82.2
Naëlle
Il se pourrait qu'on m'y retrouve à rester comme une femme un peu bébétte à attendre béate d'admiration que mon mari vende des livres. Une journée entiére à donner le biberon à l'une, jouer à la marelle avec l'autre, pour que, à la fin, le beau male, sûr de son seax appel, finisse avec un parterre de gonzesses en admirations, encore, le voir pérorer une couche à la main
Il faut dire que là aussi il a un sacré coup de main, il sait, sans mauvais esprits aucuns, s'occuper des culottes de ses filles autant que celles de sa femme. Oui, je l'ai un peu mauvaise, non, il s'en tire pas si mal que ça ce beau parleur Casonova
Giacomo Giavani qui disait :
Ue fille qui par le peu qu'elle laise voir à un homme, le fait devenir curieux de voir le reste, a déja fait les trois quarts du chemin qu'il faut faire pour le rendre amoureux
à dit aussi
Il n'y a pas de femmes au monde qui puisse resister aux soins et à toutes le attentions d'un homme qui veut la rendre amoureuse
J'ai le temps de lire en ce moment, je ne m'en prives pas, je suis moins femme préssée cul sérré dans un tailleur chic et escarpins salopes et guépiere pdg
Non, petite lunettes rondes, pull informe sur un jean moulant, bottes Country façon Beyoncé ou Taylor Swift... il faudrait que j'essaye la veste à frange façon Pocahontas... et je lis Maupassant
Le crime au pére Boniface
lorsque le gendarme écoute à la porte, il se rend bien vite compte que les soi-disant cris d'assassinat sont en fait ceux de besognes plus galantes. Et chacun se moque maintenant du « crime » au père Boniface.
Je lis également, San Antonio, Non pas Sade, c'est vilain et sale Sade, pas sexy du tout
Ah... L"amant de Lady Chaterley de Dh Lawrence :
Quels menteurs, les poètes, et tous les autres ! Ils vous font croire qu'on a besoin de sentiment, quand, au contraire, ce dont on a suprêmement besoin, c'est de cette sensualité perçante, consumante, peut-être horrible
ou bien
Je ne vois pas en quoi je fais plus de mal à une femme en couchant avec elle qu'en dansant avec elle, ou même en lui parlant de la pluie et du beau temps. C'est simplement un échange de sensations au lieu d'un échange d'idées. Alors, pourquoi pas?
Alors, je ne vais pas passer le temps à le regarder se pavasser comme un paon au milieu des attentions de toutes ces pré pubéres qui le mangent des yeux comme une vulgaire glace au café ou au chocolat. moi, si je mange un sorbet, avec ou sans le cornet ce serait des gouts plus suaves, plus subtils...Mandarine et ses confettis, Orange sanguine et son nougat chaud froid, Vanille de l'ile Bourbon sur son lit de coulis de litchi... et je ne parle pas d'abricots ou de coulis de figue.
J'ai rencontrée deux nouvelles copines hier, elles ont en commun avec moi d'aimer les jolis garçons, elles ont vite compris que cet ersatz de Stendhal qu'est mon mari n'était pas à foutre entre toutes les mains, que sa femme s'occupait bien de lui, qu'elle était fort conciliante, trés souriante, mais...
Il y a tellement d'hommes célibataires ou mals mariés de par le vaste monde
un" touche pas au grisby salope", les as fait bien rire mais elles en ont compris le double sens... et c'est la qu'avec ces deux dévergondées que sont Léa et son agent Gwendoline, a moitié nues sur une plage desertée des Catalans - Les Phocéens ne se foutent pas a poil à moins de trente degré celsius- pas nous
Quand je pense que juste le mot celsius, a laquelle Léa rajoute mais n'abalpa les fait rire, je me demande ce qu'elles ont de littéraire, mais c'est si plaisant de rire commes si nous étions des lycéennes en goguette :
La touffe à l'air, a Oualpé, se faire dorer la rascasse, se faire bronzer le mérou... j'en passe et des meilleures, et nos filles rient avec nous...
C'est là, entre deux fous-rire, entre, se faire rôtir le balai, avoir l'abricot en folie et deballer le Mon Chéri, qu'elle m'ont demandée si je ne voulais pas être son agent, c'est l'agent qui a le pouvoir... et qui dit que je ne resterais que l'agent d'un seul auteur quand je me serais fait la main sur mon mari
et c'est là, cerise sur le gateau, qu'elles m'ont dit de me méfier d'une correctrice que Léa avait rencontrée à Civitavecchia, elle ne voulait pas manger du fruit de mer mais du beignet... et quand elles m'ont dit le nom de la donzelle, j'ai vu rouge
Alessandra!
Mon sang n'a fait qu'un tour, je savais que cette femme trainait dans le coin a nouveau, je ne sais pas comment je le savais mais je le savais, enfin, je le pressentais plutot
comment chantait Louis Chédid dans Anne ma soeur Anne déjà :
C'est comme un cauchemard,
elle est revenue la vermine
C'était ça, un cauchemard ;
je me souvenais alors :
Nous étions installés à notre table fétiche, elle avait voulue fêter notre premiére semaine de rencontre, elle m'avoua que je lui étais déjà indispensable, que j'étais celui qu'elle attendait depuis longtemps, son sauveur, son Zorro... son Clyde Barrow.
En riant je rougissais à tout ça, Je trouvais que ça allait bien trop vite pour moi, mais, d'un naturel pussillanime je me laissait guider. Elle avait l'air de savoir où nous allions, alors je descidais de m'en remettre à ses bons soins
Maisce matin là, cematin automnal et amoureux, pourtant trés bien commençé se continua fort mal.
Mr Bernard, le serveur que j'appelait déjà par son prénom, Robert, avait remarqué le curieux manége d'une femme qui paraissait agitée, elle finit par disparaitre, happée par la grande porte de Saint André, la grosse église qui fermait la place du Tribunal.
- Encore une cul bénnie qui doit avoir des remords sur le coeur, ça sent la rombiére qui trompe son mari ça, plaisanta t' il .
Il aimait plaisanter, Robert, surtout s'il savait avoir un public, ce qui était le cas
- Et voilà, cul béni qui vient prendre un petit noir aprés avoir expié ses fautes, Dieu lui pardonnera t'il, elle n'est pas môche, ma foi ! J'aurais aimé être le pêcheur qui l'a faissait pleurer.
Si j'avais su a ce moment la que ce pécheur était l'homme que j'aimais le plus au monde... et c'est moi ensuite qui lui avait proposé pauvre conne de l'accompagner, de ne pas laisser une femme tombée dans les pommes seule... bien entendu qu'il l'a raccompagnée; voire plus...
- Oh Naëlle, que t'arrives t'il ? me demandait Gwendoline
- Moi j'ai compris la coupa Léa, c'est quand j'ai prononcé ce prénom, Alesssandra, c'est vrai, c'est une sacré belle femme, mais elle n'a rien de plus que nous, que toi Naëlle, je t'ai mal jugée hier, tu es plus belle que ton mari, tu vaux dix fois plus que lui... Ce n'est pas parce que je peux être une broute moquette... quoique avec toi je dirais pas non, tu ne sais pas ce que tu perds...
- Tu ne perds pas le Nord toi, peut être un jour qui sait, il ne faut jamais dire fontaine je ne boirais jamais de ton eau... cette fille, c'est l'ex de mon mari en fait, vous savez les ex...
- Oui, une ex ça fait toujours peur, répondis Gwendo, moi j'ai plein d'exs et pleins d'hommes tremblent quand ils voient l'ombre de mes seins, leurs femmes encore plus... je peux entendre leurs claquements de dents quand je passe à proximité d'elles, j'ai été une sacré salope quand j'y pense, tu as raison d'avoir peur Nal ! une ex qui veut récupérer...
- Ne lui fait pas peur... c'est sa correctrice... oui je te comprends, le loup dans la bergerie, mais j'ai un plan, on va lui faire un coup dont j'ai le secret, cette femme qui se la pête, je l'ai pas vraiment appréciée
- Je connais Léa, raille Gwendo, si elle avait pu lui manger la salade...
- Arette, Gwen, je te dis que j'ai un plan... Il faut qu'on trouve une bibliothéque qui vend des livres en langue italienne... on attend qu'elle rentre dans la librairie où ton mari dédicace et on la coince
- On l'a fracasse
- Non, je connais mieux que ça, mieux que la violence physique...

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