L'arrivée a Poudlard
Le train ralentit, sifflant à travers les brumes épaisses de la forêt. Les montagnes sombres apparaissaient par les fenêtres, et au loin, comme un joyau suspendu dans la nuit, Poudlard brillait, ses tours illuminées par des lanternes flottantes et le reflet de la lune sur le lac noir.
— Ça m’avait manqué, murmura Louise en ajustant sa cape noire.
— Même les escaliers piégeux ? dit Drago avec un sourire.
Elle lui répondit d’un regard complice, puis tous deux descendirent du train, mêlés à la foule des élèves. Les premières années, excités, étaient appelés par le professeur Bibine pour embarquer sur les barques. Les autres se regroupaient pour les diligences tirées par des sombres créatures que seuls certains pouvaient voir. Louise ne les distinguait pas encore, mais elle savait qu’un jour viendrait.
Elle grimpa dans une diligence avec Drago, Pansy et Blaise. Mais son esprit était ailleurs.
— Tu ne l’as pas trouvé, finalement ? demanda Blaise.
Louise secoua la tête.
— Harry n’était pas dans le train. Ni Ron, ni Hermione. Je suis sûre qu’ils devaient être ensemble… mais je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas montés.
— Peut-être qu’ils ont loupé la barrière, dit Pansy avec un haussement d’épaules.
— Peut-être... mais Harry aurait tout fait pour venir. Ce n’est pas son genre.
Drago resta silencieux, mais il observa Louise du coin de l’œil.
La diligence s’ébranla, traversant les sentiers brumeux jusqu’à l’entrée de l’école. Des torches s’allumèrent d’elles-mêmes à leur passage. Tout était pareil… et pourtant, quelque chose flottait dans l’air. Une tension discrète.
Ils entrèrent dans le château, suivirent le flot des élèves et atteignirent la grande salle.
Le plafond enchanté reflétait un ciel nocturne parsemé d’étoiles, et les bougies volantes illuminaient les tables des quatre maisons. La table des professeurs, au fond, brillait sous la lueur magique, et le regard pénétrant de Dumbledore survolait déjà les visages.
Louise s’installa à la table de Serpentard, entre Drago et Blaise. D’habitude, elle aimait ce moment. Le retour. Le faste. L’émerveillement des premières années. Mais ce soir, son regard revenait sans cesse vers la grande porte.
Harry n’était pas là.
Le Choixpeau fut placé, les nouveaux élèves appelés. Quelques Serpentard en plus. Une Gryffondor tremblante. Un Serdaigle enthousiaste. Et toujours, le même vide à la table de Gryffondor.
Le professeur McGonagall retirait le Choixpeau lorsqu’un boum retentissant fit sursauter la salle entière.
La porte venait de s’ouvrir en grand, dans un grincement sonore.
Et là, debout sur le seuil, couverts de suie, les cheveux en bataille, haletants… Harry et Ron.
Un murmure parcourut la salle.
Louise se redressa brusquement, soulagée. Drago, lui, soupira avec un léger rire.
— Typique, Potter.
— Ils sont passés par où ? souffla Pansy.
— Ça, j’aimerais bien le savoir, dit Blaise en croquant dans un morceau de pain.
Le professeur McGonagall se précipita vers eux, l’air mi-horrifié, mi-soulagé. Dumbledore, quant à lui, accueillit la scène avec ce sourire énigmatique qu’il semblait réserver aux situations impossibles.
— Messieurs Potter et Weasley, je vous invite à me voir dans mon bureau après le banquet, déclara McGonagall d’un ton pincé.
Harry et Ron hochèrent la tête, essoufflés, et allèrent s’asseoir à la table de Gryffondor sous les acclamations.
Louise croisa le regard de son frère de l’autre côté de la salle. Il lui adressa un petit signe. Elle répondit d’un sourire discret. Tout allait bien.
Enfin… pour l’instant.
Dumbledore se leva.
— Bienvenue à toutes et à tous, dit-il d’un ton chaleureux. Puisse cette nouvelle année à Poudlard vous apporter savoir, sagesse… et prudence.
Son regard sembla s’attarder une seconde de plus sur Louise, comme s’il savait quelque chose qu’elle ignorait encore.
Elle frissonna légèrement.
Et pourtant, elle ne détourna pas les yeux.
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