Chapitre 3

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  • On y est.

Je resserrai le col de mon manteau, gémissant intérieurement pour que la course sur les Grandes Avenues soit plus longue. Mais Thoren stoppa quelques mètres avant l’entrée de l’Hôtel des Étoiles.

  • On y va ?

Je serrai les poings pour contenir les frémissements et déglutis pour faire passer la boule qui me serrait la gorge.

  • Oui.

Thoren jeta les clés à l’employé chargé de garer les véhicules des VIP.

  • Prends-en soin comme de la prunelle de tes yeux, ou je t’étripe, menaça-t-il.
  • Thoren…

Il m’ouvrit la portière sans s’excuser et j’attrapai son bras pour me redresser.

  • Parle pas aux gens comme ça.
  • Je suis responsable de cette voiture, Erdan.
  • Pas une raison.

Buté, il ne répliqua rien et m’entraîna vers l’entrée. Angoissé, je me dissimulai derrière sa haute stature pour éviter les journalistes, difficilement contenus par des barrières et des vigiles.

Les flashs des appareils photo m’aveuglèrent. Je fermai les yeux, me fiant uniquement à la poigne de mon garde du corps pour me guider.

  • Monsieur Valmont, un mot s’il vous plaît !
  • Votre dernier ouvrage, Une ombre sur le parquet, a fait des millions de ventes !
  • Que pensez-vous de la position de la famille de Clairmont au sujet des éoliennes ?

Les oreilles bourdonnantes, je pressai le pas, crispant mes doigts sur la manche de Thoren. D’un bras, il repoussa les importuns et s’engouffra à ma suite dans l’hôtel.

Je pris quelques secondes pour reprendre ma respiration.

  • Ça va, Soleil ? murmura-t-il discrètement.
  • Oui.

Je secouai la tête et affichai mon sourire de société à l’approche d’un employé.

  • Monsieur Valmont, puis-je vous débarrasser ? s’enquit la silhouette au visage flou.

Je lui laissai prendre mon manteau.

  • Erdan !

Monsieur de Clairmont avançait vers moi, les bras grands ouverts en signe d’accueil, le sourire chaleureux.

Je ravalai difficilement mon mal-être et me concentrai sur la raie impeccable de ses cheveux blond platine, gominés à l’excès.

  • Vous vous joignez finalement à nous ? Après tant de demandes infructueuses, je désespérais de ne jamais vous compter parmi nos invités.

Ses paroles mielleuses accentuèrent mon malaise, mais la présence rassurante de Thoren m’ancra un peu dans la réalité.

  • C’est la vie d’écrivain, mon cher. Je sors très peu, afin de rester concentré sur l’exécution de mes œuvres.

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