75 bis

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Naëlle

A cet instant précis je me sens comme Lady Di, avec son amant Dody Al Fayed dans le passage du pont de l' Alma. Wegner conduit beaucoup trop vite et j'ai peur, je lui ai dit de ralentir, il m'a répondu

  • Ne t'inquiéte pas, je sais conduire, l'Audi A6 est la voiture la plus sûre au monde et tu es en Allemagne, sur une des autoroute les plus sûre au monde... Ce soir on dort à Paris

Je m'en voulais, je l'avais embrassé au sortir de la réunion tout a l'heure, que dira t'il de moi, que va t'il penser de moi, moi qui lui ai dit que le fait qu'il se soit séparé de Martha ne changeait rien à mes sentiments pour mon mari, il pensera que j'étais comme toutes les femmes

  • Votre roi François premier disait, Souvent femme varie, bien fol qui s'y fie
  • Et votre Charle Quint disait « Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes, français aux hommes et allemand à mon cheval. »
  • Laissons tous ça ma belle me répondit il, nous verrons à Paris, vous n'aurez pas le coeur de me laisser dormir sur un fauteuil ? j'ai rendu ma chambre, je te le promet, demain tu seras à Grenoble, avec tes filles

Et c'est à ce moment précis, a bord de la voiture la plus Sûre au monde, sur l'autoroute la plus sûre au monde, qu'un grain de sable est venu gripper cette belle mécanique. Avait il mal calculé la distance avec le vénicule d'avant et d'aprés, avait il été distrait par cette perspective d'une peut être nuit avec lui, lui avais-je dit que j'allais m'offrir à lui ? Parfois les hommes prennent leurs désirs pour des réalités, mais comme je n'avais pas été franche franche sur ce coup là...

Enfin pourquoi parlais-je d'un hypohétique cocufiage du pére de mes filles alors que l'audi partait en toupie et en tonneaux, que ne disais-je pas que nous allions trop vite ?

quand ça s'est arrété de tourner dans un grand fracas de férraille, j'ai pris conscience, la tête en bas, les jambes coincées que le conducteur ne parlait plus, ne gémissait pas ne respirait peut être plus. J'entendis au loin ou tout prét, je ne sais plus des sons d'ambulance de police de pompiers peut être

je vous passerait les détails, ils ont du découper la voiture pour acceder à moi, s'était il passé un temps trés court ou trés long, je n'en savais rien, je n'avais aucun moyen de voir l'heure sur le volant ou sur mon bras, coincé par un morceau de siége ou de tableau de bord,

Avais-je peur, mal, j'avais soif en tout cas et je pensais à mes filles à Claudio aussi un peu, que j'aimerais l'embrasser à mon retour

le beau garçon qui essayait de me délivrer me parlait, je voyais ses lévres bouger mais je ne l'entendais pas... c'est drole, j'essayais de rire à une vieille blague des Inconnus, je n'aurais jamais cru qu'une vanne aussi nulle me ferait rire un jour

Moitié homme moitié chariot...

car je sentais que j'appartenais à la voiture, quelle ne voulait plus me lacher, que passé mes hanches le reste de mon corp était invisible

Je me souviens de la douleur fulgurante quand aprés un temps qui me parut trés long, ils me séparérent de la voiture, enfin de l'amas de plastique et de tole qui fut une voiture... je me souviens de cet homme qui me parlait sans cesse

Reste avec Nous, Naêlle, ne t'endort pas, je ne comprenais pas tout, l'accent de l'homme était trop fort, l'allemand de Wegner était plus doux, mais où était donc wegner ?

C'est dans l'ambulance que j'ai céssé d'avoir mal, que j'ai céssé d'avoir peur, ou j'ai fermé les yeux en pensant a vous mes trésors

à toi mon mari que j'ai aimé si fort, que j'aime si fort

a Louise, a Nina encore si petite, que je ne sais si je les verrais jamais grandir...

Y a t'il un Walhalla, un paradis, un endroit ou nous nous retrouverons un jour... Soudain aprés un long trou noir, non pas un puit de lumiére ou un bout de tunnel, mais, une sensation, étais-je morte ou vivante...Auprés de qui finirais-je donc ce voyage, auprés de Wegner qui devait avoir rejoint les vertes prairies de son Walhalla ou rejoindrais-je ma famille dans le sud est de la France, dans cette ville entourée de montagne que je n'avais jamais aimée et où m'attendaient tous ceux qui comptaient pour moi.

J'essayais d'ouvrir les yeux, je n'y arrivais pas, une peur panique d'être déclarée morte me fit hurler, mais avais-je seulement la force d'hurler, j'avais une sale impréssion d'être devenue un jouet voguant au gré d'envie contrarié, qu'on me demande là haut et je montais la haut, mais sans vraiment y arriver, qu'on ai besoin de moi en bas et je redescendais, que voulais-je, moi, vraiment ?

Monter ou descendre ?

Je pensais à mes filles si jeunes encore, je pensais à cet homme, Claudio que j'aimais encore, que j'avais céssé d'aimer, qui m'aimait encore, qui ne m'aimait plus, enfin pas comme j'aurais aimé qu'il m'aime. Alors je me tournais vers Wegner, qui lui, j'en étais sûre, m'aimait, il venait de quitter sa femme pour moi, moi qui ne lui avait rien promis, moi qui m'étais peut être offerte à lui un jour de beuverie, mais s'offrait on a l'autre quand on ne se rappelait plus l'avoir fais. Ce soir en tout cas, aprés cette réunion ou je n'ai rien bue, je l'ai embrassée, j'ai faillir m'offrir à lui dans cet ascenseur, si cet homme qui ne devait pas monter n'y était pas entré, je l'aurais fait, j'avais encore envie dans le parking, puis il a passé la premiére, trés vite j'ai eu peur, la peur a accompagnée mon voyage de longues heures, Pourquoi as-tu roulé si vite Wegner, hier au soir tu aurais commandé une chambre d'hotel je t'y aurais suivie, j'arais cocufié Claudio mais tu serais encore en vie Wegner. Et moi...

Je veux vivre... Je veux rejoindre mes filles et cet homme qui ne sait plus si il m'aime et si je l'aime..

Je veux les rejoindre, bordel ! Quelqu'un m'entend t'il ?

Ne me laissez pas mourir !

Je ne veux pas mourir, je veux vivre, monte sans moi Wegner, tu n'avais pas à conduire si vite, tu m'aurais à présent, tu es le seul fautif... Mais peut être étais-ce ainsi écrit ?

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