Chapitre 5

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A travers le brouillard qui embrouillait mes sens, je reconnus le pas précipité de Thoren qui se pressait à mes côtés. Il s’agenouilla à côté de moi.

  • Je peux pas te laisser cinq minutes sans que tu me fasses une frayeur, grommela-t-il, mais sa voix était plus inquiète que énervée.

J’eus un rire faible et tentais de me redresser mais j’avais surestimé mes jambes flageolantes qui cédèrent sous moi et la personne à l’accent mélodieux me retint par la taille pour que je puisse rester debout.

  • Attention, murmura-t-elle.

J’entendis à peine Thoren remercier l’inconnu. J’avais du coton dans les oreilles, la vue trouble et une envie insupportable de rendre mon cocktail sur mes chaussures.

Je sentis un bras prudent et solide se glisser sous mes jambes pour me soulever et mon garde du corps glisser quelques pilules entre mes lèvres avant de m’ordonner d’avaler une gorgée de la bouteille d’eau qu’il me tendait.

J’obéissais sans répliquer. Je n’étais pas en état de discuter mon traitement, alors que mes yeux ne demandait qu’à se fermer et mon cerveau dissocier.

  • Restez avec nous, réclama l’inconnu qui me tenait.

Je dodelinait de la tête au rythme de ses pas prudents. Je voyais déjà les grands titres dans les journaux et ça me rendait malade : "Monsieur de Vermont évanoui à LA soirée de l’année… On a dû appeler les secours."

Je n’avais pas besoin de plus de publicité dont je bénéficiais déjà et surtout pas d’une armée de journalistes affamés à ma porte.

  • Discret, articulais-je faiblement.
  • Ne t’inquiètes pas, intervint Thoren. Personne ne nous a vu.

Je me détendis.

  • Erdan.

La voix se fit impérieuse.

  • Ouvrez les yeux. Concentrez-vous sur la réalité.

J’étais trop fatigué. Mes paupières lourdes me pesaient et je ne sentais plus ni mes bras ni mes jambes.

  • Pourquoi ? je gémis.
  • Erdan.

Mes questions se perdirent. Je me concentrai difficilement sur l’accent chantant et je m’y aggripai comme à une bouée de secours, ainsi que me l’avait enseigné ma psychologue, Mylène.

  • Continuez à parler, plaidais-je. Dites quelque chose, n’importe quoi.
  • J’ai pris l’avion il y a deux jours. Une mère et son enfant étaient assis à côté de moi. La gamine en question était tout sourire, et dès que sa mère tournait le dos grimaçait le mieux qu’elle pouvait à mon encontre.

La voix rit, et je frissonnais. C’était un son délicieux. Surtout, je voulais l’entendre encore.

  • Qu’avez vous fait, alors ? demandais-je.
  • Je lui ai tiré la langue en retour.

Je souriais. Je m’imaginais facilement la chute de la scène.

  • Dites-moi que la maman vous a pris en flagrant délit.

Le rire mélodieux fit son retour et je m’en délectais.

  • Exactement. Elle m’a fusillé du regard comme un enfant de cinq ans pris la main dans la boîte de bonbons ou de biscuits.

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