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Naëlle

Depuis que je suis plus souvent à la maison, je suis aussi plus souvent penchée sur l'épaule de Claudio, j'aime beaucoup ce qu'il écrit. Sa plume est devenue plus, lyrique, plus poétique. Ses phrases tantot incisives tantot contemplatives m'émeuvent, me bouleversent, elles me transportent ailleurs.

Il commence à avoir un petit succés d'ailleurs, il vient de proposer son troisiéme manuscrit, les deux premiers se vendent plutôt bien, ce ne sont pas encore ni des Levy ni des Valogne, mais tout de même, il commence à se faire un nom; j'ai foi en lui, c'est avec celui là qu'il va cartonner.

être fiére de son homme, ne veux pas dire, être aveugle non plus, j'ai bien vu qu'il parlait, de façon détournée de sa romance manquée d'avec la femme au manteau commandant de marine, celle là même qui était tombée en pamoison devant lui dans un bar du centre ville alors que nous déjeunions.

M'avait il pris pour une cruche ce jour-là, c'était certain, je lui ai pardonné depuis longtemps, ce qui n'empéche pas de s'en souvenir encore. Que se serait-il donc passé si je ne l'avais pas entrainé en espagne juste aprés ça ? Que se serait-il donc surtout passé si son mari malade elle n'avait pas fichu le camp en Italie ?

C'est le destin des muses, N'en a t'il pas été de même avec Ernest hemingway, Victor Hugo ? Suis-je sa muse ? Non, je ne le pense pas, je suis devenu sa femme voilà tout. Toute femme de romancier est elle condamnée à porter des cornes de cerf sur la tête? C'est ce que nous allons voir.

En tout cas, je l'autorise à accepter des séances de dédicaces, à condition que l'italie soit assez loin, Nice, Menton Briançon, Chambery, Annecy, il n'en est pas question, Grenoble à l'extréme limite, mais pas seul, flanqué de sa Smala, pour le proteger d'inombrables dangers. La dame aux violettes de Parme n'aurat pas le culot de s'approcher si nous sommes là, surtout, j'ose l'espérer, elle a dû l'oublier, il paraissait n'être qu'un jouet dans ses bras.

C'est avec beaucoup de plaisir que je l'accompagne donc dans ses séances de dédicace de ses deux premiers livres. C'est avec beaucoup de bonheur que je le vois harcelé par une miryade de femelles en chaleur, pas toutes mineures ou ménauposées. En riant je lui ai rapellé notre deal, si il succombe, je franchirais le Rhin où Sigfried, fils du roi Xanten m'attend, son éppée magique dréssée pour oxire les dragons.

Il rit alors en m'implorant, un genou à terre, prenant ma main pour la porter a ses lêvres :

  • Oh Belle Kriemhild, je ne vous trahirais pas .

Trés souvent nos jeux sont stoppés nets par des pleurs de gosses, c'est agaçant sur le moment, mais ce n'est pas grâve, je ne me suis jamais sentie autant heureuse qu'en ces moments là.

Claudio

J'écris, j'écris, j'écris, qui a dit qu'il fallait êtreforcément malheureux ou drogué ou saoul pour être prolifique ? Dans tous les cas ce n'est pas mon cas à moi .

je l'apelle ma muse, elle rit et me répond alors :

  • Je ne suis pas votre muse, ne le serais jamais, les muses quand elles vieillissent finissent dans des placards, leurs cornes seules sont exibées comme des trophées par le romancier, je veux être ta femme, non ta muse.

Tous les jours elle imagine un jeu différent pour m'arracher à mon clavier d'ordinateur :

Bains moussants, jeux de cache cache, musique lascive, danse des sept voiles, la plupart des jeux sont voués au échecs, une Louise qui se réveille en pleur a cause d'un cauchemar, une Nina qui crie pour je ne sais quoi, le jeu est coupé net, parfois il ne reprend jamais par abandon d'un ou des deux protagonistes.

Je lui ai annoncé que j'allais abandonner mon personnage d'Angélo, qu'il avait fait son temps. avec un petit sourire en coin elle m'a alors demandée s'il avait retrouvé sa belle Transalpine. Tu n'auras qu'à lire quans il sortira, le troisiéme volet de ses aventures lui ais-je répondu.

Un partenaire italien de ma maison d'édition à accepté de traduire mon histoire pour les lecteurs de la langue de Dante, je ne sais comment présenter ça à Naëlle, elle qui m'interdit les séances de dédicaces à Nice, Menton et Briançon, dans le contrat, il est bien stipulé que je devrais m'acquitter d'une tournée de l'autre coté des Alpes.

En panne d'idée, je fais des recherches actuellement, l'Espagne, la Bretagne sont à l'étude. peut être aussi la région. L'or du Rhin m'a t'elle glissée à l'oreille, un tueur de dragon tombant amoureux d'une belle Burgonde. J'ai ri, que vouliez-vous que je fasse, j'ai ri un peu jaune, mais j'ai ri.

Elle va, dans le cadre de son boulot passer quelques jours à Dresde, Berlin et Munich, elle nous a proposé cette fois-ci que nous l'accompagnons. J'aimerais dire oui, j'irais si tout va bien, si l'état de santé de mon ainée est stabilisé, une petite varicelle, rien de plus grave, mais il faut observer une petite huitaine de jour de quarantaine et c'est à la fin du mois qu'elle doit partir.

Ensuite, il me faudra trouver une date pour aller à paris, finaliser les contrats, je n'aurais pas le choix de date si mr Santoni se déplace, mais une telle proposition ne se décline pas.

  • Chéri, tu as réfléchi ou tu voulais aller pour notre voyage de noce alors ? me tire-elle de ma réverie.
  • Non, l'Espagne, la Bretagne, lui répons-je.
  • Plus exotique,ça te tente pas ? les Iles maldives, la Polynésie, L'ouest américain, les grands safaris d'Afrique de l' Est, le Japon, un voyage inoubliable ? l'Espagne et la Bretagne on pourra y aller quand on veux non ?

Je ne réponds pas, est-ce le moment de lui dire qu'une tournée en Italie sera probablement à programmer ? Que ça ferait un joli voyage de noce...

Je la vois, faire Sissi aux iles borromées, gravir les dolomites, gondoler à Venise, brailler Capri c'est fini et visiter Romel'eternelle, se baigner dans les fontaines. Non, je pense que ce n'est pas une bonne idée

  • J'hésite, la Nouvelle Zélande, L'australie
  • Pourquoi pas les deux ?

Que répondre à ça ?

sinon...Oui

Mais quand pourrais-je lui parler de la signature de contrat avec le signoré Santoni ?

pas maintenant, pas aujourd'hui... quoique

  • Chérie, L'australie, la Nouvelle Zélande je suis d'accord, ce serait merveilleux... mais il faut un mois.
  • Deux même si tu veux, je peux m'absenter deux mois si je m'organise bien, c'est pour ça que je dois m'absenter en Allemagne à la fin du mois... pour préparer mon absence, mettre des trucs en place, aller à Paris aussi. Ce serait chouette deux mois ensemble, non ?

Non, je n'ai pas le coeur de lui parler d'une tournée en Italie, je ne veux pas gacher ce moment, si ça se trouve cette tournée pourra être reportée aprés notre super voyage aux antipodes. Oui, je la reporterais à ce moment là.

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