79

6 minutes de lecture

Alessandra

Aujourd'hui est le grand jour, mes trois exemplaires de Fabrice jullien à la main, la trilogie GionescoStendhaliene d'Angélo je m'en vais à une séance de dédicace.

Il a annulé sa tournée en Italie m'a prévenu son éditeur qui est aussi mon employeur, il l'a reportée pour l'automne mais il a conservé ses dates pour ses présentations de son dernier roman dans le sud est, Aix, le 26 mai, Marseille le 27, puis Nice, Antibes et Canne, Lyon, Grenoble, Chambery et Annecy en Juillet Clermont Ferrand en Aout, puis Montpellier, le Grau du roi et séte, Arcachon et Bordeaux enfin fin aout

Il ne peut pas abandonner sa femme qui a réchapée à un grave accident m'a confié Charles Delcourt, le propriétaire des Ecuries d'Augias Une jeune maison d'édition qui monte, qui monte...

Naëlle a eu un accident, oh bichette ! Pourquoi n'est elle pas morte cette salope, ça n'arrange pas mes affaires ça, enfin tant pis, je m'habille en femme fatale, je me maquille juste ce qu'il faut, c'est à dire, je souligne mes yeux d'une lichette de mascara et j'étale sur mes lêvres un pinceau de peinture rouge cerise... ah oui, je n'oublie pas de porter au bras mon vieux trenchcaot capitaine de marine... celui qui j'avais ce fameux jour, quand j'ai terminé la journée dans ce lit brinqueballant et grinçant d'un hotel sordide.

Et paf, elle est là avec toute la smala... Lui, plus beau que jamais, mal rasé, les cheveux courts le look soigné, plus beau que dans mes rêves, un je ne sais quoi de plus mûr, il y a trop de monde pour que je lâche les chiens... J'hésite un instant, lacher mon fils dans l'aréne, j'ai peur qu'il se fasse lapider, il pourrait jouer avec l'ainée... un peu trop jeune, trop dans les jupes de la mére en tout cas.

je remballe mes livres, je sors avec mon fils, je reviendrais une autre fois, elle ne va pas l'accompagner à chaque fois tout de même !

A moins que... Non, je n'ai pas envie de draguer ou me laisserdraguer par un cnnard quelconque, Attilio, ça m'a suffi

Il a cherché a me joindre, il m'a relancé, j'ai eu un mal de chien à lui faire comprendre sans le blesser qu'il ne representait pas mon idéal masculin... Mon Idéal masculin, il est là, dans cette piéce couvé par une mére poule ou... Six pieds sous terre.

Frustrée, ennervée, je raye sur ma liste Aix en Provence, j'essairais demain à Marseille

J'y court aujourd'hui faire un repérage des lieux, je m'y louerais une chambre, prés du vieux port, la séance de dédicace n'est ni a la Fnac ni à la librairie L'ile aux mots, mais la dantesque Evasion le nouveau lieu à la mode marseillais.

J'avais visitée les lieux il y a peu. Un joli endroit dans le vieux quartier du panier, à deux pas du vieux port, deux grandes baies vitrées de part et d'autre du batiment d'un coté vue sur le port, les iles et la mer, de l'autres, les quartiers nord les collines pelées par les incendies trops fréquents au loin et l'incontournable bonne mére, la librairie immense capharnaüm savement orchestré utilise tous les coins et recoins de cet ancien appartement de pêcheur, tout ici parle de mer, de mer et de garrigue, dans un coin trone la photo en pied de Marcel Pagnol en académicien, le local de l'étape et face a elle, le mentor, le manosquin Jean Giono, assis à son bureau :

 Pour un voyage aussi court que celui-ci à Marseille, quand je rentre, je retrouve sur le quai de ma gare cet air vif des Basses-Alpes et avec lui, mon pays, comme revenant d’un dépaysement extraordinaire, c’est que l’air d’ici a un goût particulier.*

était écrit en grosses llettres rouges sous la photo de l'auteur du Hussars sur un toit, sous l'autre portrait, une célébre boutade tirée de César ou Fanny, je ne sais plus

CLAUDINE
Si vous alliez un peu plus souvent à l'église, au lieu de boire tant de pastis, vous sauriez qu'il n'y a qu'un Dieu ! Et ce Dieu, c'est le nôtre.

CESAR
Oui, évidemment, le bon, c'est le nôtre. Mais alors, sur toute la terre, il y a beaucoup de gens qui sont couillonnés. Ça me fait de la peine pour eux. N'est-ce pas Monsieur Brun ?

Au premier étage, c'est la que ça se passe, une grande salle où sont accrochés des tableaux, des oeuvres d'artistes locaux representants, la bonne mére, le Garlaban, la sainte victoire ou une vue de camargue... sous une photo du vallon des Auffes, trone un bureau, c'est là qu'était assise mon autrice, une jeune blondinette sexy que j'avais déja rencontrée à Civitavechia lors des trois jours de Stendhal, elle présentait son dernier roman, elle n'avait pas d'agent encore, fort heureusement pour moi, si elle en avait eu un, j'aurais surement ratée le contrat. je l'ai baratinée, lui ai proposée de traduire tous ce livres, elle en avait déjà cinq a son actif

  • Mon dieu, mais à quel age avez vous commencé à écrire me suis-je exclamé
  • Mais à 22 ans, j'en ai 26
  • Mais vous en faites à peine 18

Cela la fit rire, c'était dans la poche, elle m'a avoué ne pas être contente de sa derniére traduction, étant complétement bilingue, elle avait pu se rendre compte de l'étendue de la bétise de sa derniére traductrice, elle fut contente de ma proposition et signa un contrat avec moi quelques jours plus tard, je lui avais montré le travail que j'avais réalisé sur la trilogie Angélo, sans lui avouer bien entendu que j'étais partie prenante de ce récit.

J'avais fraternisé immédiatement avec elle, une fois la question des gros sous réglée, je lui demandait cependant si l'éditeur la suivrait, elle me répondit directe et franche dans un grand rire frais et généreux :

  • L'éditeur c'est mon mari, mon nom d'autrice c'est Léa saci, mon nom d'épouse Léa Saccirello Delcourt, mon mari n'a aucun droit de regard sur mon oeuvre et mon biseness, je suis libre comme l'air et pas que commercialement parlant, vous m'avaez chauffé le sang avec votre Fabrice Jullien, quel beau garçon, j'aimerais bien lui inspirer deux ou trois autres chapitres d'Angélo... j'ai tout lu de lui, quelle plume, en plus on le voit progresser, le premier tome était noir comme de l'encre, le second trés lumineux, le troisiéme plus adulte, plus... homme solide, large d'épaule, je ne sais s'il est célibataire... Non, un tel homme doit être en couple, ce serait du gachis sinon, je lui poserais la question, nous nous rencontrerons bien un jour, nous avons le même éditeur... ne le dites surtout pas à mon mari, c'est moi qui lui ai sussuré de travailler avec lui, je ne pense pas qu'il le regrette

Puis, brusquement elle me prit par le bras et m'entraina au dehors :

  • Mais nous ettouffons dans cette mostrueuse bicoque, je comprend mieux Stendhal maintenant, il abhorait cette ville, la trouvant sinistre à mourir, il n'avait pas tort, ça te dit de m'accompagner, je peux te tutoyer, tu dois être à peine plus agée que moi...

J'acceptais avec grand plaisir, je n'avais pas beaucoups d'amie de mon age à l'époque... je compris un peu tard qu'elle ne se baignais que nue, qu'elle avait les mains baladeuses et qu'elle était édoniste jusqu'au bout des seins. Je refusais ses avances, lui assurant que je la trouvais trés jolie et trés sexy mais que je préférais les hommes à larges épaules et a la voix profonde.

Elle rit a nouveau en m'affirmant qu'elle aussi, préférait les hommes comme Fabrice Jullien , mais qu'elle ne dédaignait pas de temps en temps sucer un abricot, surtout si l'abricotier était mignon. J'en rougit de plaisir, cette léa devait être redoutable, je n'osais accepter d'entrer dans sa chambre, de peur, aprés deux verres d'alcool, de changer d'avis

elle m'affirma cependant ne pas m'en tenir rancune, que nous demererions ami et que si un jour je voulais lui présenter Jullien, elle n'y trouverait rien à redire

Je ris à sa sortie, jaune bien entendu, mais je ris volontier, ce que je ne lui avourais jamais c''est que si Ce fameux jullien un jour serait libre, je ne le lui présenterais jamais, car avec sa peau dorée, son rire ravageur, ses petits seins espiégles et ses fesses rondes, elle avait de sacrés beaux atouts madame Delcourt, peu d'hommes devaient avoir le courage de lui dire non quand elle voulait quelque chose, et moi , David Fabrice Julien, c'était pour moi seule que je l'aurais

j'avais peur demain à Marseille de devoir me battre contre sa femme et d'autres aventuriéres à la L Delcourt... mais j'avais une botte dans mon jeu pour demain, je lui présenterait son fils.

* Jean Giono, Provence 

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire Etienne Ycart ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0