Les premiers cours
Le lendemain du banquet, la lumière dorée du matin filtrait à travers les vitraux de la salle commune des Serpentard. Un murmure d’excitation parcourait les élèves : les cours reprenaient, et pour beaucoup, c’était leur premier vrai contact avec la magie depuis des mois.
Louise avait dormi peu. Trop de pensées, trop de sensations. Sa cicatrice ne la faisait pas souffrir, mais elle avait rêvé. Des rêves troubles, incomplets, où des voix résonnaient sans qu’elle en saisisse le sens.
Elle enfila sa robe de sorcière, attacha ses cheveux d’un ruban vert foncé et descendit rejoindre Drago, Blaise et Pansy.
— Tu es prête à humilier toute la classe dès la première heure ? lança Blaise, moqueur.
— Pas question, répondit Louise avec un sourire, je laisse un peu de place à l’ego des autres cette année.
— Très charitable de ta part, murmura Drago en lui tendant son sac.
Le premier cours était sortilèges, jumelé avec les Poufsouffle. Le professeur Flitwick les accueillit avec son habituel entrain, montant sur une pile de livres pour voir par-dessus son pupitre.
Louise s’assit aux côtés de Drago, qui ne se plaigna pas, bien au contraire. Il passa presque tout le cours à la regarder du coin de l’œil.
— Bien ! Aujourd’hui, nous reprenons avec Expelliarmus, un sort de désarmement fondamental, annonça Flitwick.
Louise maîtrisa le sort dès le premier essai. Sa baguette fendait l’air avec assurance, et lorsqu’elle désarma Drago lors de leur duel d’exercice, sa baguette fila dans les airs avant d’être rattrapée au vol par Flitwick lui-même.
— Excellent réflexe, Miss Potter ! Très bien, très bien !
Drago ramassa sa baguette sans se vexer. Il avait l’air… fier.
Mais tout ne fut pas aussi harmonieux le reste de la journée.
Le cours suivant, potions, était avec les Gryffondor. Louise savait ce que cela signifiait : Harry, Ron, Hermione… et Rogue.
Dès leur entrée dans le cachot, l’atmosphère se fit plus lourde.
— Ah, Potter… dit Rogue en voyant Harry entrer. Vous daignez assister à vos cours après votre petit spectacle d’hier ?
Harry serra les dents.
Louise, elle, resta impassible. Elle savait que Rogue la traiterait différemment. Il l’avait toujours fait.
— Asseyez-vous. Les paires seront déterminées par tirage au sort.
Un silence tendu.
— Miss Granger avec Mr Goyle.
Mr Zabini avec Miss Patil.
Miss Potter… avec Mr Weasley.
Louise releva les yeux, surprise. Ron se figea, puis afficha un sourire qui manquait clairement de subtilité.
— Super ! Enfin, je veux dire… content d’être avec toi.
Louise lui répondit poliment mais sans chaleur. Elle connaissait Ron, un peu, à travers Harry. Mais pas suffisamment pour être à l’aise.
Drago, à deux bancs derrière, serra la mâchoire si fort que Pansy lui glissa à voix basse :
— Détends-toi, elle ne va pas lui faire un enfant sur le chaudron.
Rogue circulait entre les rangs, commentant d’un ton acide la maladresse des uns et le silence des autres.
— Couvrez la potion, Weasley, dit-il d’un ton sec. Vous voulez empoisonner toute la classe ?
Louise, elle, ajoutait ses ingrédients avec une précision chirurgicale. Leur potion vira du vert foncé au bleu argenté, parfaite.
— Exemplaire, Miss Potter. Vraiment.
Ron, ébloui, faillit renverser leur fiole.
À la fin du cours, alors qu’ils rangeaient leur matériel, Louise entendit Rogue l’appeler doucement.
— Miss Potter. Un instant.
Elle s’approcha de son bureau. Il lui tendit discrètement une petite fiole de verre.
— Pour vos nuits. Si… votre sommeil reste agité.
Louise acquiesça, les doigts serrés sur le flacon.
— Merci, professeur.
Il hocha la tête, impassible. Mais ses yeux avaient cet éclat indéfinissable qu’elle reconnaissait maintenant : de la vigilance… et de l’inquiétude.
Le reste de la semaine passa dans un tourbillon de cours, de bavardages, de devoirs et de regards échangés.
Mais une chose restait constante : Louise brillait.
Sortilèges, potions, métamorphose… Rien ne semblait la freiner. Elle avançait avec calme, sans arrogance, mais avec une puissance qui imposait le respect, même aux plus âgés.
Et pourtant, elle ne se sentait pas invincible.
Il y avait toujours ce lien, cette cicatrice silencieuse.
Et ces rêves, de plus en plus étranges.
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