrivait à son tour dans l’eau noire.

Puis Selen l’enlaça lui aussi.

Longtemps.

Avant de finalement relever les yeux vers Vaelith.

Et malgré l’émotion…

une retenue restait dans son regard maintenant.

Comme si quelque chose avait changé dans les profondeurs.

Puis elle murmura difficilement :

— Leomio voulait me connecter à lui.

Le silence explosa autour d’eux.

Le battement vibra sous le sanctuaire.

Et Selen continua :

— Il pense que si quelqu’un comprend parfaitement les seuils…
on pourra empêcher qu’ils détruisent encore des vies.

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Puis Selen baissa lentement les yeux vers ses mains grises.

Les fissures pulsaient encore sous sa peau.

Et sa voix trembla légèrement lorsqu’elle termina :

— Mais il est prêt à sacrifier des gens pour y arriver.

Le silence autour du lac inférieur semblait écraser l’air lui-même.

Leomio n’avait pas rouvert les yeux depuis les paroles de Vaelith.

Les arches noires vibraient lentement au-dessus d’eux pendant que les fissures blanches pulsaient dans les fondations noyées du sanctuaire. Et sous le lac…

quelque chose respirait encore.

Immense.

Selen observait le vieil homme maintenant.

Différemment.

Ses mains pierreuses tremblaient légèrement contre ses avant-bras tandis que l’eau noire ondulait autour de leurs bottes.

Puis elle parla enfin.

Très doucement.

— Si le palais comprenait réellement ce qu’il y a ici…

Le silence sembla immédiatement se tendre.

Vaelith tourna lentement la tête vers elle.

Selen regardait toujours Leomio.

Puis elle continua :

— Ils pourraient peut-être faire quelque chose.

Le battement vibra sous les profondeurs.

Et pendant une seconde…
même le vieil homme sembla écouter réellement.

Selen leva lentement les yeux vers les arches gigantesques du sanctuaire.

— Pas envoyer des gens mourir dans les seuils sans comprendre ce qu’ils traversent.
Pas cacher les disparitions.
Pas abandonner ceux qui reviennent changés.

Le souffle de Lythra ralentit légèrement.

Parce que malgré tout ce qu’ils avaient vu…
malgré l’horreur du sanctuaire…

Selen parlait encore d’arranger les choses.

Puis Lythra avança doucement dans l’eau noire.

Le froid traversait ses jambes maintenant.
Les lumières pâles sous le lac dérivaient lentement autour des fondations.

Et elle prit finalement la parole.

Calmement.

— Je peux parler à la reine.

Le silence explosa immédiatement dans la galerie.

Kael tourna brusquement la tête vers elle.

Même Leomio releva légèrement les yeux.

Puis Lythra continua :

— Si le palais voit enfin ce que sont réellement les seuils…
ils devront agir.

Le battement vibra encore.

Et Vaelith se figea complètement.

Lythra le sentit immédiatement.

Son souffle.
Ses épaules.
Ses mains.

Tout son corps s’était tendu à la simple évocation du palais.

Le froid remonta doucement dans la poitrine de Lythra.

Parce qu’elle comprenait maintenant :
le palais n’était pas seulement un souvenir douloureux pour lui.

C’était une blessure encore ouverte.

Puis Vaelith murmura :

— Tu ne comprends pas ce qu’ils feront avec ça.

Sa voix semblait fatiguée.
Presque effrayée.

Mais Lythra s’approcha encore.

Et lentement…

elle glissa sa main contre la sienne.

Le geste sembla surprendre Vaelith lui-même.

Il baissa les yeux vers leurs doigts mêlés.

Le silence devenait immense autour du lac noir.

Puis Lythra murmura doucement :

— Alors ils devront apprendre.

Le battement vibra sous les profondeurs.

Et pendant quelques secondes…

Vaelith ne bougea plus.

Comme si quelque chose se brisait lentement à l’intérieur de lui.

Puis finalement…

très lentement…

il acquiesça.

Leomio les observait en silence maintenant.

Les lumières pâles dérivant sous l’eau noire éclairaient faiblement son visage fatigué pendant que le sanctuaire continuait de respirer autour d’eux.

Puis le vieil homme murmura finalement :

— Je peux venir avec vous.

Le silence retomba immédiatement.

Kael fut le premier à réagir.

— Non.

Direct.

Instinctif.

Le battement vibra sous le lac.

Leomio ne répondit pas immédiatement.

Mais quelque chose dans son regard s’éteignit légèrement.

Puis Selen parla à son tour.

Sa voix tremblait encore un peu.

— Vous m’avez presque liée à cette chose.

Le vieil homme baissa lentement les yeux.

L’eau noire remuait doucement autour des plateformes noyées maintenant.

Puis il murmura :

— Je voulais comprendre avant qu’il soit trop tard.

Vaelith eut un rire froid.

Sans joie.

— Ça fait deux mille ans que tu dis ça.

Le silence explosa dans toute la galerie.

Leomio semblait épuisé maintenant.
Écrasé par quelque chose de beaucoup plus vieux que le sanctuaire lui-même.

Puis il regarda lentement le lac noir.

Et murmura :

— Chaque siècle…
les seuils deviennent plus instables.

Le battement vibra profondément sous l’eau.

— Les rêves du dormeur atteignent davantage le monde.
Les passages restent ouverts plus longtemps.

Sa gorge bougea difficilement.

— Et je n’ai toujours pas trouvé comment arrêter ça.

Le silence devenait lourd.

Terriblement lourd.

Puis Lythra s’avança légèrement.

Et malgré la peur…
malgré la méfiance…

sa voix resta douce.

— Quand le palais agira…
nous reviendrons.

Leomio releva lentement les yeux vers elle.

Le battement résonna encore sous les profondeurs noires.

Puis quelque chose ressemblant presque à de la tristesse traversa son visage.

Parce qu’au fond…

il voulait probablement croire cette promesse.

Le groupe quitta finalement le lac inférieur dans un silence lourd.

Personne ne regardait réellement derrière.

Parce que tous sentaient encore la présence du dormeur sous l’eau noire.
Immense.
Vivante.

Le battement vibrait constamment maintenant dans les profondeurs du sanctuaire. Chaque pulsation faisait trembler les arches au-dessus d’eux pendant que les fissures blanches pulsaient dans les murs comme des veines ouvertes sous la pierre noire.

Selen marchait difficilement.

Lythra restait près d’elle désormais, prête à la rattraper au moindre faux mouvement. Les avant-bras de la jeune femme étaient encore partiellement pierreux. Certaines fissures blanches continuaient de courir sous sa peau grise dans une lumière maladive.

Puis le battement résonna brutalement.

Immense.

Les chaînes suspendues dans les hauteurs se mirent à vibrer toutes seules.

Le souffle de Kael ralentit immédiatement.

— Je crois qu’il sait qu’on part.

Le sanctuaire gémit autour d’eux.

Un craquement immense traversa les profondeurs au-dessus des arches noires pendant qu’une pluie de poussière tombait lentement du plafond fissuré.

Puis une voix murmura.

Très bas.

Juste derrière Selen.

— Reviens.

Le souffle de la jeune femme s’écrasa dans sa gorge.

Elle se retourna brutalement.

Rien.

Seulement les galeries noyées du sanctuaire.
Les fissures pulsantes.
L’eau noire glissant lentement sous les plateformes métalliques.

Mais son cœur battait beaucoup trop vite maintenant.

Parce qu’elle avait reconnu cette voix.

Pas Leomio.

Le dormeur.

Le froid traversa immédiatement ses bras pierreux.

Puis une douleur pulsa sous ses fissures blanches.

Selen vacilla légèrement.

Lythra l’attrapa aussitôt.

— Hé.

Sa voix résonna doucement dans les profondeurs.

Selen fixait encore l’obscurité derrière eux.

Puis le murmure revint.

Plus lointain cette fois.

— Reviens…

Le battement vibra encore.

Et l’eau noire autour des fondations se souleva légèrement.

Comme une respiration.

Vaelith se retourna immédiatement vers Selen.

Son visage se ferma aussitôt lorsqu’il comprit.

— Ne l’écoute pas.

Sa voix semblait beaucoup trop tendue maintenant.

Puis les arches du sanctuaire tremblèrent brutalement.

Une chaîne immense s’abattit violemment dans les profondeurs derrière eux dans un vacarme métallique assourdissant.

Kael sursauta.

— OK.
Le bâtiment devient vraiment agressif maintenant.

Mais personne ne répondit.

Parce que le sanctuaire semblait réellement réagir à leur départ.

Les fissures blanches pulsaient de plus en plus vite.
Les murs vibraient.
L’eau noire bougeait constamment maintenant sous les plateformes.

Et derrière eux…

quelque chose respirait dans les profondeurs.

Immense.

Le groupe accéléra finalement le pas.

Mais même en remontant :
Selen entendait encore parfois cette voix.

Faible.
Humide.

— Reviens…

Ils atteignirent finalement une galerie supérieure surplombant une partie du lac noir inférieur.

Le sanctuaire semblait plus silencieux ici.

Ou peut-être simplement plus fatigué.

Le groupe ralentit enfin.

Lythra aidait toujours Selen à marcher pendant que Kael observait nerveusement les arches noires autour d’eux. Les fissures blanches continuaient de pulser dans les profondeurs comme un immense cœur malade enfoui sous le monde.

Puis Lythra se retourna une dernière fois.

Le souffle ralentit immédiatement dans sa poitrine.

Leomio était encore là.

Tout en bas.

Seul au bord du lac noir.

Minuscule face à l’immensité du sanctuaire.

Le vieil homme ne bougeait presque plus maintenant. Sa silhouette sombre restait immobile près de l’eau tandis que les lumières pâles dérivaient lentement sous la surface autour de lui.

Et soudain…

quelque chose bougea derrière lui.

Le ventre de Lythra se noua brutalement.

L’eau noire se souleva très lentement.

Pas une vague.

Une masse.

Immense.

Le mouvement traversa les profondeurs sous le lac avant de disparaître de nouveau dans le noir.

Même à cette distance…
la taille était impossible.

Le battement vibra alors de nouveau sous le sanctuaire.

Et Leomio ne bougea pas.

Comme s’il était habitué désormais à vivre au bord d’un dieu endormi.

Le souffle de Lythra ralentit douloureusement.

Parce que malgré tout…
malgré les horreurs du sanctuaire…
malgré les expériences…

le vieil homme lui semblait terriblement seul maintenant.

Puis les lumières sous l’eau commencèrent lentement à tourner autour de lui.

Comme des yeux dérivant dans les profondeurs.

Kael aperçut enfin le mouvement lui aussi.

Et sa voix trembla légèrement :

— On devrait vraiment partir maintenant.

Le battement résonna encore.

Et cette fois…

quelque chose répondit sous le lac noir.

Un grondement immense.

Humide.

Le sanctuaire entier vibra autour d’eux.

Puis Lythra détourna finalement les yeux.

Et le groupe reprit lentement sa remontée vers la surface du seuil pendant que Leomio restait seul au bord des profondeurs noires.

Le sanctuaire commença réellement à se réveiller lorsqu’ils quittèrent les galeries inférieures.

Au début…

ce ne furent que de petits craquements.

Des vibrations parcourant les arches noires.
Des morceaux de pierre tombant parfois du plafond fissuré.

Puis le battement changea.

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Parce qu’il accélérait.

Lentement d’abord.

Puis encore.

Et chaque pulsation faisait trembler davantage les profondeurs autour d’eux.

Le groupe avançait rapidement maintenant dans des galeries noyées où l’eau noire vibrait constamment autour de leurs jambes. Les chaînes suspendues grinçaient dans les hauteurs invisibles pendant que les fissures blanches pulsaient beaucoup trop fort dans les murs.

Puis le sanctuaire gémit.

Un bruit immense traversa toute la structure.

Comme quelque chose bougeant profondément sous les fondations.

Kael releva immédiatement sa lanterne.

— Ah non.
Ah NON.

Le sol vibra brutalement sous leurs pieds.

Et soudain ;

une arche s’effondra derrière eux dans un vacarme assourdissant.

L’eau noire explosa contre les piliers noyés pendant qu’un nuage de poussière grise traversait les profondeurs.

Selen sursauta violemment.

Le souffle court.

Puis les murmures commencèrent.

Partout.

Très faibles au début.

Comme des centaines de voix traversant les murs du sanctuaire.

Le ventre de Lythra se noua immédiatement.

Puis les fissures blanches s’illuminèrent toutes en même temps.

Le battement s’arrêta.

Le silence explosa brutalement.

Une seconde.

Deux.

Puis—

Le cri du dormeur traversa les profondeurs.

Le souffle de Lythra s’écrasa immédiatement dans sa gorge.

Ce n’était pas un rugissement.

Pas vraiment.

Quelque chose de bien pire.

Un son immense.
Ancien.
Impossible.

Le cri vibra directement dans leurs os pendant que le sanctuaire entier tremblait autour d’eux. Les chaînes s’agitèrent violemment dans les hauteurs. Des arches se fissurèrent. L’eau noire se souleva brutalement contre les galeries noyées.

Et très loin sous les profondeurs…

quelque chose bougeait réellement maintenant.

Immense.

Kael tomba presque contre un mur.

Du sang coulait légèrement de son nez.

— Bordel…
bordel…

Le cri continuait encore.

Trop grave.
Trop vivant.

Puis les statues du sanctuaire commencèrent à bouger.

Le cœur de Lythra s’emballa brutalement.

Certaines tournaient lentement la tête dans des craquements atroces de pierre humide. D’autres levaient les bras vers les profondeurs comme si elles priaient.

Et partout…

les fissures blanches pulsaient désormais comme des battements de cœur.

Puis le cri s’arrêta brutalement.

Le silence retomba d’un coup.

Mais le sanctuaire ne cessait plus de trembler.

Ils atteignirent finalement une ancienne plateforme suspendue plusieurs niveaux plus haut.

Le groupe s’effondra presque contre les arches noires.

Le souffle court.

Le sanctuaire vibrait encore autour d’eux maintenant. De petits craquements résonnaient constamment dans les profondeurs pendant que l’eau noire continuait de remuer sous les fondations.

Mais Vaelith…

ne bougeait plus.

Lythra le remarqua immédiatement.

Il était assis contre une arche fissurée.
Le regard perdu dans le vide.

Ses mains tremblaient légèrement.

Puis le battement vibra encore sous les profondeurs.

Et quelque chose sembla se briser en lui.

Pas violemment.

Pas théâtralement.

Au contraire.

Le souffle de Vaelith devint simplement irrégulier.

Comme s’il était soudainement incapable de continuer à retenir tout ce qui remontait.

Puis il murmura :

— On aurait dû mourir là-bas.

Le silence retomba immédiatement autour du groupe.

Kael releva lentement les yeux vers lui.

Mais Vaelith continuait de fixer les profondeurs du sanctuaire.

Et sa voix semblait beaucoup plus lointaine maintenant.

— La première fois…

Le souffle de Lythra ralentit brutalement.

Parce qu’il parlait enfin.

Réellement.

— Arich voulait encore croire qu’on pouvait comprendre les seuils.

Le battement vibra sous les arches.

Puis Vaelith eut un rire faible.

Cassé.

Sans joie.

— Il croyait encore au palais aussi.

Le silence semblait immense maintenant.

Puis Vaelith passa lentement une main contre son visage.

Et Lythra aperçut enfin l’épuisement réel derrière tout le reste.

Pas juste la fatigue.

Quelque chose de beaucoup plus vieux.

— On ouvrait des passages.
On descendait plus profond.
Encore.
Encore.

Sa gorge bougea difficilement.

— Et chaque fois…
le palais voulait plus.

Le battement vibra encore.

Puis Vaelith murmura :

— Plus de cartes.
Plus de seuils.
Plus de réponses.

Le silence explosa doucement autour d’eux.

Puis il releva finalement les yeux vers Lythra.

Et quelque chose dans son regard lui serra immédiatement le cœur.

De la culpabilité.

Immense.

— J’aurais dû l’empêcher de revenir ici.

Le souffle de Lythra ralentit douloureusement.

Parce qu’elle comprenait enfin.

Vaelith ne portait pas seulement le deuil d’Arich.

Il portait la sensation de l’avoir conduit lui-même jusqu’au sanctuaire.

Puis sa voix trembla légèrement lorsqu’il ajouta :

— Et maintenant…
tout recommence encore.

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