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Claudio
La tour Eiffel, Montmartre, musée du Louvres, d'Orsay, Notre dame... il y avait tant à voir ici, les enfants étaient beaucoups trops petits pour en profiter pleinementn, mais moi je ne boudais pas mon plaisir, j'y revivais des scénes mythiques du cinéma, au zoo de vincenne j'y voyais encore un Gérard Jugnot surexité jettant des cadeaux aux animaux, dans les rues de Montmartre, Amélie Poulain et Dans notre dame, Quasimodo.
Il y eut Versailles ensuite, puis Rambouillet, la Vilette, j'étais comme un gosse dans ces lieux mythiques. le soir tard, Maëlle faisait monter une bouteille de champagne dans notre chambre, lee enfants étaient déjà couchés.
Nous n'avons plus jamais parlé de ces homériques disputes, mains dans les mains, yeux dans les yeux, nous dinions à la tour d'argent, chez Ducasse, Chez Robuchon... mon préféré fut évidement le Jules Verne à cent vingt cinq métres de hauteur, on dinait en se repaissant des lumiéres de la capitale. Je ne savais jamais ce que j'avais dans mon assiette, un coup ça avait l'air d'être des oeufs, s'en était mais avec un gout de chartreuse, une autre fois l'agneau sucré salé délicieux, je n'osais regarder la note cependant en fin de repas, maëlle la tenait bien sérré contre elle en me signifiant non non de la tête, que l'adition c'était pour elle.
Dans ce restaurant entre ciel et terre j'étais comme un gosse :
Les obstacles sont inventés pour être vaincus : quant aux dangers, qui peut se flatter de les fuir
cinq semaine en Ballon
Cependant, le capitaine avait raison,l'acharnement barbare et inconsidéré des pêcheurs fera disparaitre un jour la derniére baleine de l'Océan.
Vingt mille lieux sous les mers
Allez, un petit dernier pour la route :
Puis le silence se fit un instant, et la voix de l'exécuteur, posant la main sur l'épaule de Michel Strogoff, redit ces parôles, que leur répétition rendait de plus en plus sinistres :
" Regarde de tous tes yeux regarde ! "
Michel Strogoff
lecteur assidu de ses voyages d'aventures, j'étais tombé depuis peu sur un de ses textes oubliés, un texte un brin gaillard, moi qui croyait Jules Verne coincé et triste, je vous en livre un extrait plutot joyeux :
Il est dur lorsque sur terre
dans le bonheur on a vécu
de mourir triste et solitaire
Sur les ruines d'un vieux cul
Jadis dans une forêt vierge
je fut planté sur le versant
Qu'un pur filet d'urine asperge
Et parfois un filet de sang
Alors dans ce tailli sauvage
Les poils poussaient par les sillons
et sous leur virginal ombrage
Passaient de jolis morpions
destin fatal ! Un doigt nubile
Un soir par là vint ségarer
et de sa phalange mobile
Frotter,racler et labourer...
Bientôt au doigt le vit succéde
Et dans ses appetits ardents
Appelant la langue à l'aide
Il nous déchire à belle dents
J'ai vu s'en aller nos dépouilles
sur le fleuve des passions
Qui prend sa sources dans les couilles
Et va se perdre dans les cons*
J'ai été surpris de trouver un tel texte dans ses oeuvres, enfin bon, il parait que Jules Verne fut jeune aussi, un jeune reveur un peu foufou qui ne révait que de mariage, voyant ses pseudo conquêtes se marier les unes aprés les autres avec des hommes plus vieux et plus riches que lui, jusqu'a ce qu'il rencontre une jeune veuve de deux ans sa cadette, déjà mére de deux filles.
Maëlle slalomait comme une médaillée d'or de jeu d'hiver dans ce monde un peu guindé, elle était dans son élément. Moi, je m'emmerdais un peu dans ces beaux quartiérs, mangeant dans de la fine porcelaine, ne sachant jamais quel verre ou quelle fourchette porter à ma bouche, et devrais-je l'avouer, je restais un peu sur ma faim dans ces restaurants deux trois étoiles, c'était bon, finet gouteux mais ça manquait de quantité. j'en fit la remarque à tendre et douce, lui disant que la prochaine fois j'irais engloutir deux ou trois frites et quatre ou cinq nuggets dans un bon vieux mac-do avant de m'attabler à nouveau dans un Septime, où je devrais manger, guindé cul sérré cela la fit rire, elle rajouta cependant en m'ébourrifant les cheveux que j'étais insortable. Et c'était là le probléme, je n'étais plus dans mon monde, j'étais dans le sien, j'étais devenu sa maitresse, la mére de ses enfants allais-je dire, j' avais peur d'être devenu son petit mari de province qu'elle sortait le dimanche, Je n'étais qu'un joli bracelet à son bras, un de plus. En pensant celà je savais que j'étais injuste, que lorsque je l'avais rencontrée, elle n'était encore qu'une manager de bas étage, une chef d'open space, et, qu' elle avait grimpée les bareaux de l'échelle un a un, les bareaux de l'échelle dont elle m'avait gentilment écartée, je n'aurais pas voulu grimper de toute façon, j'étais trés bien là où j'étais...
Lorsque je lui fit part de tout ça, elle ri d'abord puis dodelina de la tête ensuite et me répondit enfin :
- Je ne te comprend pas, tu n'aime pas tout ce luxe
Que lui répondre
Elle reprit tout de même
- C'est pour vous que je fais tout ça, pour que vous soyez fiers de moi !
Alors là, c'était un peu gros, si elle pensais que j'allais gober tout ça, de qui se moquait elle, en quoi étions nous responsable de sa réussite, ce n'était pas que pour nous qu'elle se la jouait Femme d'affaire à la Starmania , j'eus peur tout à coups qu'elle se foute à chanter le blues du buisnesman
J’aurais voulu être un artiste
Pour pouvoir faire mon numéro
Quand l’avion se pose sur la piste
À Rotterdam ou à Rio
J’aurais voulu être un chanteur
Pour pouvoir crier qui je suis
J’aurais voulu être un auteur
Pour pouvoir inventer ma vie
Pour pouvoir inventer ma vie
Je lui ébourifait les cheveux à mon tour, sa jolie choucroute confectionnée par un grand nom de la coiffure, un savant coiffé décoiffé, balayage lumineux et coloration végétale subtile.
- J'aimais bien la Naëlle qui le soir venait dormir dans mon petit appartement, celle qui me couvrait quand la patrone me reprochait d'être en retard, j'aimais bien la Naëlle qui était la cause de mes retards car elle m'entrainait souvent de bon matin dans des plans foireux de salle de bain où il fallait t'aider à boutonner la robe que tu n'avais pas.
- Tu as fini ? Tu serais en train de dire que je ne suis plus cette fille là, tu m'ennuie Claudio, dans une minute je vais me lever, officiellement je vais me repoudrer le nez dans les toilettes qui sont au fond de la salle à Gauche, puis à gauche et enfin a droite, quand je serais partie tu compteras jusqu'a vingt et tu m'y rejoindras, tu verras si j'ai tant changée que ça .
* Lamentations d'un poil de cul de femme, Poéme, 1854, Jule Verne

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