Retour vers Poudlard
La gare de King's Cross grouillait de monde, comme chaque 1er septembre.
Entre les cris des enfants, les hiboux affolés, les parents pressés, les chariots surchargés et les malles qui roulaient dans tous les sens, la foule masquait presque la discrète barrière de brique menant à la voie 9¾.
Louise avançait aux côtés de Narcissa, suivie de Lucius et Drago. Le contraste entre eux et les autres familles était saisissant. Les Malefoy se déplaçaient comme s’ils ne touchaient pas le sol, froids et impeccables dans leurs tenues élégantes. Louise, pourtant simple dans sa cape noire, ne dénotait pas : il y avait dans sa posture une assurance nouvelle, née d’un été paisible, d’un amour certain, et d’une magie qui ne cessait de grandir en elle.
Mais son regard était ailleurs.
Elle cherchait.
Elle scrutait la foule, les visages, les silhouettes. Son frère. Harry.
— Il n’est pas là, murmura-t-elle, surtout pour elle-même.
— Il est sûrement déjà passé, répondit Drago. Il voyage avec les Weasley, non ? Ils arrivent toujours en avance avec leur demi-zoo.
Louise ne put s’empêcher de sourire.
— Oui... Tu as sûrement raison.
Elle lança un dernier regard par-dessus son épaule, espérant peut-être apercevoir une tignasse noire ébouriffée. Mais rien. Elle prit alors une grande inspiration et franchit la barrière.
L’air chaud et dense de la voie 9¾ l’enveloppa aussitôt. Le Poudlard Express se dressait, majestueux, crachant une vapeur blanche qui ondulait au-dessus des élèves qui se saluaient et s’embrassaient. Le retour vers Poudlard.
Louise sentit son cœur se serrer d’excitation.
— Tu veux qu’on se trouve un compartiment ensemble ? demanda Drago.
— Je vais poser mes affaires et te rejoindre. Peut-être que Harry est déjà dans un compartiment, je vais juste vérifier…
Drago hocha la tête.
— Ne tarde pas.
Elle lui offrit un sourire bref, sincère, et monta dans le train.
Elle parcourut lentement le couloir, les compartiments déjà bondés. Aucun signe de Harry, ni de Ron ou d’Hermione. Finalement, elle se résigna à prendre une place dans un compartiment vide. Elle posa sa malle, s’installa près de la fenêtre… et le calme dura exactement quatre minutes.
— C’est elle !
— C’est Louise Potter !
— Elle est dans notre compartiment !
— Oh mon Merlin, est-ce que tu peux signer mon chapeau ?!
Louise leva les yeux, un peu surprise. Une nuée de premières années s’entassa dans l’embrasure de la porte, visiblement impressionnés et trop excités pour se contenir. L’un d’eux tenait déjà un carnet, un autre tendait une plume, un troisième fixait sa cicatrice avec une fascination presque exagérée.
— Euh... salut ? dit-elle, tentant de sourire malgré l’étrange gêne qui montait.
— Est-ce que ta cicatrice te brûle encore ?!
— Est-ce que tu as VRAIMENT vu Voldemort ?
— C’est vrai que t’as failli tuer un troll ?
— Est-ce que c’est ton frère qui t’a tout appris ?!
— Attendez, attendez, souffla Louise en levant les mains. Une question à la fois… ou peut-être plus tard, d’accord ?
Mais ils ne semblaient pas prêts à partir. Leur admiration était débordante, étouffante presque. Elle avait l’habitude qu’on la regarde, qu’on murmure derrière son dos. Mais là… elle étouffait.
Heureusement, la porte coulissa brutalement.
— Ça suffit. Dégagez.
Drago.
Il se tenait dans l’embrasure, regard glacial, bras croisés.
— Vous êtes en train de l’assaillir comme un étalage de friandises. Elle a le droit de respirer.
Un à un, les élèves reculèrent, impressionnés. Certains s’excusèrent à voix basse. D’autres continuaient à fixer Louise avec de grands yeux, comme si elle venait de vaincre un dragon.
Drago entra et ferma la porte derrière lui.
— Je t’ai dit de ne pas traîner, fit-il d’un ton sec, mais son regard était doux.
— Tu m’as sauvée, souffla-t-elle en s’affalant un peu contre la banquette. Je les ai à peine vus venir.
— Ils sont fous de toi, lâcha-t-il avec un petit sourire.
— C’est... épuisant, parfois.
Il s’installa face à elle, posa les pieds contre la banquette et la fixa longuement.
— Tu sais, j’étais jaloux au début. Que tout le monde t’admire autant. Même moi, je te regardais comme eux.
— Et maintenant ?
Il pencha la tête.
— Maintenant, je suis juste heureux que tu sois à moi.
Louise détourna les yeux, un sourire discret au coin des lèvres. Elle savait que l’année ne serait pas tranquille. Rien n’était jamais tranquille pour eux. Mais pour l’instant, dans ce train, dans ce compartiment, elle était exactement là où elle devait être.
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