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Alessandra

Non, il n'y avait aucun enthousiasme à mon retour en France, pays dans lequel j'avais passée la majeure partie de mon age adulte, pays dans lequel j'avais aimé, j'avais pleuré, j'avais trahi l'amour de ma vie . J'étais partie, j'avais voulu partir, que pensais-je trouver en Italie pays de ma naissance, de mon enfance heureuse, de mon adolescence malheureuse ?

Finalement ma trahison de l'homme que j'aimais le plus au monde avais été plus que bénéfique, se pouvait il que les mauvais actes soient recompensés par de belles choses ?

se pouvait il que la mort de Marcello soit ma punition ?

dans une de ses chanson le chanteur Renaud ne martelle t'il pas :

L'jour d'notre naissance, deux scarabées sont morts,
dès qu'un enfant rentre dans la vie,
un vieillard en sort.

Sans déc',
j'vous jure qu'c'est vrai les mecs.
Paul Préboist Gaston Defferre,
Si j'mens, j'vais en enfer.

De cette trahison était né l'autre amour de ma vie, un homme m'avait été enlevé, un autre homme en devenir m'avait été été donné en retour; il avait été témoin malgrés lui des derniers rires et sourires de cet homme que je croyais en granit, qui n'était que de calcaire comme tout ce qui est humain. Mais me diriez vous, pas mal de constructions romaines l'avaient été en pierre de taille de tuf calcaire et étaient encore debout de nos jours, donc le calcaire et l'argile, plus tendres que le granit, le basalte et le marbre étaient aussi durables qu'eux et dignes de grandes réalisations; alors pourquoi disait on dur comme du granit, imputrescible comme le chêne...

Je ne suis pas dans la construction, même si mes origines lointaines sont étrusques et romaine, tous deux peuples de batissseurs s'il y en avait. Non, je suis dans le futile, lecture, écriture, traduction... j'ai encore trahi Marcello en traduisant les aventures d'un certain Angélo qui n'est autre que le pére biologique de celui que je lui ai présenté comme étant son enfant. Marcello n'en fût point dupe, il prit cet enfant d'un autre comme sa derniére chance d'être appelé papa, il a connu cette joie, peu de temps, mais il l'a connue, puis il s'est envolé à travers ciel au pére éternel*

Je ne voulais pourtant pas me l'avouer, mais, je n'avais jamais céssé d'aimer celui que j'ai appelé de peur de m'y attacher plus que de raison : David, Fabrice, Julien selon les jours ou Julien Fabrice David, tout en me rappelant fort bien qu'il se prénommait Claudio Luciano. Je l'avais aimée sans vouloir me l'avouer, que de temps perdu, je l'ai laissé se consoler sur l'épaule d'une autre pauvre conne que je suis, ayant peur d'aimer deux hommes à la fois. Je sais qu'il est trop tard désormais, qu'il a céssé de me chercher, qu'il est pére de deux filles, une de mes anciennes voisine et amie les as croisés tous les quatres, il semblaient un couple heureux. Je ne sais si j'ai encore le droit de m'approcher de lui, n'ais-je donc pas asssez fait de mal comme ça ?

Et pourtant, je le sais, la réponse est en moi, oui, si je peux torpiller ce couple pour mon plaisir personnel je le ferais sans aucune réticence, sans une once de compassion pour celle qui se prenomme Naëlle, je n'ai jamais connu cette fille, je l'ai toujours détestée, elle a volée cet homme dont je ne voulais pas.

Je suis une salope, et alors, si c'est mon bon droit, s'il est assez bête pour remettre le couvert avec celle qui lui a fait tant de mal, je suis sure qu'il ne m'a jamais oubliée, j'ai son livre ouvert page 244, je n'invente rien :

Mais moi, pendant que passaient les albums Bretagne, vacances à Castellon, dans le Var à Cavalaire... j'étais ailleurs, je ne pouvais pas m'empêcher d'être ailleurs. Les gorges du Verdon, le lac de Sainte Croix, Douarnenez et le chemin des douaniers, la costa Daurada, la costa Azahar, la méseta, Madrid, Valencia, je voyais les photos, m'enthousiasmais quand il fallait le faire, riait quand elles riaient, mais malgrés moi je pensais à l'autre, qui devait avoir retrouvée son mari à l'heure qu'il etait. Qu'avait elle de plus que n'avait pas celle qui partageait mon lit, ma vie, mes sourires actuels, rien de mieux !

Elle n'était pas plus jolie, je crois l'avoir déjà dit. Celle que je disais aimer en ce moment, avait même des avantages que l'autre n'aurat jamais, des seins superbes, plus gros, plus ibériques que sa concurrente doux comme deux pésségues, Juteux comme des melocotons,. Ce n'était ni les cuisses ou les fesses que toutes deux portaient superbes.

Alors, qu'étais-ce, je ne sais pas, un petit rien sans doute. Ah si, je pense savoir... L'homme veut toujours avoir, ce qu'il ne peux possséder complétement. N.... me donnait déjà tout, je n'avais plus rien à en espérer, de l'autre ne restait que des regrets et des soupirs de nuits manquées, je la laissais volontier à son vieillard de mari.

Mais, je n'irais pas le reconquérir les armes à la main tel Jules César Alésia, non, je pourrais revenir dans sa vie par la grande porte à la Belmondo :

Coucou me voilà badaboum, je te montres un sein, une cuisse, je la joue femme fatale qui s'évanoui dans ses bras... et l'embrasse à brule pourpoint.

Non, je veux être bien plus garce, bien plus complexe que ça, bien plus machiavélique. Mon plan; mais il est d'une facilité enfantine, j'ai son livre dans les mains, je connais son nom d'auteur, lui ne sait pas que je suis sa traductrice, lui croit m'avoir balayée de sa vie, que je ne suis qu'une ombre, un fantome de son passé. j'attendrais, comme une araignée tapie dans un coin de toile, il viendra bien visiter Nice ou Marseille ou Aix-en Provence un jour ou l'autre, au pire c'est moi qui sussurerais la date de sa visite dans une de ces villes... Mon fils, notre fils servira d'appat.

Qu'il entre dans mon lit à nouveau, je me charge du reste, je peux dans un premier temps le partager à nouveau... je serais comme l'eau sapant les fondations d'un pont que tous croyaient éternel, rien ne resiste à l'eau qui descide qu'un destin est célé, rien ne résiste à la femme qui veut et crois à sa bonne étoile. Merde à l'autre, elle n'est rien, et si elle se bat pour garder mon bien, ma victoire ne sera que plus belle... J'ai hate de voir Claudio Luciano se trainer à mes pieds, comme Caesar devant Cléopatre sortant de son tapis, sauf que l'égyptienne ce sera lui, enfin je crois que vous avez compris. Je suis chatte, la souris Claudio finira sous mes dents. Je me contemple dans une glace, grace au footing je me suis forgée une silhouette de rêve, je n'ai jamais été si sexy... et, je n'ai absolument plus aucun tabous... ni moralité, j'ai envie, je me sers.

*Si la premiére chanson est Sans Dec. de Renaud,

il s'est envolé à travers ciel au pére éternel* est un vers de G Brassens, Chanson pour l'Auvergnat.

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