Chapitre 4
Un verre de champagne serré dans ma main, je m’appuyai contre un mur, dans un coin assez discret pour que personne ne vienne m’imposer une conversation non désirée.
La soirée était bien trop longue à mon goût. Thoren était parti répondre à l’appel d’urgence de son mari, et je me retrouvais seul.
Je me sentis observé et levai les yeux pour croiser le sourire goguenard de Marc de Saint-Omer, jeune homme gonflé aux stupéfiants, engoncé dans un costume de marque trop serré pour lui.
- Merde, sifflai-je.
Je le vis faire un pas vers moi, et la panique me saisit.
Je reposai mon verre et m’enfuis vers la galerie extérieure de l’hôtel, le souffle court, le cœur battant à tout rompre, comme si j’avais le diable aux trousses.
Plié en deux par un point de côté, je m’agrippai à un pilier. Une intolérable envie de vomir me remonta à la gorge et je déglutis péniblement.
Je fouillai fébrilement dans les poches de ma veste, puis dans celles de mon pantalon.
- Allez…
Je trépignai, les mains tremblantes, cherchant vainement mes médicaments.
- Putain…
J’essayai d’attraper mon téléphone, mais mes doigts instables ne parvinrent pas à le saisir. Il tomba au sol dans un craquement sec.
Les larmes me montèrent aux yeux et je me laissai glisser par terre, les genoux ramenés contre moi, englouti dans un brouillard sombre.
Je tambourinai nerveusement contre mon genou, tentant de contenir la panique qui serrait ma poitrine dans un carcan douloureux.
- Monsieur ?
Je crus à un mirage. La voix, douce et mélodieuse, me parvint à travers le bourdonnement qui envahissait mes oreilles.
- Vous avez un médicament à prendre sur vous ?
Je parvins seulement à secouer la tête.
- Est-ce que vous voulez que j’appelle quelqu’un ? Est-ce qu’il y a quelqu’un ici avec vous ? Je peux appeler les secours si vous en avez besoin.
Une main chaude trouva la mienne.
- Serrez ma main.
Je me raidis, puis refermai faiblement mes doigts autour des siens.
- Encore, intima la voix.
J’essayai. Cette fois, j’y parvins un peu mieux.
- Vous pouvez me donner votre prénom ?
Erdan.
- Vous ne vous en rappelez pas ?
Mais si. Erdan.
- Essayez de me le dire à voix haute, s’il vous plaît.
Je déglutis et réussis à murmurer :
- Erdan.

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